L’assassin du marais de Catherine Cuenca

Présentation de l’éditeur :

Avril 1849. Alors que les élections législatives de la toute jeune IIe République se préparent, des femmes courageuses et indépendantes sont retrouvées mortes, assassinées dans différents lieux de Paris. Tout indique qu’elles ont été victimes d’un seul et même tueur. L’inspecteur Alexandre Delage est chargé de l’enquête. Aidé par Léa, une spirite à la sensibilité hors du commun, et par Julie, farouche employée d’un grand magasin dont la meilleure amie fait partie des victimes, le jeune policier met tout en œuvre pour démasquer l’assassin. Mais les crimes se multiplient et celui-ci semble insaisissable…

Merci aux éditions Scrinéo et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Etre une femme n’est pas facile. Lieu commun ? Non, évidence eu égard aux nombres d’injonctions que les femmes reçoivent. Le combat pour nos droits est toujours d’actualité, mais qu’en était-il avant ?
1849. On ne s’en rend pas compte, mais l’espoir en de grands changements étaient là. La république avait été proclamée pour la deuxième fois de l’histoire de France. On ne refait pas l’histoire, nous savons ce qu’il est advenu. Les personnages ne le savaient pas, et les femmes essaient de faire évoluer leur condition. A chaque fois que les femmes ont essayé d’obtenir plus de droits, de violentes réactions ont eu lieu – aujourd’hui, hier. Hier plus qu’aujourd’hui, même si le discours peut encore être ressorti aujourd’hui : la place des femmes est chez elle, elle ne peut apporter que le trouble dans la vie publique/politique, tout est bon pour restreindre ses libertés et ses droits, y compris ses droits sur ses enfants : à l’époque, en cas (rarissime !) de divorce, la garde n’était pas confiée à la mère, il est bon de le rappeler.
Ce livre nous fait découvrir des femmes courageuses, des femmes qui essayaient de vivre libre, de se loger, de se nourrir, sans l’aide d’un mari ou de leurs parents. Une existence rude, difficile, où le moindre écart peut vous faire perdre votre travail, et rendre extrêmement difficile d’en trouver un nouveau.Une existence dans laquelle les femmes pensent, et ont bien l’intention de vivre selon leurs idées. Cela dérange ? Oui. Cela dérange quelqu’un (le féminin est ici inutile) qui s’en prend à des femmes fortes, des militantes, des femmes qui ne faisaient pas mystère de leurs idées, quelle que soit leur appartenance sociale. Les femmes écrivent, les femmes partagent leurs idées, l’une veut même se présenter à la députation.

Si l’enquête  avance ? Bien sûr que non. Une femme ne peut avoir été tuée que par un de ses « galants », pourquoi enquêter ? A l’heure où soixante femmes en France sont mortes sous les coups de leurs conjoints ou de leurs ex-conjoints, il ne faut surtout pas oublier qu’un auteur de « crimes passionnels » ne risquaient pas grand’chose en France jusqu’en… 1994. Je m’écarte de l’objet littéraire qu’est l’assassin du Marais, et j’ai l’air de vous le montrer comme un texte aride, uniquement historique. Il n’en est rien. ce sont d’abord des personnages passionnés que nous croisons, dont Léa Caron et Julie. Elles se sont bien trouvées. Elles n’attendent pas un sauveur, pas même pour clore l’enquête, elles savent que le salut, la survie, viendra d’elles-mêmes. Bien sûr, il y a l’inspecteur Alexandre Delage, le seul policier qui a un tant soit peu d’intérêt pour trouver le coupable et le mettre hors d’état de nuire. Il n’est pas un personnage simple, son passé a fait pleinement de lui l’homme à multiples facettes qu’il est.Mention spéciale aussi pour Gustave, journaliste persévérant, bien plus intéressant qu’il n’aurait pu sembler de prime abord. Les gens peuvent changer, et c’est bien aussi de le dire et de l’écrire.

L’assassin du marais, un roman policier historique, féministe et fantastique aussi, un roman qui n’en finit pas de nous délivrer ses secrets, sans jamais céder à la facilité.

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