Archive | 4 juin 2022

Summit Les Enquêtes de Qaanaaq Adriensen 4 par Mo Malø

Présentation de l’éditeur :

À Nuuk, capitale du Groenland, Qaanaaq Adriensen, le chef de la police locale, mi-Inuit mi-Danois, est chargé d’organiser la première réunion de la Scandinavian Police Association. Les plus grands flics islandais, danois, norvégiens et finlandais se retrouvent à Kangerlussaq, à l’ouest du grand pays blanc, pour sauver le Danemark d’une guerre des gangs qui menace sa stabilité. Mais tout se complique quand l’un d’entre eux disparaît… Malgré la situation, le groupe doit partir en expédition dans l’Inlandsis – une nappe de glace recouvrant la terre ferme et qui peut atteindre plusieurs milliers de mètres d’épaisseur. Mais pendant le voyage, des événements de plus en plus inquiétants se produisent : leurs balises de repérages sont désactivées, ils évitent un accident de justesse, deux autres participants disparaissent à leur tour… Et si quelqu’un cherchait délibérément à provoquer leur perte ? Dans cette atmosphère angoissante, Qaanaaq doit affronter une blessure ancienne, liée à un secret de famille qui vient de refaire surface. Au milieu du blizzard et des blocs de glaces, tous sont désormais coupés du monde : si la faim et le froid n’ont pas raison d’eux, ce pourrait bien être la folie polaire…

Merci aux éditions et à Netgalley pour ce partenariat

Mon avis :

Les fans, dont je fais partie, attendaient avec impatience la sortie de ce tome, et désormais, j’espère bien qu’un tome  verra le jour.
J’ai l’impression que Arne Jacobsen, surnommé la Fourmi, n’en finit pas de trouver des moyens de rendre la vie de plus en plus difficile à Qaanaaq Adriensen. Ce premier séminaire de la Scandinavian Police Association n’aurait pu être qu’un pensum parmi tant d’autres, une perte de temps, alors que ce séminaire est censé les souder pour lutter contre un ennemi commun, les gangs de bikers (oui, même en pays nordiques, on trouve des gangs de bikers). Non, il se double d’activités destinées à souder l’équipe : une expédition dans l’Inlandsis. Cette randonnée (nommons-là ainsi) était pourtant parfaitement balisée, presque touristique avec la présence des inévitables chiens de traineau, dont le récit évoque sans fard les conditions de vie et de mort peu enviables.Seulement, dès le départ, un fait (que je ne révèlerai pas) bouscule le début de cette réunion, les incidents arrivent, les accidents aussi, à moins que cela ne soit pas des accidents.
Ce tome nous parle des tomes précédents, de toutes les épreuves que Qaanaaq Adriensen a traversées, les erreurs qu’il dit avoir commises aussi. Cela fait déjà quatre ans qu’il est en poste, quatre ans qu’il aspire à être véritablement inuit, quatre ans qu’il se demande s’il est véritablement légitime pour ce poste, s’il n’a pas, déjà, mis trop de fois les siens en danger – sa femme, ses enfants, ses collègues. Il a l’impression, cette fois-ci, qu’il a atteint les limites, que, s’il s’en sort, si les siens s’en sortent, il faudra raccrocher. Heureusement, il y a Appu, le fidèle Appu, qui est là pour lui remettre les pieds sur terre – ou sur la glace du Groenland. Appu est, pour moi, le personnage le plus sympathique de cette série de romans, lui, le policier groenlandais, lui qui a tant souffert aussi, et n’oublie pas les autres pour autant.
Qaanaaq Adriensen doit aussi faire face à de nouvelles informations sur sa famille adoptive, comme si les secrets n’avaient jamais fini d’être totalement dévoilés. Relèvera-t-il le défi lancé par Arne Jacobsen ?

