L’inconnue de Nantes d’Hervé Huguen

Présentation de l’éditeur :

Une nuit d’hiver au cœur de la banlieue nantaise Milène Estaguy est retrouvée morte au volant de sa voiture dans une rue déserte. Hypothèse banale du triangle amoureux. Entre un mari célèbre et un amant délaissé, la jeune femme était loin de mener l’existence paisible de la quadragénaire tranquille dont elle s’efforçait pourtant d’adopter l’apparence.
Mais nul n’est à l’abri de la folie. L’affaire s’avère en réalité beaucoup plus complexe. Qui était véritablement Milène Estaguy ?
Le commissaire Baron va découvrir que la victime sombrait dans une névrose obsessionnelle. Que s’est-il passé vingt-cinq ans plus tôt, quand le docteur Liberg dont elle portait le nom est décédé dans des conditions dramatiques ? Qui était la femme dont la dépouille avait été rapatriée d’Afrique des années auparavant ? Milène Estaguy voulait savoir qui elle était.

Mon avis :

Hervé Huguen fait partie de ses auteurs que j’aime lire quand cela ne va pas, un de ces auteurs qui possède des qualités du point de vue de l’écriture et du point de vue de la construction de l’intrigue.

Tout paraissait simple, pourtant, dans ces nouvelles enquêtes du commissaire Nazer Baron. D’un côté, nous avons deux retraités morts dans un accident de la route – la faute à pas de chance, au hasard, à une légère consommation d’alcool. Rien qui ne semble nécessiter une enquête, si ce n’est que l’un des morts était aussi un jeune marié, et qu’il laisse à sa jeune veuve un confortable pactole. Il n’en faut pas plus pour faire jaser, et pour ouvrir une enquête, même si rien d’anormal n’a été décelé de prime abord. De l’autre, nous avons une quadragénaire, directrice d’une entreprise d’événementiel qui marchait assez bien, trouvé assassinée à la sortie de son club de gym. Mariée à un auteur célèbre, elle avait un amant qu’elle devait quitter – ce qu’elle s’est bien gardé de faire. Alors, est-ce le mari ou l’amant qui est responsable ?

Tout est trop simple, et chacun s’applique dans l’affaire Estaguy à ne pas tout dire, à l’exception d’une personne que je nommerai le « témoin involontaire », libraire qui vit en face de l’entreprise de la défunte et qui a vu des choses que l’on ne pensait pas qu’il verrait. Comme il n’a rien ni à perdre, ni à gagner, il peut par conséquent tout dire.

Dire. Tout est là. Si les personnes qui savaient avaient dit, maints événements ne seraient pas survenus. L’on peut vouloir garder un secret pour préserver une personne, je peux éventuellement le concevoir, à condition que ce secret ne dure qu’un temps – sachant que le récit se chargera d’illustrer à quel point maintenir un secret peut être nocif et avoir des conséquences dévastatrices. Je comprends encore que l’on garde pour soi un fait important, que l’autre cherche absolument à savoir. C’est jouer avec la vie des gens en s’accordant – moralement – le beau rôle. Après, il faut faire face aux conséquences : vous l’aurez compris, elles sont à nouveau dévastatrices.

L’inconnue de Nantes – chercher à préserver les autres, c’est avant tout chercher à se préserver soi, et certains sont prêts à tout pour cela.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.