Archive | 21 octobre 2021

8848 de Silène Edgar

Présentation de l’éditeur :

À quinze ans, Mallory est la plus jeune française à avoir gravi une montagne de 8000 mètres. Son nouveau défi, c’est le sommet de l’Everest. Le manque d’oxygène, l’effort physique et les conditions extrêmes ne lui font pas peur car elle est avec son père, son pilier, son modèle. Mais elle va apprendre à le faire aussi pour elle-même.
Un exploit unique qui va lui faire ouvrir les yeux sur le monde : la pollution des alpinistes, la fonte des glaces, les dangers mortels d’un tel effort pour le corps, la pensée bouddhiste et surtout… l’importance du message qu’elle renvoie à son pays, en tant que jeune, adulte en devenir.

Mes impressions :

Ce n’est pas un livre que j’ai lu parce que j’avais envie de le lire, c’est un livre que j’ai lu pour le collège, c’est à dire pour mes élèves. Il fait partie de la sélection d’un prix de littérature jeunesse, et sans cela, je ne serai pas allée vers ce livre.

Pourquoi ? Les livres qui parlent de sport et de dépassement de soi m’intéressent peu. La montagne, surtout si elle est très éloignée, encore moins. Je l’ai lu en un peu plus de deux heures, ce qui est la seule performance sportive que j’ai accomplie à sa lecture, en partie avec Ambre ou Ruby sur moi.

Ce que j’ai retenu ? L’importance de la post-face de l’autrice, qui nous présente son projet d’écriture. Comme quoi, le personnage le plus important du livre n’est pas celui que l’on pouvait penser. En fait, ce sont davantage certains personnages secondaires qui m’ont intéressée, ceux qui vivent « sur place », ceux qui dépendent de ces alpinistes de l’extrême pour vivre, et qui n’ont que deux mois par an pour accumuler assez d’argent pour faire vivre leur famille l’année durant. Grimper l’Everest a un coût, et il est difficile de le faire sans sponsor. Grimper l’Everest demande également du temps, une longue préparation physique, y compris sur place, et aussi une grande lucidité. Chaque année, des morts sont à dénombrer, notamment parce que certains ont outrepassé leurs forces, ne tenant pas compte des conseils qui leur sont prodigués. Note : il faut dire aussi que l’on répète, aux sportifs, aux non-sportifs, qu’il ne faut surtout pas s’écouter, qu’il ne faut pas tenir compte des signaux d’alarme que nous envoient notre corps, que tout est dans le mental. Mouais. On ne parle jamais des séquelles après, ou des sportifs qui ont dû interrompre leur carrière parce qu’ils étaient allées trop loin.

Je ne me suis pas non plus attachée aux personnages, surtout pas aux parents de Mallory. Le choix des prénoms des enfants, d’abord, signe de leurs passions respectives, comme une manière de montrer à leurs progénitures la voie à suivre. Tu feras de la danse Isadora. Tu iras en montagne Mallory. A chaque fois, deux personnalités décédées tragiquement. Ensuite, les parents s’opposent avec violence à ce que la religion entre dans leur foyer. Aucune instruction religieuse, même aucune discussion autour de la religion. Et non, je n’applaudirai pas à l’ouverture d’esprit, parce que cela n’en est pas. Ne pas répondre aux questions de ces enfants, surtout sur des sujets que l’on rejette, c’est courir le risque qu’un jour, ils cherchent les réponses ailleurs.

Je n’en dirai pas plus, je ne sais même pas si je publierai ou pas cet avis. Je le garde, pour l’instant (17 octobre 2021). Finalement, j’ai choisi de le publier le 21, au cours d’une nuit d’insomnie assez carabinée, due à la tempête qui sévit en Normandie.