Archive | 15 octobre 2021

Mémoires sur Marie-Antoinette de Rose Bertin

Présentation de l’éditeur :

Fastueuse et légère, excentrique et géniale, Mademoiselle Bertin parvint à imposer ses idées et ses goûts aux princes d’Europe et de Russie. Détestée par la Cour qui enviait la faveur dont elle jouissait, cette jeune femme, « ministre des modes » de Marie-Antoinette, et qu’elle défendit toujours, fut aussi la raison de bien des dépenses qui pavèrent le chemin de la souveraine vers la guillotine.

Mon avis : 

Je lis tous les livres ou presque que je trouve qui concerne Marie-Antoinette. Je vous le dis de façon claire et précise : il est difficile de faire mieux pour moi que la biographie de Stefan Zweig, qui a le mérite d’être une vraie biographie, qui ne considère pas Marie-Antoinette comme une sainte, ou, au contraire, comme une sale garce cause de tous les malheurs de la France. Dire qu’il faut encore rappeler qu’une reine de France ne gouvernait pas !

Rose Bertin était la marchande de mode de Marie-Antoinette, celle qui faisait la pluie et le beau temps sur la mode de la cour, la mode la plus extravagante et la plus couteuse. D’après Rose Bertin, à un moment du règne de Marie-Antoinette, celle-ci s’est tournée vers plus de simplicité. Il était trop tard, à la fois pour ceux qui lui reprochaient ses dépenses somptuaires, et pour ceux qui lui reprochaient de ne pas tenir son rang de reine.

Oui, dans ces quelques pages (une centaine en tout), Rose Bertin prend la défense de la reine, de façon parfois maladroite – pour ne pas dire très souvent. Elle a été dans l’intimité de la reine, pas seulement de la reine mais aussi de plusieurs aristocrates qui, peu à peu, lui ont permis d’être recommandée à d’autres aristocrates, jusqu’à la reine.

Il est question de la joie du roi à la naissance de sa fille, puis de son fils. Il est question d’Elisabeth, soeur du roi, qui, d’après Rose Bertin (il est peu de biographie sur Elisabeth) aurait aimé être religieuse, ce que son frère ne l’aurait pas autorisé à devenir (si vous voulez mon avis, que l’on ne me demande pas, c’est bien dommage). Le coeur de ces mémoires, c’est l’affaire du collier, et la volonté de Rose Bertin de démonter une à une les accusations dont Marie-Antoinette fut victime. Montrer « la bonté du roi » et la « grandeur d’âme de la reine » pendant la période révolutionnaire est son deuxième objectif, retraçant les faits les plus marquants de cette période, la mort du premier Dauphin, la fuite à Varennes, qui, d’après Rose Bertin, n’en était pas réellement une, le retour de la princesse de Lamballe et le propre départ de Rose – parce que Marie-Antoinette voulait protéger ceux qui lui étaient proches. Oui, l’on pourrait dire que cela participe de la légende de Marie-Antoinette, légende toujours entretenue de nos jours, comme le montre la récente exposition à la Conciergerie.