Les Pèlerins du diable de Frédéric Pons

Présentation de l’éditeur :

Lourdes, début juillet. La saison des pèlerinages bat son plein. Venus du monde entier, les pèlerins affluent devant la grotte des Apparitions.
Les autorités sont en alerte. La vague des attentats djihadistes de 2015 a permis de renforcer la sécurité mais certains policiers s’inquiètent. Alertés par une série de « signaux faibles », ils devinent que le pire reste possible. La suite des évènements va leur donner raison. Trop tard. Rien ne pourra arrêter le cycle infernal qui mettra face à leur destin Fanny, l’ambitieuse lieutenant de police, le placide abbé Maurice, le commandant Cabana ou la jeune hospitalière Manon.
Dans l’ombre, un djihadiste revenu de Syrie a réactivé un réseau de jeunesse. Croyants exaltés ou petits délinquants, ces fanatiques veulent venger la défaite du califat islamiste. Leur projet effrayant n’a qu’un but : ouvrir l’enfer sous les pas des « mécréants ».

Merci aux éditions Calmann Lévy et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Ce ne fut pas une lecture facile. C’est mon premier constat, l’impression dominante après avoir terminé cette lecture, après avoir été éprouvée par certains passages. C’est un livre comme j’aimerai qu’ils ne soient plus nécessaires/loisibles/possibles d’écrire, des livres dont l’intrigue fait partie du champ des possibles, et ce serait tellement mieux si ce n’était pas le cas.

Il est question de personnes ordinaires, que nous pourrions cotoyer tous les jours. Il est question de Manon, qui depuis des années est bénévole à Lourdes, pendant les vacances, ce qui rassure ses parents – Lourdes est une ville nettement plus sûre que Beyrouth. Disons plutôt « nettement plus sécurisée » parce que l’expérience a appris que tout pouvait arriver. Le commandant Cabana est un personnage qui n’entre pas dans les normes des personnages de policiers que j’ai croisés jusqu’ici. Certes, il est célibataire, ne vit que pour son métier, mais il est avant tout croyant, véritablement. Il est aussi prêt à aller jusqu’au bout quand il entreprend quelque chose, surtout s’il a l’impression d’avoir failli, notamment avec la formation de Fanny, jeune lieutenant, devenue policière parce que son père l’était aussi, qu’elle les admirait beaucoup, lui et son travail. Aussi, elle qui a déjà planifié sa carrière tient-elle à finaliser ses enquêtes, même celles qui semblent les plus tristement banales, dans une société où toutes les violences ne sont pas forcément prises en compte. Fanny a vraiment envie d’aller loin.

Mais… nous sommes dans un instantané, un moment de vie. Nous découvrons ceux qui mènent leur vie ordinaire, à Lourdes ou prêts de Lourdes, et de l’autre côté, nous découvrons ceux qui préparent l’attentat. Je dis « instantané » parce qu’il est déjà trop tard pour certains, non pas trop tard parce que la fatalité est là, et qu’ils mourront dans l’attentat, trop tard parce que leur endoctrinement est tellement profondément ancré en eux que rien ne semble pouvoir leur faire changer d’avis. Ni sur leur acte, ni sur les personnes qu’ils visent. Ou comment ne plus voir l’autre, quel qu’il soit, comme un être humain, mais comme un ennemi, même pas un adversaire potentiel, non, un ennemi qu’il faut éradiquer. Là, je ne peux pas dire « j’ai aimé », parce que l’on ne peut pas aimer voir des hommes, des femmes, apprécier de regarder des videos d’exécution, admirer ceux qui ont combattu et tué, ceux qui ont semé la violence par leurs actes, et par leurs paroles. J’aimerai, par contre, que l’on montre le travail que représente de désendoctriner ceux qui l’ont été. Là est le travail pour notre société.

J’aurai pu conclure sur ses mots. Mais je voulais vous parler de l’abbé Maurice, parce que ce qui lui arrive, à lui et à ses paroissiens m’a rappelé un attentat survenu près de chez moi, un attentat qui m’a touché pour des raisons personnelles (et mes proches savent lesquelles). Il nous rappelle à quel point un acte terroriste n’est pas isolé, qu’il s’inscrit dans une histoire de la violence et de ses victimes. Et là, vous me direz que je n’ai toujours pas précisé si ce livre est un bon roman policier ou pas. Je vous répondrai qu’il est avant tout un miroir de notre société actuelle et de la place que l’on donne à chacun.

 

 

11 réflexions sur “Les Pèlerins du diable de Frédéric Pons

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