Archive | 25 octobre 2021

La vague arrêtée de Juan Carlos Mendez Guedez

Présentation de l’éditeur :

Magdalena a quitté le Venezuela pour Madrid, elle est devenue une enquêtrice réputée, tout va bien pour elle, à l’exception d’un amant envahissant et indiscret. On lui propose une nouvelle affaire : un homme politique madrilène lui demande de retrouver sa fille et de la lui ramener, elle aurait été enlevée et retenue à Caracas. Magdalena est sûre de ses compétences et elle a une arme secrète : des dons que lui a accordés María Lionza, la déesse guerrière vénézuélienne, bref elle est un peu sorcière et a des intuitions salvatrices.
Mais rien ne va se passer comme prévu, sa magie est intermittente et Caracas, la ville la plus dangereuse du monde, a beaucoup changé. De surprise en surprise, nous allons nous plonger dans une ville en crise et être confrontés à sa faune dangereuse.

Merci aux éditions Métailié et à Babelio pour ce partenariat.

Mon avis :

Vous allez rire (ou pas) : je n’avais lu que de manière très superficielle le quatrième de couverture avant de solliciter ce livre pour la dernière masse critique proposée par Babelio. J’ai simplement retenu la maison d’édition (que j’apprécie énormément), l’auteur (Les valises, son précédent roman, m’avait surprise) et le contexte : le personnage principale est une enquêtrice. J’avais complètement occulté le fait qu’elle possédait des dons « que lui a accordés María Lionza, la déesse guerrière vénézuélienne » et je n’avais pas vraiment regardé la couverture. Vous l’aurez compris, la sorcellerie me met mal à l’aise. La question n’est pas d’y croire ou non, la question est qu’il est des personnes qui y croient, qui pratiquent – et cela suffit à ne pas me rendre sereine face à cette lecture. Et j’ai aimé quand Magdalena met les points sur les i, quand elle retrouve celle qui l’a initié, formé : pas de sacrifices, quels qu’ils soient. Faire couler du sang, c’est faire souffrir, et l’on n’obtient pas ce que l’on veut en faisant souffrir autrui, fût-ce des animaux. A méditer, et pas seulement en cas de sorcellerie.

En effet, la violence est omniprésente au Vénézuéla. La police ? Peu fiable. Le gouvernement ? Tant que l’on est dans ses petits papiers, tant mieux. J’ai eu l’impression qu’être vénézuélien, c’est chercher à se faire le plus discret possible, tenter de trouver tous les moyens pour survivre – ne pas se prendre une balle perdue, ne pas se retrouver au milieu d’un règlement de compte ou pire, ne pas servir de bouc émissaire. Quand Magdalena, pour enquêter, retourne dans son pays, elle ne le reconnaît plus, elle ne se reconnaît plus vraiment, elle ne se sent plus capable de faire ce qu’elle faisait quand elle était jeune – elle ne se sent plus aussi combattive, plus aussi prête à prendre tous les risques pour protéger autrui. Qui est-ce, d’abord, autrui ? Begona, la jeune femme qui n’a plus donner de nouvelles depuis un mois ? Ou tous ceux qui vont croiser sa route et l’aider à la retrouver ?

Begona est une jeune fille née dans une famille extrêmement traditionaliste, catholique pratiquante et elle a ressenti, semble-t-il, le besoin de se rebeller. Son père peut le comprendre, lui aussi a été rebelle dans sa jeunesse : il n’est pas allé à la messe pendant six mois. Là, c’est nettement plus grave, puisque la jeune fille s’est envolée pour le Vénézuela, pays où être un touriste étranger est tout sauf une garantie contre les fusillades et les enlèvements.

Magdalena enquête, oui, elle doute (merci à Canaillou d’avoir grignoté la couverture et à Saphir d’avoir sauté sur le clavier et effacer un paragraphe), elle doute de ses pouvoirs, elle craint aussi de passer à côté d’un fait, d’un indice qui lui permettrait de retrouver la jeune fille avant qu’il ne soit trop tard. Pour la ramener au pays, vivante. Pour s’en sortir sans trop de dommage et rentrer au pays elle aussi, ce serait mieux. A ce moment, son amant encombrant qui multiplie les messages amoureux au pays n’est plus vraiment sa préoccupation !

Un roman pendant la lecture duquel il vait mieux toujours être sur le qui-vive (là, c’est Ruby qui vient voir ce que j’écris).