Archive | 11 juin 2019

Les carats de l’Opéra – Les nouvelles enquêtes de Nestor Burma par Jacques Saussey

Présentation de l’éditeur :

Les diamants sont éternels, les hommes un peu moins…
Surtout, lorsqu’un lot de la pierre précieuse d’une valeur de 85 millions d’euros disparaît.
Burma va plonger dans les entrailles de Paris et dans le milieu de la haute joaillerie : deux univers totalement opposés, mais comme chacun sait :
…tous les chemins mènent à Rome.

Merci à Netgalley et à French Pulp Éditions pour ce partenariat.

Mon avis :

Je suis une grande fan de Nestor Burma, j’ai lu toutes les enquêtes de ce privé français, ancien anarchiste ayant gardé toute sa sympathie pour ce mouvement et proche de ceux qui ont peu ou pas grand chose. J’ai su que de nouvelles enquêtes avaient été écrites, chacune par des auteurs différents, et c’est la première fois que je franchis le pas, découvrant un détective rajeuni, ancré dans son temps, mais toujours prêt à défendre ceux qui sont les laissés-pour-compte de la société, toujours prêt à admirer ceux qui sont restés fidèles à leurs idéaux – lui reconnait ne pas l’avoir été – et à aller jusqu’au bout de ses enquêtes – il doit bien cela à ceux qui sont morts.
Je ne veux pas trop spoiler, pourtant, j’ai aimé qu’une des traditions soit respectée : celle qui fait que Nestor, à un moment du récit, se retrouve dans les vapes pour cause de contact entre son crâne et une surface suffisamment dure pour lui faire perdre conscience. Là, je me suis dit « ouf » – enfin, sauf pour Nestor, qui, comme tout détective privé qui se respecte, paie largement de sa personne dans cet opus.
Ce qui est fascinant, dans ce roman, c’est que l’extrême richesse côtoie l’extrême pauvreté. Celle-ci ne libère pas, mais Verlaine, le clochard que Burma a connu dans une vie antérieure, a eu une vie plus sereine que ceux qui, au-dessus d’eux, brasse des centaines de milliers d’euros, presque sans y penser. Pour des raisons bien différentes, SDF ou diamantaires ne goûtent jamais une pleine quiétude : on vient si vite vous déranger quand l’on dort dans la rue ou dans les tunnels presque désaffectés du métro ; on vient si vite vous cambrioler quand vous détenez des diamants chez vous.
Burma bourlingue dans Paris, sous Paris, dans les méandres du métro, et ne se départit jamais de son humour. fait-il équipe avec la commissaire Faroux ? On peut presque dire que oui, même s’il n’est pas tenu de respecter les mêmes règles qu’elle. Ses deux auxiliaires, Kadiatour et Manour, sont en tout cas très précieux et très prévoyants – importants quand on travaille avec quelqu’un comme Burma.
Un roman policier comme je les aime, que j’ai lu sur ma liseuse en deux jours. Une première découverte de la plume de Jacques Saussey, un auteur dont j’avais souvent entendu parler, et jamais lu jusqu’à ce jour.