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Bienvenue en Amérique de Linda Boström Knausgård

Présentation de l’éditeur :
Ellen vient d’avoir onze ans. Elle a prié Dieu pour que son père meure, elle a souhaité de tout son cœur qu’il disparaisse et qu’il cesse de venir à la maison. Ses parents étaient divorcés mais les visites de son père alcoolique, colérique, se faisaient de plus en plus menaçantes. Avant cela pourtant, la famille avait été heureuse, sa mère était l’une des comédiennes les plus célèbres de Suède. Puis son père avait changé et elle avait commencé à prier.
Son père est mort. « C’est de ma faute » avait-elle immédiatement pensé, son souhait le plus cher s’était réalisé. Depuis ce jour elle ne parle plus. Personne n’entend le son de sa voix, elle s’est murée dans le silence. Son frère s’enferme lui aussi – dans sa chambre dont il cloue la porte pour que personne n’entre – alors que sa mère répète à longueur de journée que leur famille est lumineuse. Comme pour faire revivre un passé glorieux, lorsque sa fille venait assister à ses spectacles et qu’elle l’applaudissait quand elle déclamait sur scène : « Bienvenue en Amérique ».

Merci à Netgalley et aux éditions Grasset pour ce partenariat.

Mon avis :

Ce livre est un paradoxe à lui tout seul puisque tout au long de ces pages, nous entendons Ellen, une toute jeune fille qui ne parle plus. Elle ne communique même plus, puisqu’elle n’utilise pas le cahier que lui donne sa mère pour qu’elle écrive. Ellen tient bon, Ellen ne cède pas, quel que soient les circonstances.
Ce qu’elle nous raconte, c’est sa vie au milieu d’une famille qui est qualifiée de « lumineuse » par la mère. C’est d’elle que vient la lumière, et je n’ai pas besoin de dire que la lumière peut éblouir et brûler aussi. Elle peut empêcher de voir ce qui entoure – et la mère de ne pas voir la violence de son fils, d’ignorer son mal être, tout comme elle feint de ne pas voir les souffrances de sa fille. Vivre le plus normalement possible, maintenir la famille à flot, pas si facile.
Ellen observe ce qui l’entoure, malgré son silence. Elle se souvient aussi, des moments heureux, de ceux qui le sont moins, de ceux aussi qui étaient source de désespoir. Ce qu’elle a vu ? Ce que je qualifie de « dépression » du père, dépression vu à hauteur de cette gamine de onze ans qui a subi le comportement de son père. Bienvenue en Amérique est peut-être, finalement, l’histoire d’une enfant qui ne parle plus parce que tous les mots n’ont pas été dits dans sa famille, parce que les mots qui ont été dits n’ont pas forcément été compris, parce que les mots qu’elle a pensé étaient indiscibles.
Bienvenue en Amérique, ou une variation sur le langage et ses limites.

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La sorcière de Camilla Lackberg

Edition Acte Sud – 704 pages.

Présentation de l’éditeur :

Nea, une fillette de 4 ans, a disparu de la ferme isolée où elle habitait avec ses parents. [….] Avec l’équipe du commissariat de Tanumshede, Patrik mène l’enquête, tandis qu’Erica prépare un livre sur l’affaire Stella.

Mon avis : 

