Archive | 20 octobre 2021

La fosse aux âmes de Christophe Molmy

édition de la Martinière – 304 pages

Présentation de l’éditeur :

Un attentat dans un cinéma : la vie de Fabrice explose. Sa compagne est tuée par les terroristes, lui en réchappe. Le sens de sa vie gît quelque part, criblé de balles. C’est sur cette crête, entre folie et possible résilience, que Fabrice avance désormais. L’amour d’une autre femme, comme une pulsion de vie, suffit un temps à calmer le trauma. Mais quand cette dernière disparaît à son tour, Fabrice est accusé et le mal en lui se réveille. Tout bascule. Il est un fugitif, un survivant – quoi qu’il en coûte.

Mon avis :

Un livre tristement actuel. Oui, je ne peux pas m’empêcher de le dire. Que reste-t-il après, pour ceux qui ont survécu, pour ceux qui doivent vivre avec (la douleur) et sans (l’être aimé) ? Que reste-t-il à ceux qui souffrent de la culpabilité de ceux qui ont survécu ?

Fabrice était à une séance de cinéma, avec sa compagne Juliette et son beau-frère quand des terroristes sont entrés dans la salle et ont tiré. Juliette et son frère ont été tués, lui a survécu. Il doit témoigner, aussi, témoigner devant la police, qui s’étonne parfois de certaines de ses réactions – comme s’il existait un catalogue des réactions « normales » à avoir dans une situation qui ne l’est pas.

Se reconstruire, revivre ? Des grands mots. Pourtant, Fabrice tombe à nouveau amoureux, de Clarisse, qui était en charge de l’enquête, et à nouveau, le drame survient : la femme qu’il aime disparait. Pire : il est accusé d’être responsable de sa disparition. Pour Fabrice, s’en est trop, et il bascule. Il ne s’agit plus de reconstruire sa vie, il s’agit de survie, proprement dit. Il ne s’agit même pas de prouver son innocence, presque plus, à peine, il veut savoir ce qu’il est arrivé à Clarisse, qui est responsable de sa mort – parce qu’il le sait, elle n’a pas pu disparaître ainsi.

Je ne pense pas avoir été la seule à avoir été happée en voyant Fabrice sombrer peu à peu, réagissant à chaque fois qu’un nouveau coup lui était porté. Le répit ne peut exister pour lui. Se reconstruire sera-t-il possible ?

Merci aux éditions de la Martinière et à Netgalley pour ce partenariat.

Quatre soeurs enquêtent de Sophie Rigal-Goulard.

Présentation de l’éditeur :

Que se passe-t-il dans l’immeuble des Quatre soeurs et leur quartier parisien ? Vols et actes malveillants se succèdent. Un individu au look bizarre semble prêt à passer à l’action dans la rue. Décidées à ne pas céder à la menace, Lou, Laure, Lisa et Luna traquent les indices. Avec leur ami Artus amateur de romans policiers, elles font le guet, écoutent le voisinage, notent les allées et venues et émettent de multiples hypothèses.
Leur périmètre de surveillance va des greniers au sous-sol de leur immeuble ! Mais une nuit, tout s’accélère…

Merci aux éditions Rageot et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Je commencerai par un fait important à mes yeux. Oui, cette série montre quatre soeurs, et oui, ces soeurs ont des amis – des amis garçons, pour développer comme le feraient certains de mes élèves. Elles n’ont cependant pas besoin d’attendre les garçons, d’attendre leurs conseils ou leur protection pour faire quoi que ce soit, encore moins pour enquêter.

En effet, il se passe de drôles de choses dans l’immeuble où vivent les quatre soeurs. Des vols surviennent. Que fait la police ? Elle agit, je vous rassure. Mais les quatre soeurs vont agir aussi. Qui connaît mieux l’immeuble et ses habitants qu’elles ? Elles vont devoir aussi apprendre à cohabiter avec Artus – qui s’avérera un charmant garçon. Oui, il est bon de montrer aussi dans les romans de littérature jeunesse qu’il existe une grande diversité dans la gente masculine adolescente – tous ne sont pas des bad boys !

Elles veillent, surveillent, elles sont toutes très attentives, et… elles obtiendront des résultats. Si, si : il n’y a pas d’âge pour commencer une carrière d’enquêtrice – ou pour apprendre à jouer d’un instrument de musique.

Un roman très plaisant à lire.