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Cher ami, de ma vie je vous écris dans votre vie de Yiyun Li

Présentation de l’éditeur :

Pendant deux ans, Yiyun Li s’est battue contre une profonde dépression. Et pendant ces deux années, elle s’est mise à nu et a composé Cher ami, depuis ma vie je vous écris vers votre vie, un essai à la fois douloureux et extrêmement riche, l’exploration d’une intériorité doublée d’une plongée brillante au coeur des plus grands esprits de la Littérature : William Trevor, Katherine Mansfield, Søren Kierkegaard ou encore Philip Larkin…

Mon avis :

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les éditions Belfond pour ce partenariat : après avoir découvert des extraits de ce livre, j’avais très envie de le lire. Ce n’est pas que j’ai été déçue, c’est que j’ai été perplexe à sa lecture. J’ai même plutôt été soulagée en le refermant. Pourquoi ?
Tout d’abord, l’auteur était en pleine dépression quand elle a écrit son livre, elle a été hospitalisée à deux reprises, et si elle ne nous décrit pas les mécanisme de la dépression, elle nous montre cependant ceux qui l’ont entouré – les femmes qui ont partagé sa chambre, le personnel soignant, dont le diagnostique, les propositions pour tenter de la sortir de sa dépression, étaient très éloignés de son ressenti, son mari également. Plus qu’une dépression, c’est une incapacité à ressentir et à dire ses sentiments, ses émotions, qui frappent l’auteur. Est-ce l’écriture qui l’a sorti de sa dépression ? Non, mais écrire lui était nécessaire, parce que l’écriture n’est pas, ne va pas nécessairement de soi : devenir orpheline de ma langue natale me paraissait, me paraît encore, une décision cruciale.
Pour écrire, se pose la question de la langue, et l’une des causes de la difficulté d’être de Yiyun est peut-être, je dis bien peut-être là. Elle a toujours écrit en anglais. Chinoise, émigrée aux Etats-Unis, elle n’a jamais écrit en ce qui constitue sa langue maternelle et elle s’interroge sur ce qu’écrire en une langue qu’elle ne maîtrisait pas parfaitement à ses débuts a pu induire dans sa façon d’écrire. Je dis bien écrire tout court, je ne parle pas de la constitution d’une intrigue, ou autre. Elle nous montre aussi comment elle se détache de ses livres, après qu’ils ont été écrits, publiés, ce que d’autres auteurs, comme William Trevor, ne ressentent pas nécessairement. Elle renvoie aussi à ceux qui lui reprochent de ne jamais avoir écrit dans sa langue maternelle, ceux qui lui demandent quand elle écrira dans sa langue maternelle. Je place encore une citation, parce que cet essai est riche de réflexion : Il est difficile de ressentir dans une langue adoptive, et pourtant il m’est impossible de le faire dans ma langue natale. .
Sa mère occupe une place à part dans ce livre, au coeur d’une enfance qui fut particulière, non à cause de l’Histoire, mais à cause de la manière d’être de sa mère face à ses filles. A travers le récit de son enfance, de sa jeunesse, Yiyun Li s’interroge et nous interroge sur ce qu’est l’autobiographie, sur le fait que nos souvenirs sont aussi ceux des autres, et qu’ils les voient, les interprètent selon le prisme de leur propre souvenir : Il y a une différence entre ne pas avoir été oublié et être pris dans les mailles de l’esprit de quelqu’un. Yiyun se refuse aussi à revisiter l’histoire, à commémorer : ce dont elle se souvient, les faits qui l’ont marqué, qu’elle a vécu, ne sont pas forcément ceux qui sont ressassés lors des commémorations.
Plus j’écris, plus j’ai l’impression que ce livre est aussi celui du refus, et développe une idée de l’écriture pour l’écriture, d’un dialogue entre les livres aussi, plus qu’entre les auteurs. Elle montre l’influence qu’a eu sur l’écriture d’un de ses romans Les coeurs détruits d’Elizabeth Bowen – ce dont un seul journaliste s’est aperçu. Elle parle aussi de Katherine Mansfield, de Virginia Woolf, de la manière dans chacune d’elles parlait de l’autre dans leurs écrits personnels. D’ailleurs, existe-t-il des écrits personnels quand on est écrivain, et que deviennent-ils à la disparition de celui-ci ? Le paradoxe étant que Yiyun Li a lu les correspondances des auteurs qu’elle apprécie, et qu’elle parle aussi de la destruction des journaux intimes, ou de l’échec de leur destruction. Autre question auquel le lecteur peut s’interroger (le chercheur en littérature se la pose-t-il seulement) : dans quelle mesure les écrits personnels, intimes d’un auteur concernent-ils le public ?
Je suis allée peut-être un peu loin dans mon interprétation. Peut-être. Il est tant d’autres points dont il faudrait parler, d’idées que Yiyun Li développe, sur la manière dont un jeune lecteur s’approprie, de manière personnelle la lecture d’un roman pour la première fois, sur le rapport lecture/lecteur (Lire, c’est être avec des gens qui, contrairement à ceux qui nous entourent, ne remarquent pas notre existence). Sur le suicide, aussi. Ce n’est pas un thème, dans l’essai de Yiyun Li, c’est une réalité qui l’entoure, notamment par les paroles de sa mère, qui commence toujours ses échanges avec sa fille en lui relatant la mort ou le suicide d’une relation. Pour quelles raisons ? L’auteur s’interroge sur le sujet, mais elle ne s’interroge pas sur les causes du suicide, décision personnelle.
Le livre s’en va et « meurt » : Quand un livre prend vie pour son lecteur, il est déjà mort pour son auteur. La postface contient elle aussi des interrogations, non sur le fait de publier ou non ce livre, mais sur ce que sera le devenir de l’auteur après ces deux ans de dépression, réfutant la grandiloquence (c’est moi qui use de ce terme) de son médecin, revenant aussi sur l’écriture de cet essai, sur ce que l’écriture lui a permis de surmonter.
Au lecteur, maintenant, de partager (ou non) cette plongée dans l’écriture et la dépression.