Livre emprunté en ebook à la bibliothèque, et j’ai mis un mois ou presque à digérer cette addictive lecture. Nous sommes ici au tome 10 des enquêtes d’Erika et de Patrick, je m’étais arrêtée au tome 6, un peu lassée. Je ne sais pas si je parcourrai le chemin en arrière. La lecture de ce roman a été surprenante, éprouvante, il est sans doute un des meilleurs de la série.
Pour quelles raisons ? Tout d’abord, l’auteur nous présente une toile de fond très plan-plan. Patrick, Erika et leurs trois enfants. Erika écrit un nouveau livre, sur l’affaire Stella, et essaie de parler – sans trop de succès – aux protagonistes de cette affaire déjà ancienne. Patrick l’aide en prenant soin des enfants, il se rend compte à quel point les jumeaux sont difficiles, alors que leur fille aînée est toujours si facile à vivre. Les joies d’être parents. Même les autres policiers ont des vies à peu près équilibrées, avec leur lot de joie et de douleurs.
Mais il faut bien enquêter. Une petite fille, Néa, a disparu. Depuis quand ? Difficile à dire, puisque les parents croyaient que la petite fille était avec l’autre. Néa a disparu là où Stella a disparu et est morte, des années plus tôt. Et l’une des tueuses, devenue actrice à succès, vient juste de revenir dans la région avec sa fille. L’auteur vit toujours là, avec son mari et son fils. Bien sûr, ce serait trop facile si l’une ou l’autre femme avait un rapport avec la disparition, n’est-ce pas ? Comme si cela ne suffisait pas, Néa est retrouvée morte, assassinée, à l’endroit où le corps de Stella avait été retrouvé.
A Tanumshede, village suédois où se situe l’action, on a pourtant d’autres idées sur le coupable. Parce qu’il est des personnes qui dérangent. Des personnes qui ont été des fugitifs et qui sont maintenant des réfugiés « C’est la peur, dit-il. La peur devant l’inconnu. Les gens ont de tout temps accusé ceux qui viennent d’ailleurs. C’est plus facile que de penser que ça peut être quelqu’un qu’on connait ». Le roman est épais – 704 pages – l’auteur prend donc le temps de nous faire connaître ces personnes qui n’ont eu d’autres choix que de fuir leur pays, et qui tentent, maintenant, de vivre tout simplement, en ayant toujours en tête ce qu’ils ont vécu, avant.
L’intrigue va crescendo, jusqu’à nous entraîner jusqu’à un point que, dans ce paisible village suédois, l’on ne pouvait imaginer. Là est la difficulté en rédigeant cet avis, ne surtout rien révéler tout en analysant les causes. Bien sûr, à la fin, quand le (les ?) coupable (s) sera (ont) connu (s), l’on cherchera des explications, l’on remontera les pistes à l’envers, l’on cherchera dans le passé, proche ou lointain, ce qui a entraîné cela.
Lointain. Parallèlement à l’histoire de Néa, nous est racontée l’histoire d’une jeune femme qui donne son nom au roman. Parce que l’obscurantisme, finalement, existe toujours et a toujours des conséquences. Elles prennent une autre forme, et c’est tout aussi tragique.
J’ai voulu terminer par cette citation : « Ce qu’Adnan et Khalil avaient fait était terriblement idiot et terriblement courageux. Trente jeunes avaient été sauvés. Trente jeunes promis sans eux à une mort certaine ».
Et une dernière, de Khalil : La nuit, dans ces cauchemars, il revoyait les visages de ces enfants. L’effroi dans leurs yeux, la peur de mourir, et la panique. Il pensait ne jamais avoir à revivre ça. Mais la terreur dans les yeux d’un enfant était exactement la même ici qu’autrefois, chez lui, il n’y avait aucune différence ».

 

Millénium, tome 5 : La fille qui rendait coup pour coup de David Lager

Présentation de l’éditeur :

Suite aux infractions qu’elle a commises en sauvant le petit garçon autiste dans « Ce qui ne me tue pas », Lisbeth Salander est incarcérée dans une prison de haute sécurité pour négligence constituant un danger public. Lorsqu’elle reçoit la visite de son ancien tuteur, Holger Palmgren, les ombres d’une enfance qui continuent à la hanter ressurgissent. Avec l’aide de Mikael Blomkvist, elle se lance sur la piste de crimes d’honneur et d’abus d’Etat, exhumant de sombres secrets liés à la recherche génétique.

Mon avis :

Je ne m’y attendais pas du tout, mais j’ai vraiment pris plaisir à lire ce tome 5, dévoré en une journée. C’était comme retrouver de vieux amis, ou plutôt une vieille amie, Lisbeth Salander. Les puristes n’aimeront pas, parce que le livre n’est pas signé Stieg Larsson. Je ne suis pas une puriste, et le plaisir de lecture a vraiment pris le pas sur la « reprise » des personnages. J’aurai aimé voir Mikael Blomkvist plus souvent – petit regret.
Le portrait qui est fait de la Suède n’est pas vraiment réjouissant. Il m’a fait penser à l’Islande d’Erlendur, à ses expérimentations qui taisent leur nom. Oui, cette lecture fait froid dans le dos, parce que la facilité avec laquelle elles peuvent être mises en place semblent déconcertantes. Il est des catégories de la population qui n’intéressent pas grand monde. Quand bien même quelqu’un s’y intéresseraient, on se retrouve très vite face au combat du pot de terre contre le pot de fer – être brisé est très facile.
Au coeur de ce livre aussi, le sort des femmes, hier, aujourd’hui. Comme un symbole, le destin de Faria, qui aura bien de la chance que Lisbeth croise sa route. Pour que la violence s’installe, il suffit de presque rien : laisser faire, fermer les yeux ou les détourner aux bons moments, ne surtout pas prendre de risque.
Un bon moment de lecture policière.