Pour l’amour du pho de Loan Le

Présentation de l’éditeur :

Cela fait des années que les Mai et les Nguyễn se livrent une compétition acharnée pour savoir qui détient le meilleur restaurant de phở. À cause de cela, Linh et Bảo se sont toujours évités. Mais même sans se côtoyer, tous deux savent que ce conflit dépasse le cadre d’une simple rivalité entre familles et trouve ses origines dans des blessures plus profondes. Quand par chance, Linh et Bảo se retrouvent à devoir travailler ensemble, ils se rendent immédiatement compte qu’ils peuvent devenir amis… et bien plus. Est-il possible pour eux de vivre leur amour malgré l’histoire et les conflits qui opposent leurs familles ?

Mon avis :
Merci aux éditions Éditions Akata et à Netgalley pour ce partenariat.

Romance ? Ce serait vraiment réducteur de penser que Pour l’amour du Pho n’est que cela, sauf si une romance signifie raconter des histoires d’amour ancrées dans le monde réel. En lisant le roman, l’on peut penser Roméo et Juliette, Linh et Bao feront même allusion à cette célèbre histoire. Source d’inspiration, peut-être. Surtout, Pour l’amour du pho nous plonge dans la culture vietnamienne, et je connais peu de livres qui le font, encore moins des livres young adult.

Pour l’amour du pho est bien une histoire de famille, les Mai et les Nguyễn. Elles ont toutes deux un restaurant, elles travaillent toutes les deux avec acharnement, ne comptant pas leurs heures, non pour exceller dans la restauration, mais pour que leurs enfants ne manquent de rien, ne vivent pas ce que leurs parents ont vécu à leur arrivée aux Etats-Unis. Soucieux de la réussite de leurs enfants, ils tiennent à ce qu’ils fassent des études qui leur permettent de faire un métier stable, sûr, solide. Evie, la fille aînée des Mai, fait des études de biologie. Linh, la cadette, est encouragée à devenir ingénieur. Elle aime peindre, que dis-je, elle est une véritable artiste mais, pour ses parents, ce n’est pas possible, ce n’est pas audible, peintre, artiste, c’est un métier pas assez sûr : la soeur de sa mère est sculptrice, elle est restée au Vietnam, et si elle vit désormais de son art, cela n’a pas toujours été le cas. Un voile opaque recouvre le passé familial, la vie au Vietnam, l’arrivée sur le continent américain. Et les Mai détestent leurs rivaux, les Nguyễn, qui le leur rendent bien. La conséquence est que les deux restaurants ont beau être voisins, les deux familles ne se fréquentent pas du tout, et c’est par hasard que leurs deux enfants vont participer à un projet commun au lycée. Ils vont devenir amis, se confier leurs aspirations – surtout Linh, qui ne peut guère parler de ses désirs artistique à ses parents – et leurs relations va évoluer, lentement mais sûrement. Il faut dire qu’en temps qu’enfants de restaurateur, enfants de vietnamiens immigrés, ils ont beaucoup en commun, beaucoup plus qu’ils ne croient.

Le roman n’est pas manichéen, il n’y a pas de « méchants » parents face à des « gentils » enfants, mais des hommes, des femmes, qui se sont donnés beaucoup de mal pour avoir une situation professionnelle stable, une situation qui leur permet de vivre décemment, d’offrir un avenir à leurs enfants, tout en vivant avec les plaies du passé, plaies encore très vives, pour eux, mais aussi pour ceux qui sont restés au pays. La nourriture est aussi omniprésente, parce qu’il ne s’agit pas seulement de tenir un restaurant, il s’agit vraiment de nourrir ceux qui y viennent, de nourrir ses enfants aussi, de transmettre des recettes familiales – et la recette transmise par la mère est toujours la meilleure.

Il est question aussi de racisme, malheureusement : il existe encore des personnes qui pensent que d’autres n’ont pas le droit de vivre sur le même sol qu’eux, en raison de leur couleur de peau, de leur culture, de leurs origines. Ecrire est un moyen de lutter contre le racisme, ne l’oublions pas.