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Cyber China de Qiu Xiaolong

Présentation de l’éditeur :

Harmonie et probité: à en croire les médias officiels, le modèle chinois est une réussite. Mais sur Internet, la colère des cybercitoyens se déchaîne. Zhou, un cadre de la municipalité de Shanghai, est la cible rêvée de cette chasse à la corruption d’un nouveau genre. Une photo de lui en possession d’un paquet de cigarettes de luxe, emblème des Gros-Sous sans scrupules, enflamme la toile. Deux semaines plus tard, on le retrouve pendu. Suicide ? Assassinat ? Sous l’oeil vigilant des dignitaires du Parti inquiets du formidable mouvement qui agite le réseau, l’inspecteur principal Chen, aidé d’une jeune journaliste, plonge dans l’univers des blogs clandestins. Là où la censure rouge se casse les dents.

Mon avis :
Ou comment fumer une cigarette peut déclencher un scandale pire qu’aux USA.
Si vous aimez les enquêtes mouvementées, remplies de rebondissements, alors cette enquête n’est pas faite pour vous. Plus qu’une intrigue policière, nous est racontée ici l’histoire d’un pays qui s’enfonce dans la corruption et tente de masquer tout ce qui ne va pas. Un pays qui garde les séquelles de la Révolution culturelle et fait (du moins les dirigeants que nous croisons) comme si rien ou presque ne s’était passé. Un pays qui se retrouve coincé entre traditions qui reviennent en force et intrusion à toutes forces dans un monde moderne à base de consommation effréné. Il n’est pas qu’en occident que les prix de l’immobilier flambent.
Le très respecté inspecteur Chen Cao enquête, alors qu’il n’est même pas certain que l’on souhaite qu’il découvre quelque chose. Certes, pouvoir enquêter est déjà une bonne chose, puisque le parti aurait pu décider de classer l’affaire en suicide. Il n’empêche : l’inspecteur Wei, qui travaillait avec Chen Cao, meurt renversé par une voiture. Il ne s’agit plus seulement de découvrir la vérité, mais d’être très prudent : il est plus d’une manière de disparaître ou de faire disparaître quelqu’un.
Au coeur de l’enquête, les réseaux sociaux chinois, en plein essor, si j’ose dire, et les difficultés qu’éprouve l’état à surveiller, censurer tout ce qui peut y être publié. Vu de France, il est intéressant de voir à quel point il peut être compliqué de faire ce que nous ne nous privons pas de faire quotidiennement, comme discuter en ligne ou tenir un blog, voir twitter (même s’il ne s’agit pas de twitter). Et si Chen Cao ne maîtrise pas les arcanes d’internet, il parvient très vite à comprendre comment certains s’y prennent pour publier quand même des articles réellement informatifs.