Marquée à vie d’Emelie Schepp

Présentation de l’éditeur :

Nörrkoping, l’hiver.
La procureure Jana Berzelius arrive sur la scène du meurtre d’un haut responsable de l’Immigration en Suède, assassiné dans sa maison, au bord de la mer Baltique. Le tueur n’a laissé aucune trace. Etrangement, les seules empreintes que l’on retrouve sont celles d’un enfant – or, la victime n’en a pas… Quelques jours plus tard, le meurtrier est identifié. Mais il est mort. On retrouve son corps sur un rivage désolé, l’arme tout près de lui. Il s’agit bien d’un enfant. Signe particulier, il présente sur la nuque une scarification énigmatique.
Ce nom, gravé grossièrement à même la chair, provoque brutalement chez l’impénétrable Jana, pourtant réputée insensible et glaciale, un véritable séisme intérieur. Car elle porte la même scarification à la base du cou. La marque d’un passé qui ne lui revient que par flashes incontrôlables…

Mon avis :

S’il est un point positif à soulever dans ce roman, c’est qu’aucun personnage n’est sympathique, sauf Gunnar et Anneli, qui travaillent tout deux dans le domaine de la police scientifique et, dans une moindre mesure, Jana, la procureure, qui doit régler les comptes avec son passé, sans personne sur qui réellement compter. Oui, j’anticipe un peu mais ceci est bien la preuve que j’ai lu le roman jusqu’au bout.
Il n’est pas, sauf peut-être dans les ultimes pages, de lueurs d’espoir dans ce livre. Les policiers ? Parlons-en. Je suis pour l’égalité homme-femme, pas pour le fait qu’un homme, Heinrick en l’occurrence, devienne entièrement soumis à sa femme, au point de ne rien pouvoir faire sans sa permission, plus surveillé qu’un gamin de six ans. Je vous en passe et des meilleures. Quant à Mia, l’autre policier, consommatrice compulsive, au caractère insupportable, je lui donnerai volontiers des baffes tant elle passe son temps à gruger les autres et à se gruger elle-même. Certes, on peut penser qu’elle a dû subir des choses difficiles dans son passé pour en être arrivée là, et bla bla bla mais je l’ai trouvée constamment insupportable, sauf quand elle est en présence de victime – elle est professionnelle, c’est tout de même le minimum.
Revenons-en à l’enquête policière, et avec la première victime. Un être fort antipathique, dont l’existence tout entière nous interroge sur les violences faites aux femmes, notamment les violences morales, physiques, faites très rapidement à sa propre femme. Si nous savons pourquoi elle ne l’a pas quitté alors qu’elle aurait très bien pu le faire, nous ne savons pas pourquoi elle l’a épousé – a-t-il seulement été un prince charmant avant d’être un immonde macho ? Second triste constat sur la Suède (qui peut s’appliquer à d’autres pays) : avoir du pouvoir, quel qu’il soit, peut donner envie d’en abuser et certains ne s’en privent pas. S’il est une leçon à retenir, c’est que cette situation ne peut durer que si personne ne se bouge, si personne n’agit pour faire cesser cet état de fait – parce qu’il est des personnes, autour de cet « homme de pouvoir » ou autour des victimes (j’ai bien dit « autour », je ne parle pas des victimes elles-mêmes) qui y trouvent leur compte, d’une manière ou d’une autre.
Si les actes qu’a commis Hans Juhlen sont sordides, attendez-vous à bien pire en poursuivant votre lecture. Déjà, nous en avions eu des signes avant-coureurs quand nous avons découvert, lors de retours en arrière, le passé d’une petite fille qui pourrait bien être Jana, la procureure. Ce passé expliquerait bien des choses au sujet de sa personnalité, il n’explique pas celles de ses parents. Oui, ils ont adopté un enfant parce qu’ils ne pouvaient pas en avoir, semble-t-il. Cependant, ils n’ont pas donné à Jana l’affection dont elle avait et a toujours besoin. La stérilité, le désir d’enfants sont des thèmes sous-jacents à ce roman. Etre parents, oui, mais quels liens a-t-on après avec sa progéniture ? Et comment protéger ses enfants contre tous les dangers qui les entourent ? Des questions qui ne reçoivent pas forcément de réponse dans ce livre.

