Archive | 3 juin 2019

Le cas Wycherly de Ross MacDonald

édition Gallmeister – 316 pages

Présentation de l’éditeur :

“Vous dramatisez les choses. Quand des jeunes filles disparaissent, elles ont souvent de bonnes raisons de le faire. Tous les ans, des milliers de jeunes femmes abandonnent leurs familles, leurs écoles…” Pas de quoi s’inquiéter ? Homer Wycherly, riche Californien, n’est pas de cet avis. Voilà deux mois que Phoebe, sa fille unique, a disparu, alors qu’il était à l’étranger. Maintenant qu’il est rentré, il se fait un sang d’encre et s’en remet à Lew Archer pour la retrouver. Sauf qu’il ne lui facilite pas la tâche, car il veut laisser son ex-femme, à la conduite pour le moins bizarre, en dehors de l’affaire. Naturellement, cette exigence ne fait qu’attiser la curiosité d’Archer. Les cadavres commencent à sortir des placards.

Mon avis :

Lew Archer – ou l’élégance faite détective privé. Oui, l’on peut enquêter sur des affaires sordides et garder une distance, de l’humour et un sens de la réparti aiguë. Le récit est un vrai régal à lire, tant l’écriture est recherchée, ne cédant jamais à la facilité.

Lew Archer enquête, comme il en a l’habitude, sur une affaire de famille délicate. Une jeune fille a disparu depuis deux mois, et son père fait appel à Lew. Pourquoi a-t-il attendu deux mois ? Parce qu’il était parti en croisière, le cher et richissime homme, et qu’il ne s’en est pas fait de n’avoir aucune nouvelle de sa fille, qui n’aime pas écrire. Oui, à l’aube des années 60, il existait déjà des jeunes filles qui ne prenaient pas leur plus belle plume pour donner des nouvelles à leur père, qui avait besoin de se ressourcer en partant dans les mers du Sud. Lew Archer y est allé aussi, à la fin de la seconde guerre mondiale, et ne ressent pas vraiment la tentation d’y retourner.

Homer Wycherly, descendant d’une riche famille, a l’habitude de tout régenter, aussi verrouille-t-il étroitement ce que Lew a le droit de faire, de dire, de chercher, ou pas, sans oublier les personnes auxquelles il a le droit de s’adresser. Hors de question qu’il contacte la mère de Phoebe, Catherine, non qu’elle soit trop émotive, ou trop souffrante, mais Homer ne veut plus aucun contact avec son ex-femme. Le divorce a été houleux, plus encore que leurs vingt années de vie commune. Au milieu, leur fille. Attention ! Homer tient à sa fille, il garde espoir – il est simplement passé à côté de beaucoup de choses.

Pas Lew, qui enquête, en allant à l’encontre de ses directives. Homer n’est pas le seul à vouloir lui donner une ligne directrice, Helen, la soeur d’Homer (à croire que leurs parents étaient des lecteurs compulsifs de l’Odyssée) veut également épargner tout le monde, surtout Trevor, son mari, qui considérait Phoebe comme la fille que sa femme et lui n’ont pas eu. Helen a trouvé une explication dans la religion. Celle-ci lui permet de vivre assez sereinement. Tant mieux pour elle. Tant pis pour les autres.

Frère, soeur, couple pour la vie, plus solide que celui qui a été uni par monsieur le maire : ils ne sont pas les seuls à faire front pour le pire dans cette histoire. Prenez Sally et Stanley,le frère oeuvre pour le mari de sa chère soeur, qui ignore l’étendue de leur combine. On n’arrête pas le progrès dès qu’il s’agit de se remplir les poches, on n’hésite pas cependant à employer les méthodes vieilles comme le monde.