Cyber China, une plongée dans la Chine contemporaine.

Amour dans une petite ville d’Anyi Wang

Présentation de l’éditeur :

Dans une petite ville comme les autres en Chine, à l’époque de la Révolution culturelle, un garçon et une fille vivent une passion physique intense et bouleversante. Tous deux danseurs dans la même compagnie luttent avec violence contre l’irrésistible attirance qui les lie l’un à l’autre en défiant tous les interdits.

Mon avis  :

J’ai lu d’autres avis avant de rédiger le mien. Bonne ou mauvaise nouvelle, comme l’on veut : le mien est différent.
Ce qui m’a frappée en premier lieu est la différence entre l’apprentissage de la danse en France et l’apprentissage de la danse en Chine : du fait de son entraînement (je ne vois pas quel autre nom lui donner), la jeune fille a vu son corps se développer d’une manière disgracieuse, démesurée, plus comme une haltérophile que comme une danseuse, et aucun professeur ne se demande comment rectifier (ou améliorer) ceci, ils se contentent de constater pour critiquer. D’ailleurs, il n’est rien d’harmonieux dans la description de ces corps en mouvement, en entraînement : douleur, cri, violence aussi. Le corps est ramené à sa réalité la plus crue, avec précision. Pourtant, je n’ai pas trouvé ces descriptions gênantes, sans doute parce que c’est une chose de montrer la réalité, ce que fait l’auteur, s’en est une autre de surenchérir sur sa description avec des commentaires ,des modalisateurs, ce que l’auteur ne fait jamais.
Pas de noms pour ces deux êtres qui s’aiment et ne s’en rendent pas compte, tant leur passion est faite de maltraitance, de violence, de furie. Ils semblent ne comprendre ni l’un ni l’autre ce qui les unit. Des danseurs (européens, la danse a longtemps été une de mes passions) affirment comprendre beaucoup de choses avec leur corps, ne pas avoir besoin de mots, ce n’est vraiment pas le cas de ces deux jeunes gens anonymes – parce qu’ils sont deux parmi tant d’autres à être broyés par la Révolution culturelle ?
Autre fait : la déchéance physique rapide du garçon, de sa croissance interrompue à sa maladie qui met un terme définitif à sa carrière – mais pas à sa vie, puisque la jeune fille a gardé le silence sur sa paternité, prenant seule en charge la déchéance causée par la naissance de ses jumeaux.
Quel avenir, pour ces jeunes danseurs dans cette petite ville, pour ces jeunes gens qui vivent dans des conditions plus que précaires lors des tournées (comme si les conditions ne l’étaient pas déjà en dehors des tournées) ? Il est très difficile d’être optimiste pour eux ou pour leur art, encore plus éphémère puisqu’il est à la gloire du Partie.
Amour dans une petite ville, un livre fort et dérangeant.
Asie2

Une famille explosive de Ge Yan

Présentation de l’éditeur :

Xue Shengqiang, appelé « papa », n’a jamais quitté son petit village natal du Sichuan, en Chine. Fils à maman, il s’est marié et a repris l’entreprise familiale, qui fabrique la célèbre pâte de haricots aux piments. Si la matriarche tient sa maison d’une main de fer, papa, lui, est loin d’être un saint : il est accro au sexe et a installé sa maîtresse dans l’appartement au-dessus de grand-mère. Le voilà bien embêté lorsque cette dernière découvre le pot aux roses… Les ennuis continuent car il doit organiser l’anniversaire – 80 ans – de grand-mère, et son frère a décidé d’y mettre son grain de sel. Cerise sur le gâteau, Jasmine, sa maîtresse, est enceinte !

