Archive | 2 octobre 2021

L’emprise des sens de Sacha Erbel

Présentation de l’éditeur :

Lorsque Talia, en pleine désillusion sentimentale, s’envole pour des vacances de rêve à la Nouvelle-Orléans, elle est loin de s’imaginer que son destin l’y attend. Dès le lendemain, elle se retrouve mêlée à un crime, exécuté selon un rituel macabre et violent. Rites vaudou ou crimes en série, la frontière entre les deux semble floue pour Louis Lafontaine, policier chargé de l’enquête, lui-même confronté à des troubles obsessionnels. Avec sa coéquipière il est prêt à tout pour remonte à la source de l’horreur. Face à l’emprise du mal, Talia saura-t-elle affronter ses démons et le don terrifiant qui lui est révélé ? Le soutien d’Azaïa, prêtresse excentrique et l’amour de Basile seront-ils suffisants pour l’y aider ? Dans la chaleur mordante de ce voyage en pays cajun, les esprits tourmentés se révèlent, les traumatismes refont surface et les peurs inavouables s’entrechoquent jusqu’à la révélation finale.

Mon avis :

J’ai lu le livre en entier. C’est un constat positif. Je n’ai pas eu de mal à le lire, pas de difficultés avec le style ou le vocabulaire. Pas de difficultés non plus avec le lieu ou les personnages, j’avais déjà voyagé en Louisiane, par le biais de plusieurs livres. Je m’y connais peu en vaudou, je n’ai pas de réticences à lire de livres sur ce sujet.

Cependant, je n’ai pas réellement apprécié ce livre. Tout d’abord, je l’ai trouvé extrêmement gore, sanglant, saignant, violent. Je n’ai pas aimé être avec le tueur, je n’ai pas non plus aimé être avec Talia qui se retrouve bien malgré elle à rêver de ce que fait le tueur, à être dans la tête du tueur. Talia était pourtant venue en Louisiane pour se changer les idées, pour oublier ce qu’elle avait vécu, pour enfin se sentir libre. Le moins que je puisse dire, c’est que ses vacances ne lui ont pas apporté le renouveau qu’elle espérait. A moins que…. Sait-on jamais ?

Cependant, c’est malgré elle qu’elle se retrouve avec Louis, le policier et Basile, le médecin légiste, sur la piste d’un tueur en série qui s’en prend à des hommes. Ce n’est pas beau à lire, ce n’est pas beau à découvrir. Il faut non seulement l’identifier (la victime, le tueur), chercher son mobile, et le mettre hors d’état de nuire. Ce n’est pas vraiment facile, et c’est là que Talia intervient.

C’est sans doute ce que j’ai préféré dans ce roman, l’aspect surnaturel. C’est en cela que certaines parties du récit sont bluffantes. C’est en cela aussi que la toute dernière page du récit est véritablement surprenante.

Après… je crois que la personnalité du tueur m’a véritablement dérangée. Je ne dirai pas pourquoi, parce que ce serait vraiment spoiler ce sur quoi repose toute l’intrigue que de dire le pourquoi de ce « dérangement ». Je pourrai même dire « les pourquoi » parce qu’il y a plusieurs raisons à cela. De ma pat, peut-être un peu de lassitude aussi, parce que certains thèmes évoqués l’ont déjà été dans des thrillers. Non, ce qui démarque vraiment ce thriller des autres, c’est le recours au surnaturel – et c’est ce que je choisis de retenir. Si une suite devait être écrite, j’espère que cet aspect du roman sera conservé.

Merci aux éditions Eaux troubles et à Netgalley pour ce partenariat.

 

Ce genre de petites choses de Claire Keegan

Mon avis :

Depuis combien de temps n’avais-je pas lu une oeuvre de Claire Keegan ? Trop longtemps. Ce fut une chance de trouver ce livre dans la maison de la presse de la ville voisine.

Nous sommes en Irlande, au beau milieu des années 80. J’aurai presque pu croire que l’on était dans les années 50 ou 60 tant parfois le temps semblait figé. Noël approche. Bill Furlong va le fêter en famille, avec sa femme et ses cinq filles. Il est marchand de bois et de charbon, autant dire qu’il a une bonne situation, qui lui permet de voir le présent et l’avenir sans trop de soucis.

Sauf que… il voit, justement. Il voit des jeunes filles frotter le parquet, dans le froid, pieds nus. Il voit une jeune fille qui a passé la nuit dans le local à charbon « par accident » ou « par jeu ». C’est ce que les soeurs disent.  Pour que de mauvaises choses soient faites, perdurent, il suffit que toutes les personnes alentours, toutes celles qui savent, toutes celles qui voient, ne fassent rien. Parce que l’Eglise est trop puissante, parce que les prêtres sont complices, parce que les gens ne veulent pas perdre le peu qu’ils ont et compromettre leur avenir ou celui de leurs enfants. Parce que toutes les excuses sont bonnes pour laisser faire. Continuer à vivre en ignorant ce qui se passe juste à côté.

Bill Furlong, lui, ouvre les yeux. Il sait. Il sait que sa mère aurait pu être une de ses jeunes filles, si elle n’avait pas eu le soutien de sa patronne, qui l’a accueillie, qui lui a permis de garder et d’élever son fils.

Alors…. Il ne peut pas tout faire. Il ne peut pas tout changer à lui tout seul. Il peut seulement en sauver une. Et tant pis pour les orages qu’il devra affronter. Et si tout ceux qui savaient avaient agi comme lui ? C’est le « genre de petites choses » qui aurait pu tout changer.