Beurre breton et sucre afghan

Présentation de l’éditeur :

Dans un petit village breton, Lily vit avec son père Maël, au chômage, sa mère Soizic, chauffeur de car, son petit frère Roméo et sa tortue Pissenlit. Petite fille angoissée, Lily se débat avec sa peur de l’inconnu. Un jour, la mairie annonce l’arrivée d’un groupe de migrants afghans qui provoque l’hostilité des habitants. D’abord méfiante, Lily finit par se lier à un garçon de son âge, qui la suit partout.
De leur amitié va naître de grands bouleversements… Une fable contemporaine, humaniste et sociale d’une primo-romancière.

Mon avis :

La version simple et efficace vous dirait simplement que j’ai adoré ce roman, et qu’il a pour moi tous les critères pour que je le fasse découvrir à mes élèves, de la sixième à la troisième (oui, tous mes élèves sans exception, y compris les plus jeunes), un roman que j’ai aimé lire, parce qu’il parle à la fois de sujets d’actualité, et parce qu’il ne nous fait pas croire que tout est rose.

Prenons la vie de Lily, la jeune narratrice de ce roman. Son père est au chômage, depuis la fermeture de la conserverie, et c’est sa mère, chauffeur de car, qui fait bouillir la marmite, selon l’expression consacrée. Elle en a assez, Soizic, parfois, que ce soit elle qui fasse tout, ou presque, parce que Maël n’est plus capable de faire face. Il n’a plus rien – plus la force, plus la force de chercher du travail, de s’occuper un peu de la maison, de préparer les repas, lui qui aime pourtant cuisiner. Vous l’aurez compris, Maël est profondément dépressif, et Soizic est épuisée. Lily, au milieu, se fait toute petite ou presque, et ne parle pas à ses parents de ses cauchemars.

Puis, un jour, la vie change. Ah non, ce n’est pas subitement la conserverie qui ouvre, ou Maël qui ose enfin se lancer dans un autre secteur d’activités que le sien. Maël qui, jeune, a dû brider ses rêves pour faire comme ses parents, comme ses frères, comme tout le monde en fait. Non, le maire annonce que sa commune accueillera des migrants afghans. Les réactions hostiles ne se font pas attendre. Le pire ? Elles sont parfaitement crédibles, ce qui montre que l’autrice a vraiment sondé l’air du temps. L’on ne pense pas assez à ce qui se passe dans les petits villages, à ce rejet pour tout ce qui vient d’ailleurs, parce que, n’est-ce pas, on ne sait jamais ! L’impression que rien ne change, et que l’on pourrait rejouer à l’infini un célèbre sketch de Fernand Raynaud « Le pain des français ».

Lily n’a pas ces préjugés, elle qui subit déjà ceux des autres, et elle devient ami avec un des jeunes élèves de son établissement. Le retour à la vie, c’est aussi le retour dans les établissements scolaires. Le retour aussi à des choses qui nous paraissent simples, comme cuisiner les plats que l’on aime, partager ses plats, en découvrir d’autres, célébrer « ses » fêtes. Nouer des amitiés aussi. Rien ne sera facile, car les embûches seront aussi nombreuses que les préjugés. Un très beau roman !

Merci aux éditions Actes Sud junior et à netgalley pour ce partenariat.

2 réflexions sur “Beurre breton et sucre afghan

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