Archive | 8 juin 2022

La bête du Gévaudan de Gilles Milo-Vaceri

Présentation de l’éditeur :

Le commandant Gerfaut est en vacances quand Adriana, son assistante, le prévient qu’un meurtre atroce vient d’être commis en Lozère, dans la famille de Paul, son second adjoint. L’expert des tueurs en série doit élucider un assassinat si horrible que le légiste hésite à se prononcer sur l’origine des blessures. Les gens de la région, soutenus par une association d’éleveurs, accusent déjà les loups et des émeutes sèment la pagaille dans l’enquête. Mais les meurtres se poursuivent ! La population évoque alors le retour de la bête du Gévaudan, cet animal mystérieux qui avait terrorisé la Lozère au XVIIIe siècle. Coincé par la guerre entre éleveurs et défenseurs du loup, faisant les frais des ambitions politiques de certains et confronté à un tueur non identifié que rien ne semble pouvoir arrêter, Gerfaut doit gérer une situation de crise en s’appuyant sur son instinct. La solution se trouverait-elle dans le passé ? Et si la bête du Gévaudan était vraiment de retour ? Le commandant Gerfaut va montrer les crocs et sa morsure sera fatale.

Mon avis :

Livre à lire avec beaucoup de précautions. Et pourtant, je vous assure que je suis fan. Cependant, j’ai commis l’erreur technique de terminer le livre la nuit tombée : ce n’était pas une bonne idée. Oui, ce récit peut faire peur, même à une personne comme moi qui lit beaucoup de romans policiers.

Le commandant Gerfaut est en vacances. Quelle idée ! Il ne faut jamais partir en vacances quand on est policier, soit un crime est commis sur le lieu de vacances, soit l’on est prié de rentrer très vite sur son lieu de travail parce qu’une nouvelle affaire vous appelle. Ici, le commandant Gerfaut ne cherche pas à refuser : une cousine de Paul, son second adjoint, a été assassinée dans des circonstances particulièrement atroces. Malheureusement, elle ne sera que la première victime – d’autres crimes suivront.

Les légendes, les croyances aussi, ont longue vie, et il n’en faut pas plus pour accuser le loup. Peu importe que les études scientifiques aient démontré que le loup ne tue que pour se nourrir – pourquoi s’en prendrait-il à des bipèdes quand il existe tant de proie dans la nature ? Et surtout, pourquoi ne les mangerait-il pas ? S’il manquait aux associations anti-loup un motif pour manifester, il est tout trouver.

Heureusement, nous en sommes plus sous le règne de Louis XV, l’on se préoccupe un peu plus du petit peuple qu’on ne pouvait le faire à l’époque (non, parce que… un loup qui arrache les vêtements de ses victimes féminines et les laissent en état de choc, c’est plus qu’impossible) et que les scientifiques existent pour démontrer qu’un animal ne peut être responsable de ces meurtres. Il faudra pourtant le répéter encore et encore, preuve à l’appui, sans toutefois trop en dire, non seulement pour pouvoir mettre la main sur le tueur, mais aussi par respect pour les victimes, leurs familles. Qui a envie de voir les photos du corps massacré d’un proche dans les journaux, à la télévision ? Personne.

Je me suis laissée emporter par le rythme de l’intrigue, par les péripéties, par cette immersion aussi dans le passé de cette région de France. J’ai aimé aussi, même si cela peut paraître sordide, que l’on distingue bien celui qui est responsable de ces crimes des tueurs en série et des tueurs de masse : oui, l’on peut tuer plusieurs personnes sans être un tueur en série, tout est une question de mobile et de méthodologie. Horrible ? Oui, comme tout ce qui touche au crime.