Archive | mai 2017

Le souffle de la pierre d’Irlande, tome 2 : l’air d’Eric Simard

édition Magnard – 174 pages.

Présentation de l’éditeur : 

Il y a moins d’un an, je vivais paisiblement en Bretagne. Je menais une vie normale dans un collège normal. Mais l’Irlande a murmuré à mon âme de troublants secrets. À peine arrivé sur l’île, je suis tombé amoureux de Fiona, une jeune aveugle qui détenait les clés de mon mystère. Aujourd’hui, je dois coûte que coûte retrouver mes pouvoirs et conquérir l’air afin de protéger l’Émeraude des guerriers légendaires.

Mon avis : 

Ce second tome prend place cinq mois après la fin du premier. William et ses parents sont partis en Nouvelle-Zélande, personne ne sait en revanche, et surtout par Georg, l’associé malhonnête de son père, que ce dernier est vivant. Initié par Fiona, William ressent une sensation étrange venue d’Irlande, il comprend que quelque chose de grave se passe et demande à y aller. Franchement, vous enverriez votre fils de douze ans seul en Irlande sous prétexte que Georg ne doit pas savoir que vous êtes vivant ou parce que vous courriez des risques ? Pour ma part, non, mais les parents de William me semblent tout de même manquer un peu de maturité ou de lucidité. Moralité : dans certains romans de littérature jeunesse, les parents sont bien encombrants, c’est pour cette raison que Tintin ou Fantômette n’en ont pas.

Arrivé sur place, William apprend l’affreuse vérité : Sean est décédé. Maladie ? Ou alors, serait-ce une intervention de Georg et de ses associés ? William revoit les oiseaux du refuge, en liberté depuis la mort de Sean. Il revoit surtout l’aigle de Kylemore, qui a un comportement étrange à son sujet. L’oiseau semble le protéger. Est-ce possible ?

J’ai un peu moins aimé ce second tome, plus niais que le précédent. William fait parfois preuve d’une grande maturité, mais il se comporte aussi comme un ado boudeur parce qu’il est éconduit par la jeune fille qu’il aime. Certes, Fiona n’est pas une jeune fille comme une autre, aussi William devrait comprendre qu’elle ne peut réagir comme une ado ordinaire.

Les péripéties sont un peu attendues. Aussi l’irruption du fantastique est-elle la bienvenue parce qu’elle apporte, au deux tiers du roman, une autre dimension à l’oeuvre. J’ai aimé la présence de Sean, la manière dont il restait présent malgré tout. J’ai aimé aussi Bran, qui m’a rappelé Urgente de Longuemare (en version mâle et plus grande). Le dénouement du roman nous amène ailleurs. J’ai très envie de lire la suite, tout en sachant que les tomes 4 et 5 sont indisponibles à la bibli.

 

Les jours de l’arc en ciel d’Antonio Skarmeta


Edition Grasset – 256 pages.

Présentation de l’éditeur :
« Mercredi, ils ont arrêté le professeur Santos. Rien d’exceptionnel par les temps qui courent.
Sauf que le professeur Santos est mon père. Et, chose étrange, lorsque les deux hommes ont emmené papa, tous les garçons de la classe ont tourné les yeux vers moi. Je suis sûr qu’ils pensaient que j’avais peur. Ou que j’aurais dû bondir sur ces hommes pour les empêcher d’emmener mon père. Mais, avec le professeur Santos, nous avions prévu cette situation. Nous lui avions même donné le nom d’une figure de syllogisme. Nous l’appelions la situation « Baroco » : s’ils venaient arrêter papa sous les yeux de témoins pour l’emprisonner, cela signifiait qu’ils ne pouvaient pas le faire disparaître comme les autres… »

Mon avis :

Chili. Déjà 15 ans de dictature. Pinochet organise alors un plébiscite et il autorise le parti adverse à diffuser un spot publicitaire pour dire « non », non à huit ans de plus avec Pinochet au pouvoir. Non à huit années de plus de détenu-disparu ou de disparu tout court, de média aux ordres du pouvoir. Il faut dire que le monde regarde, que des correspondants étrangers sont présents, alors il faut bien faire croire à la démocratie, non ?