Merci à Netgalley et aux éditions Presse de la cité pour ce partenariat.

Mon avis :

Sommes-nous bien en Chine ? Oui, mais dans une Chine moderne, qui paraît de prime abord très éloignée des années de la Révolution culturelle, et pas si éloignée, par le retour de certaines pratiques, de la Chine ancienne (la jeune maîtresse en lieu et place de la deuxième épouse). Voici notre héros: Xue, patron de l’usine familiale que sa mère a réussi à récupérer à la force du poignet. Il a fait un malaise alors qu’il était avec sa jeune maîtresse, et sa mère a pris les choses en main. Il est celui qui résout toujours les problèmes des autres, et du coup, n’a pas le temps de résoudre les siens (merci maman).
Il n’est pas le narrateur de l’histoire, non, c’est sa fille qui rédige le récit, elle que l’on dit folle, elle qui pose problème depuis toujours et qui est pourtant capable de mener à bien ce récit. Elle a également une manière très enlevée de mêler ce que dit son père, réellement (c’est assez bref) et ce qu’il rêve de dire, tout ce qu’il a sur le coeur, parfois depuis plusieurs années.
Nous sommes en Chine, mais certains problèmes sont universels. Xue a l’impression d’avoir été le moins aimé, lui qui n’a pas fait d’études supérieures, lui qui a dû reprendre l’usine familiale après avoir gravi toutes les échelons ou presque, lui qui a dû rester avec la femme qui le trompait pour le bien de sa fille, lui qui a couvert son beau-frère adultère, lui qui cherche à caser son brillant frère, toujours célibataire au désespoir de sa mère : pas facile, n’est-ce pas, de se croire le mal-aimé. Gageons que le point de vue de son frère ou celui de sa soeur sont bien différents.
Le récit se concentre sur quelques jours seulement. Pourtant, de nombreux retours en arrière, parfaitement intégrés dans les propos de la fille de Xue, nous permettent de bien connaître cette famille « explosive ». Le ton n’est jamais pesant, les propos sont parfois crus, ce qui ne veut pas dire grossier, et l’on comprend que Xue soit sur le point « d’exploser » lui aussi, lui l’authentique fils à maman qui se fait encore, à son âge, réprimander par elle. Oui, le ton est le plus souvent léger, humoristique, et pourtant, les sujets sont graves pour une société qui reste proche des traditions.
Une famille explosive – ou un regard étonnant sur la Chine contemporaine.

Mes meilleurs copains de Hongying Yang

Présentation de l’éditeur :

Ce sont quatre copains inséparables qui nous font partager leur vie dans la Chine d’aujourd’hui. Il y a Hippo, avec sa grande bouche d’hippopotame, qui veut toujours être le chef et plaît beaucoup aux filles. Ouistiti, qui raconte plus de bêtises qu’il n’y a de grains de riz dans un bol. Pingouin, qui marche comme un pingouin, le ventre en avant, et mange des billes d’acier. Et Toufou, toujours de bonne humeur. A tous les quatre, ils forment une fameuse équipe qui met beaucoup d’ambiance dans la classe ! Rien ne pourra les séparer. Rien, ou presque.

Mon avis:

Ce livre, aussitôt lu, pourrait être aussitôt oublié, tant il m’a ennuyé. Le problème n’est pas que les personnages soient tous des garçons – les filles n’ont qu’un rôle tertiaire dans l’intrigue. Le problème est que ses quatre copains ne sont pas sympathiques du tout. Ils font des bêtises, oui, constamment, et cela ne leur pose pas de problème. Ouistiti, par exemple, ment constamment – à cause de la nourriture que sa mère absorbait quand elle l’attendait. Si, c’est possible que les parents eux-mêmes justifient la mythomanie de leur progéniture. L’enfant-roi ne règne pas qu’en Europe, ne l’oublions pas.
Le récit est linéaire, mais chaque chapitre, mettant en valeur un des camarades, peut presque être lu indépendamment les uns des autres. Pratique pour ceux qui aimeront lire le récit de bêtises diverses et variées. Pour les autres, je conseille bien d’autres romans de littérature jeunesse.