La bibliothèque des coeurs cabossés de Katarina Bivald

Présentation de l’éditeur : 

Tout commence par les lettres que s’envoient deux femmes très différentes : Sara Lindqvist, vingt-huit ans, petit rat de bibliothèque mal dans sa peau, vivant à Haninge en Suède, et Amy Harris, soixante-cinq ans, vieille dame cultivée et solitaire, de Broken Wheel, dans l’Iowa. Après deux ans d’échanges et de conseils à la fois sur la littérature et sur la vie, Sara décide de rendre visite à Amy. Mais, quand elle arrive là-bas, elle apprend avec stupeur qu’Amy est morte. Elle se retrouve seule et perdue dans cette étrange petite ville américaine. Pour la première fois de sa vie, Sara se fait de vrais amis – et pas uniquement les personnages de ses romans préférés –, qui l’aident à monter une librairie avec tous les livres qu’Amy affectionnait tant.

Mon avis :

Je lis ce livre après tout le monde ou presque. Est-ce si grave ? Non, je ne crois pas. Pour moi, c’est avant tout un roman sympathique, mais pas un livre à lire absolument, de toute urgence. Ce n’est pas un coup de coeur, loin de là. Il est même certains propos sur les livres, tenus par Sara, l’héroïne, qui ont un peu freiné ma lecture.
Alors, pourquoi l’avoir terminé ? Déjà, parce que l’action se passe dans l’Iowa, un état américain dont on parle peu, sur lequel on écrit peu, sauf les romans policiers de Donald Harstad. Pourquoi si peu de roman s’y déroulent-ils ? Sans doute parce que dans cet état, il ne se passe rien. A Broken Wheel, contrairement à la ville voisine de Hope, on peut d’ailleurs parler de désertification rurale – les jeunes s’en vont, les quadragénaires et les personnes plus âgées restent.
On peut parler aussi du point des regards d’autrui. Mener sa vie comme on l’entend semble quasiment impossible, tant tout se sait, tout est jugé – oui, un constat un peu rude pour un livre que, finalement, on peut ranger dans les feel good. D’ailleurs, pour Sara, un véritable livre feel good est un livre dans lequel les personnages ont rencontré maintes difficultés avant d’avoir enfin un dénouement heureux (oui, je paraphrase). Les difficultés, ce sont souvent les personnages eux mêmes qui se les imposent. Parce qu’ils n’osent pas, parce qu’ils pensent que la relation ne sera pas durable. L’un des personnages les plus sympathiques est à mes yeux Georges, parce qu’il fait avec – ou plutôt sans.
Sara, avec les livres, ou plutôt avec la manière de trouver des livres pour les autres, bouscule leurs petits habitudes et si tout ne change pas, certains entrevoient cependant l’avenir différemment, remettent en cause certains préjugés. A l’image de Sara qui ne recommande pas un livre sans l’avoir lu (et je connais des vendeurs de livres qui feraient bien de s’en inspirer), il ne faut pas juger, condamner simplement parce que l’on vous aura dit que ce n’était pas bien – principe simple que beaucoup n’applique pas. Mention spécial pour Gavin, très à cheval sur les lois et qui a bien du mal avec les habitants de cette charmante petite ville, dans ce charmant état dont l’arbre symbole est le chêne.

Grand-père et les loups de Per Olov Enquist

Présentation de l’éditeur : 

Une expédition sur la montagne des trois grottes: voilà la magnifique idée de grand-père ! Les parents ne doivent surtout rien savoir. Ils se font toujours trop de souci ! Le grand écrivain suédois Per Orlov Enquist raconte les aventures d’un grand-père, que tout enfant rêverait d’avoir.