S’il est un mot qui convient pour désigner les chiliens, c’est « résignation ». Aller voter pour le non ? Et s’ils leur arrivaient quelque chose dans le bureau de vote, ou après ? Que risquent réellement ceux qui s’opposeront à la dictature ? Oui, je ne peux m’empêcher d’ajouter qu’en France nous ne risquons rien en allant voter, et que nous oublions que d’autres n’ont pas la chance – de voter tout court. Puis, si l’on ne fait pas trop de vague, pourquoi ne pas laisser le pays en l’état ? A force de ne plus connaître que la dictature, à force d’oubli, on n’a plus le courage de vouloir vivre autre chose. Seuls les proches des disparus semblent déterminés.

Des personnages forts émergent de ce roman. Nico, d’abord, le narrateur, dont le père a été arrêté en pleine classe devant ses élèves. Une chance : sa disparition ne peut être niée. Nico était paré à cette éventualité, son père et lui avaient mis au  point plusieurs stratégies, plusieurs contacts au cas où – et c’est arrivé. Patricia est son amie, son amoureuse. Pour elle, l’avenir n’est pas au Chili, mais ailleurs, elle a hâte de partir. Son père est un grand publicitaire, le plus grand peut-être du pays, c’est pour cette raison qu’il est sans travail, trop doué, trop opposé à ce qui se passe au Chili. C’est pourtant à don Adrian Bettini que l’on propose deux campagnes, celle pour le oui, d’abord, puis celle pour le non, que tous ou presque lui demandent de refuser, que lui-même n’a pas vraiment envie d’accepter, la seule qui le pousse à le faire, c’est sa femme :

– J’admets que ton argument est bon. Malgré tout, il y aurait encore une autre raison de ne pas accepter.
– Dis-moi ?
– Pinochet a bombardé le pays de publicité pendant quinze ans, et à moi, on ne m’octroie que quinze minutes à la télé. C’est le combat de David contre Goliath.
– Adrian ?
– Oui ?
– Qui a gagné ?
– Qui a gagné quoi ?
– La bataille de David contre Goliath.

Nous connaissons la fin, pas ceux qui ont vécu cet événement. La vie ne s’arrête pas au Chili, la mort non plus, les surveillances tout sauf discrètes, les enlèvements, les tortures. Créer un spot de quinze minutes pour promouvoir le « non », toucher les indécis ou les peureux n’est pas simple. Ce qui distingue le camp du oui du camp du non ? Les certitudes. Adrian Bettini ne sait pas s’il parviendra à ses fins, il ne saura qu’après la diffusion du spot – et encore. Le camp du oui est sûr jusqu’au bout, et presque au-delà. Et ce sont des destins qui se jouent.

C’était le couronnement de toute sa vie.
Que quelqu’un d’autre s’occupe de l’avenir. Lui, lui seul voulait maintenant savourer le présent.

Un beau roman rempli d’espoir et de douleurs.

Histoire d’un escargot qui découvrit l’importance de la lenteur

Présentation de l’éditeur :

Les escargots qui habitent sous l’acanthe touffue, dans la prairie qu’ils appellent le Pays de la Dent-de-Lion, mènent une vie paisible, lente et silencieuse ; ils sont à l’abri des autres animaux et entre eux s’appellent simplement « escargot ». L’un d’eux pourtant trouve injuste de n’avoir pas de nom et surtout il voudrait connaître les raisons de la lenteur. Malgré la désapprobation de ses camarades il entreprend un voyage qui lui fera rencontrer un hibou mélancolique, une tortue pleine de sagesse, des fourmis très organisées, et gagner un nom à lui.