Il est question de courage, aussi. Lew, comme à son habitude, ne ménage pas sa peine, paie de sa personne, pour découvrir la vérité qui, vous vous en doutez, n’est pas très jolie. Il en croisera également, des hommes, des femmes, des jeunes femmes, épouses, compagnes, étudiantes, punching ball pour leur compagnon. La vie de couple, officielle ou non, n’est jamais sereine.

Bilan du 5e mois espagnol

Voici le bilan du mois espagnol, catégorie par catégorie.

Merci à toutes pour vos participations ! La moisson fut particulièrement riche et variée, nous avons échangé 45 chroniques.

A l’année prochaine pour un sixième mois espagnol !

Livre :

Leonardo Padura – La transparence du temps par La jument verte.
L’aiguille dans la botte de foin d’Ernesto Mallo  par Sharon.
Sudestada de Juan Saenz Valiente par Sharon.
Astérix – Tome 14 – Astérix en Hispanie : René Goscinny & Albert Uderzo par Belette
Chamane de Leonardo Oyola par Belette
Ayacucho d’Alfredo Pita par Belette
Le Monarque des ombres de Javier Cercas  par Nathalie (Chez Marc & Marcel)
La plage des noyés – Domingo Villar par Valentyne la jument verte
Retourner dans l’obscure vallée : Santiago Gamboa par Belette.
Tant de chiens de Boris Quercia par Sharon
Les amis de Pancho villa : Léonard Chemineau & James Carlos Blake par Belette.
Les fleurs ne saignent pas d’Alexis Ravelo par Belette
Pep Coll, Quatre cercueils : deux noirs et deux blancs par Nathalie (Chez Marc & Marcel)
La forme de l’eau de Guillermo Del Toro et Daniel Kraus par Belette.
Le Gros, le Français et la Souris de Raúl Argemi par Belette (Cannibal lecteur)
Les rues de Santiago de Boris Quercia par Belette (Cannibal Lecteur)
Aux Cinq Rues, Lima de Mario Vargas Llosa par Valentyne, la jument verte
Le plus bel endroit du monde est ici de Francesc Miralles et Care Santos par lectureenfantparent
Le vieux qui lisait des romans d’amour de Luis Sepulveda  par lectureenfantparent
Pandore au Congo d’Albert Sánchez Piñolpar Nathalie (chez Mark et Marcel)
Orcs & Gobelins – Tome 6 – Ayraak : Nicolas Jarry & Jesús Hervàs Millàn par Belette
Patagonia Tchou-Tchou de Raul Argemi par Sharon.
Jack l’Éventreur : José Ortiz & Antonio Segura par Belette, The Cannibal Lecteur
Petites infamies – Carmen Posadas par valentyne, La jument verte
La conspiration des médiocres d’Ernesto Mallo par PatiVore.

Musique :

Le flamenco par Livre d’un jour
Mois espagnol en musique – Nilda Fernandez par Sharon.
Jordi Savall et les folies d’ESpagne par Sharon

Film :

la isla minima d’Albert Rodriguez par Livre d’un jour
Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban de Alfonso Cuarón (2004) par BeletteThe Cannibal Lecteur

Recettes de cuisine :

Albondigas par Syl
Coca aux fraises à l’espagnole par Isabelle
Paella par Syl
Crèmes catalanes par Syl
Riz à l’espagnol par Isabelle
Madalenas par Syl
Salmorejo espagnol par Rosa.

Poésie :

La grande comédie du monde de Léopoldo Maria Panero par Livre d’un jour.
Lune de fête de Frederico Garcia Lorca  par Livre d’un jour.
La poésie d’Antonia Vicens i piconelli par Livre d’un jour

Promenade en Espagne :

Gerone par Nathalie (Chez Marc & Marcel)
Gerone côté nature  par Nathalie (Chez Marc & Marcel)
Gerone – tapisserie de la création par Nathalie (chez Mark et Marcel)

Art :

Murillo, peintre espagnol par Livre d’un jour
Le musée-théâtre Salvador Dalí à Figueres par Nathalie (Chez Marc et Marcel)