Mon avis : 

C’est une belle histoire que nous conte ici Per Orlov Enquist, auteur que je découvre ici grâce à ce roman de littérature jeunesse. Il nous parle de féminisme, d’écologie, de la transmission grands-parents/petits-enfants, de solidarité en 124 pages. Et il a sûrement mis beaucoup de lui dans la personnalité de ce grand-père hors-norme.
Il faut dire qu’il n’a de préoccupations majeures, aux yeux de ses petits-enfants, non parce qu’il est retraité, mais parce qu’il est écrivain. Contrairement à leurs parents, il ne leur demande jamais de les laisser tranquille parce qu’il a besoin de dormir/de repos/de se reposer. Il prend très au sérieux leurs peurs enfantines et cherche à les résoudre, même si ses méthodes peuvent surprendre.
Ainsi, lui et ses quatre petits enfants partent explorer la montagne avec Misha, chienne louve de son état, fort âgée. Les parents sont au courant, puisqu’ils savent qu’un camp de base a été établi. Ils ne savent pas en revanche qu’ils ont décidé de se rendre bien plus loin et de découvrir, qui sait ? des loups, des ours !
Ils ne se doutaient pas que leur chemin croiserait celui de prédateurs bien plus dangereux : des braconniers ! Heureusement, il est d’autres personnes pour se préoccuper de la préservation de la nature et des animaux, des policiers qui prennent ces enquêtes très au sérieux – et l’auteur aussi.
Pas de morale étriquée, pas de niaiserie, des faits, vus par les yeux d’une petite fille et de son grand-père attentif et généreux. Une belle lecture à partager en famille.

Casal Ventoso de Fredrik Ekelund

Présentation du roman :

Dans la tranquille ville suédoise de Malmö, un riche homme d’affaires est assassiné à la hache. Son ex-femme est éplorée, et les flics à pied d’œuvre. Monica Gren et Hjalmar filent le parfait amour, pourtant des lettres anonymes viennent rappeler à ce dernier les années 70, lorsqu’il était le guitariste des Why Men.

Mon avis :

Mon problème est simple, au moment où je rédige cet avis : je me souviens davantage des éléments négatifs que des éléments positifs. Je cherche d’ailleurs les éléments positifs, si ce n’est une peinture désespérante de la société suédoise, de sa jeunesse qui, dépourvu de repère, voulant être cool, part à la dérive et sombre dans la drogue. Ont-ils un espoir de s’en sortir ? Non : en dépit des cures de désintoxication, c’est la mort qui est au bout du chemin, à plus ou moins brève échéance. Est également pointé du doigt ce que d’aucun juge comme le laxisme de pays étrangers et l’incapacité de la police à mettre fin au trafic de drogue. Les personnages voyagent beaucoup pour leur enquête, ce qui leur montre d’autres aspects du trafic de drogue, de la misère humaine.
Maintenant, le négatif : la fin du roman est trop abrupte, comme si l’auteur avait voulu moraliser son intrigue in extremis.
Puis, les lettres qui sont envoyées à l’enquêteur… Je comprends leur utilité pour l’intrigue, relier le présent au passé d’Hjalmar, mais je comprends mal leur utilité pour la construction de la personnalité de l’épistolier. La « spontanéité » de ses actes cadrent mal avec ses lettres fleuves, remplies de références musicales.
Ensuite, j’ai trouvé lassant tout ce qui avait trait au couple Monica/Hjalmar. Je n’ai rien contre les quinquagénaires qui refont leur vie, je n’aime guère suivre leurs amours comme celles de deux ados, et découvrir la jalousie de Monica, qui n’a pas vraiment sa place dans une enquête. Hjalmar a un passé, trois enfants, deux beaux enfants, quinze ans de vie commune avec son ex, et Monica « se prend la tête » parce qu’il a revu son ex pour protéger leurs enfants – pas très professionnel, surtout quand des vies sont en jeu. Elle est également prête à faire une scène au moindre retard – un comble pour la conjointe d’un policier.
Casal Ventoso, ou une vision noire de la société suédoise, un peu parasité par l’histoire d’amour des deux personnages principaux.