Mon avis  : 

Cette histoire est un joli conte philosophique, pour enfants mais aussi pour l, es plus grands. Tout comme Luis Sepulveda a écrit cette histoire pour ses petits-enfants et la leur a sans doute racontée directement, il me semble nécessaire pour moi d’accompagner la lecture de ce conte, pas aussi simple qu’il n’en a l’air.
Le personnage principal ? Un escargot. Un escargot qui n’a pas de nom, comme tous les escargots, et qui voudrait bien en avoir un. Il voudrait aussi apprendre de nombreuses choses, ce qui en soit n’est pas un mal mais dérange les escargots si sédentaires, si confits dans leurs rituels quotidiens. Toute ressemblance avec certains être humains ne voulant surtout pas changer leurs habitudes n’est absolument pas fortuite. Le personnage principal, lui, va oser. Il fera des rencontres, il affrontera des dangers, et il devra aussi aider les siens à affronter des dangers.
Conte ? Récit initiatique ? Un peu tout cela à la fois.  Les épreuves sont nombreuses, et tous ne peuvent y survivre – les escargots sont fragiles, ne l’oublions pas. Il est peut-être aussi, dans ce livre, question des hommes qui avancent, qui construisent, qui détruisent aussi sans se préoccuper de la nature, sans s’occuper des plus petits. Peut-être. Sûrement.
Histoire d’un escargot qui découvrit l’importance de la lenteur – un conte à partager.

 

Journal d’un louveteau garou 19 mai 2017

Cher journal
On a toujours besoin d’un petit vampire sur soi, c’est notre nouvelle devise.
Mais revenons à ce qui a amené cette devise : hier, il y a eu un conflit incompréhensible entre deux louvetelles que je ne connaissais absolument pas – je ne peux pas connaître tout le monde ! Grosse bagarre, avec empoignade et chevelure arrachée. Soudain, elles se sont retrouvées toutes les deux séparées et projetées contre les murs. Dire qu’elles étaient sonnées est un euphémisme (et les murs sont finalement moins résistants que les squelettes des louvetelles), surtout quznd elles ont découvert comment elles avaient été séparées.
Notre prof de musique vampire est de retour !
A plus tard, cher journal, nous allons fêter la nouvelle !
Anatole Sganou

Secret soda de Gally Lauteur

Présentation de l’éditeur :

Les filles je n’y comprends rien, je préfère mes potes du club de foot. Mais voilà, le ballon a cassé la vitre de la bibliothèque du collège et j’ai été collé alors que ce n’était même pas ma faute. Dans la cour tout le monde semble s’amuser, même ces trois filles qui discutent sur leurs bancs. La plus petite est super marrante ! J’aimerai bien savoir son nom.
Sohan a treize ans, ses amis du club de foot, et un oncle qui l’aide dans tous ses problèmes. Quand l’amitié et l’amour sont aussi pétillants que son soda préféré, comment faire en sorte de garder tous ses secrets  en bouteille ?

Mon avis :

C’est l’histoire d’un garçon qui, comme beaucoup de garçon de cet âge, se dit : « les filles,  non merci ».
C’est l’histoire d’un garçon qui a des amis, des loisirs (vive le football ! ) mais va devoir cesser un certain temps parce qu’il a reçu une immense collection d’heure de colles et qu’il s’est refusé à dénoncer les vrais coupables. Puis, c’était son ballon de football, et il tenait à le récupérer (à chacun ses doudous).
Sohan n’a pas de soucis particuliers, il est un collégien ordinaire (même si dans son collège, on a la main vraiment lourde sur les punitions !), ses parents s’entendent bien, il est assez complice avec son oncle.
Et puis, poum ! Un jour, il croise … et bien oui, une fille. Et là, il veut en savoir le plus possible sur elle, se rapprocher d’elle. Amoureux ? Mais non, voyons.
Secret soda, c’est l’histoire d’un garçon au seuil de l’adolescent, un garçon bien dans sa peau, et qui a eu à faire jusqu’à présent avec des filles bien compliquées pour lui qui se veut simplement ordinaire. J’hésite à dire « normale » parce que la norme ne veut pas dire grand chose à l’adolescence – et rares sont les ados prêts à aider leur oncle à l’aube, même en l’échange d’un gros service. Secret soda, ou un joli livre à découvrir, à mon avis, dès 9 ans.

Les miams – Folie Fraise de Gally Lauteur

Présentation de l’éditeur : 

Un collège, 4 personnages aux saveurs différentes, 4 romans à croquer et à consommer sans modération  ! Bienvenue dans l’univers acidulé des MIAMs.