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Il était une fois l’inspecteur Chen de Qiu Xiaolong

Présentation de l’éditeur :

Dans ce volume, l’auteur raconte la jeunesse de Chen pendant la révolution culturelle et les circonstances qui l’ont poussé à devenir policier alors qu’il était chargé de traduire un manuel de procédures américain dans un commissariat de Shanghai.

Mon avis :

J’ai attendu longtemps ce dixième volume des aventures de l’inspecteur Chen Cao. L’auteur, dans la préface, dit lui-même qu’il a eu du mal à boucler ce volume, puis qu’il a trouvé l’inspiration en repensant à ses années de la Révolution culturelle et ce que lui et sa famille ont subi. Ce ne sont pas tant les enquêtes policières qui sont intéressantes – nous découvrons comment Chen a débuté dans la police – que les souvenirs que Qiu Xiaolong raconte dans la préface et le long dernier chapitre.
Ce livre est parfait pour les fans, un peu moins pour ceux qui, comme moi, avait envie de lire une longue histoire policière. Il est parfait aussi pour ceux qui veulent en savoir davantage sur la révolution culturelle, sur l’après également, à quel point les familles furent divisées, meurtries par ce qu’elles ont vécues et, pour la plupart, incapables de surmonter tout ce qu’elles ont subies. Comme s’il était possible que ce le soit.
D’un récit à l’autre, nous retrouvons des personnages – et la cité de la poussière rouge, à laquelle Qiu Xiaolong a consacré deux recueils de nouvelles, que j’ai envie de découvrir pour savoir si ces personnages se trouvaient déjà entre ces pages, ceux à qui rien n’échappe de la vie de la cité.

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Les sentinelles des blés de Chi Li

Présentation de l’éditeur :

Contre l’avis de son mari, Mingli part pour Pékin à la recherche de sa fille adoptive, dont elle est sans nouvelles depuis trois mois. A Pékin, cette quadragénaire rencontre ceux qui ont croisé Rongrong et découvre le vrai visage de sa fille, une personnalité qu’elle ne soupçonnait pas et qui correspond tellement à la Chine aventurière et affairiste d’aujourd’hui.

Mon avis :

Ne lisez surtout pas le quatrième de couverture – certains me disent qu’il ne faut surtout pas le faire, à quoi je leur répondrai qu’il faut bien savoir quel est le sujet du livre. En effet, il nous fait croire que le récit sera tout entier tourné vers l’action. Au contraire, de longues pages sont consacrées aux réflexions et aux regrets de la narratrice, mère adoptive de Rongrong. Il serait bon de compter le nombre de fois où on lui a dit qu’elle n’était pas la mère de la jeune fille, qu’elle n’était que sa mère adoptive, montrant ainsi les préjugés qui ont court. Le lien est pourtant très fort avec la jeune fille, qu’elle a adoptée alors qu’elle n’était qu’un bébé. Si Mongli a agi ainsi, alors qu’elle était elle-même célibataire, c’est parce que  la mère biologique de l’enfant, qui venait d’être internée, était son amie d’enfance, sa meilleure amie. Cette dernière a vécu une vie sentimentale mouvementée, au contraire de Mingli, qui s’est mariée de la manière la plus raisonnable du monde, et se satisfait de sa vie avec un mari qui a quelques défauts, mais ne se livrera jamais à des excès. Une femme raisonnable, un peu naïve, peu habituée à se livrer à des joutes oratoires, encore moins habituée aux excès de la capitale chinoise.

Le communisme semble loin… Beaucoup cherchent à tirer profit de tout, à goûter les joies du capitalisme et de la consommation. Mingli en est-elle étonnée ? Presque, oui. Presque. Elle paraît naïve, et ne l’est absolument pas. Si elle découvre des traits de personnalités de sa fille qu’elle ne soupçonnait pas, les autres découvrent également qu’elle est plus tenace qu’il n’y parait, et peu apte à se laisser terroriser.

Les sentinelles de blé nous offre un portrait de famille au sens large du terme. Une famille dont chaque membre a ses particularités et ses sensibilités, ses défauts comme ses qualités.

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