Archive | 10 juin 2022

Feuilles volantes par Alexandre Clérisse

Présentation de l’éditeur :

Trois personnages à trois époques différentes, avec un point commun : ils racontent des histoires avec des images. Un moine copiste du Moyen Âge invente un récit imagé et un procédé d’impression, un jeune garçon au 20e siècle découvre le pouvoir inouï de la bande dessinée, et sa fille au 21e siècle vit de la création virtuelle. Chacun éprouve les nécessités vitales de la création et doit affronter des dangers et désillusions propres à leurs époques..

Merci aux éditions Dargaud et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

C’est une oeuvre déroutante qui s’offre à nous lecteurs, de par son graphisme et de par sa chronologie. Le graphisme, déjà : le texte est abondant sur certaines planches, ce qui pourrait faire tiquer certains. Les couleurs sont extrêmement vives, presque agressives, comme si le futur était déjà parmi nous. Oui, le futur, parce que la narration nous emmène dans trois époques : le moyen âge, le présent et le 21e siècle (avec salon littéraire sur la Lune en prime). ce sera à nous, lecteurs, de trouver les vrais liens entre les différentes époques.

Raconter avec des images, vaste sujet. Et nous de nous rendre compte que ce mode de récit a toujours existé : les enluminures médiévales étaient des récits en images (tout comme les sculptures des cathédrales, à destination d’un public illettré). Ils étaient faits par des moines qui se devaient de répéter inlassablement toujours les mêmes motifs, les mêmes lettres à la perfection. Aussi, raconter l’histoire de ces moines copistes est intéressant, tout comme est intéressant de voir les réactions, vives, à la naissance de l’imprimerie (je dis « vives » pour ne pas divulgâcher le récit). Au XXIe siècle, la fille de l’auteur se montre elle aussi répétitive, à sa manière, elle doit continuer à écrire les aventures d’un héros crée par son père, et pour lequel elle n’a plus vraiment d’inspiration, elle aspire à autre chose. Et, au milieu, nous avons un dessinateur en herbe, dont les parents considèrent que dessiner n’est pas vraiment un métier d’avenir. L’arrivée d’un nouveau voisin, qui vit de ce métier, les fera un peu évoluer sur leur position – les parents qui ne veulent pas que leur enfant embrasse une carrière artistique est hélas un grand classique. Avec lui, nous plongeons dans sa création, nous suivons les conseils qui lui sont donnés, et nous nous questionnons, aussi, sur la narration, quitte à perdre parfois un peu pied. Il faut se laisser porter par l’histoire.

Feuilles volantes est un récit singulier, à découvrir.