Comment ça  : plus de bonbons à la fraise  ? Mais j’en ai besoin pour mon contrôle de math, c’est mon sortilège de fée ! Et puis, qui est ce garçon qui a volé le dernier paquet à la supérette et qui s’est moqué de moi  ?
Mounia a douze ans, deux meilleures amies et une passion pour la coiffure. Quand on rêve de mettre un peu de magie dans la vie au collège, peut-on aider tout le monde et même rencontrer le prince charmant ?

Présentation de l’éditeur : 

Ce roman est un roman de littérature jeunesse charmant et léger. Oui, on peut vivre ses années au collège sans que des drames ne traversent votre vie, être une collégienne des plus ordinaires, et je trouve que cela fait du bien que l’on montre aussi la majorité des élèves qui ont des vies presque ordinaires.
Mounia est la petite dernière d’une famille unie, qui a des grandes soeurs attentives, des parents aimants, soucieux de ses résultats scolaires sans être extrêmement rigides; Des règles, oui, mais pas des diktats. Elle a un rituel pour se rassurer avant les contrôles de maths – ce qui ne l’empêche pas de réviser, bien sûr – et là, pouf ! un garçon lui prend le dernier paquet de ces bonbons porte-bonheur.
Retrouver ce garçon ? Oui, et non, de toute façon, il est un élève du collège, et Mounia se demande bien pourquoi elle ne l’a pas déjà croisé ! Elle préfère passer du temps avec ses amis, les anciens – comme souvent, ils ont été placés dans des classes séparées à la rentrée – et les nouveaux, ceux qu’elle a rencontré dans sa classe de 5e. Elle essaie aussi de mettre un peu de féérie dans la vie de ses amis, même si cela passe parfois par avertir les autres classes de la possibilité d’un contrôle surprise plutôt que par une nouvelle coiffure.
Folie fraise est un livre à la fois léger et proche du réel, un livre qui nous raconte le quotidien de garçons et de filles tels que l’on peut en rencontrer dans les collèges français.

Sidney Chambers et l’ombre de la mort de James Runcie

Présentation de l’éditeur :

Sidney Chambers, le prêtre de Grantchester, est un célibataire de 32 ans. Grand, brun, les yeux noisette et l’air rassurant, Sidney est un homme d’église peu conventionnel qui peut aller là où la police ne le peut pas. Avec son ami, l’inspecteur Geordie Keating, il mène l’enquête. Le début d’une série où l’on croise les mânes de Chesterton et d’Agatha Christie.

Mon avis : 

Je suis fan de la série Grantchester, je ne pense pas être la seule, aussi, quand j’ai lu sur le blog de Syl qu’il existait un roman policier à l’origine de la série, j’ai mis du temps, mais je l’ai lu !
Ce livre est en fait un recueil de six nouvelles policières, dont le ton n’est pas sans rappelé les nouvelles d’Agatha Christie. Il est d’ailleurs fait allusion à l’auteur dans une conversion d’où il ressort que c’est toujours le médecin le coupable. Et c’est le chanoine Sidney Grantchester qui enquête. Pas vraiment de son plein gré : la toute première enquête s’avère délicate, personne ne pense d’ailleurs qu’un crime ait été réellement commis, tout porte à croire qu’il s’agit d’un suicide. Stephen Staunton ne noyait-il pas sa dépression dans le whiskey (à ne pas confondre avec le whisky) ? N’était-il pas marié à une allemande, ce qui est plutôt mal vu au lendemain de la seconde guerre mondiale ? Ne serait-ce pas à cause d’elle qu’il s’est suicidé ? Il est toujours des personnes promptes à accuser dans ses nouvelles, et ce sont, en général, les personnes qui ne suscitent pas vraiment la sympathie de Sidney – et du lecteur.
Meurtres, vol, séquestration – l’Angleterre des années 50 est tout sauf paisible, alors que Sidney Grantchester ne demande qu’à se consacrer pleinement à son sacerdoce et à pouvoir rencontrer toutes les semaines sont ami Geordie sans que leur amitié soit entaché par une enquête.
Ses proches se retrouvent d’ailleurs bien malgré eux au coeur de l’intrigue, que ce soit Jennifer, sa soeur, ou Amanda, son amie. Celle-ci poussera l’amitié jusqu’à offrir un chiot labrador à Sidney, qui devra convenir de l’utilité de la charmante bestiole.
A quand la traduction du tome 2 ?