Archive | 6 septembre 2019

Adventureland – Tome 1 La quête du maître des clés par Jason Lethcoe

Présentation de l’éditeur :

Un grand-père chasseur de trésors, c’est le rêve, non ? Sauf qu’Andy n’a jamais connu son super aventurier de papi. Tout ce qu’il en sait, à vrai dire, c’est ce qu’on a bien voulu lui raconter. Mais tout change le jour où il reçoit une lettre bien mystérieuse de sa part. Et en résolvant l’énigme qu’elle contient, Andy est loin d’imaginer le monde qui s’ouvre à lui. D’ado ordinaire, il devient le gardien d’un trésor inestimable, qu’il doit protéger à tout prix. Sur les traces de son grand-père, le voilà donc embarqué dans une aventure palpitante qui l’emmène à l’autre bout du monde, à la recherche d’une clef qui lui permettra de tenir le trésor loin de ceux qui le convoitent.

Mon avis :

Merci à Netgalley et aux éditions Hachette pour ce partenariat.

Ce livre est un roman d’aventures pour la jeunesse, et c’est peut-être le souci : il est vraiment destiné à un jeune lectorat. Alors, oui, il y trouvera son compte. Le héros, Andy, est jeune, attachant, parfois maladroit. Il s’affirme au fur et à mesure de son aventure. Surtout, il est entouré d’adultes prêts à l’aider au cours de son aventure, adultes qui font partie d’une organisation très bien organisée, nommé la Société, tout simplement, qui ne manque ni de moyens, ni d’originalité, ce qui est plutôt un point positif.

Maintenant… oui, certains points sont originaux. L’action nous fait partir de l’Oregon (qualifié par certains de Normandie des Etats-Unis) à Hawaï, et découvrir certaines légendes. Bien sûr, l’origine de tout ceci est ce grand-père chasseur de trésor, Ned Lostmore. Il a été tellement occupé par ses recherches et par ses trouvailles loufoques qu’il n’a pas vraiment pris le temps de voir son petit-fils. Leur rencontre ? Ce sera par l’intermédiaire d’une lettre, qui sera remise à Andy au cours de l’enterrement de son grand-père – l’expédition de trop ? Andy découvre aussi que son grand-père l’avait fait surveiller au cours de toute ses années pour voir si, contrairement à sa fille, il avait hérité de « l’esprit Lostmore ». Et là, cela a beau être un roman de littérature jeunesse, je coince un peu parce qu’un grand-père, si loufoque soit-il, n’a pas à estimer que son petit-fils est digne d’intérêt – ou pas. Certes, il lui donne confiance en lui en lui donnant mission sur mission, et en lui donnant de nombreux moyens de se protéger, cependant je me demande pourquoi il n’en a pas fait autant avec sa fille, personnage qui sera simplement « sa fille » ou « la mère d’Andy ». Ni description, ni intervention dans le récit, si ce n’est qu’elle laisse son fils partir en expédition. En lisant ceci, j’ai pensé à tous ses lecteurs qui reprochaient au personnage de Fantômette de ne pas avoir de parents – tout comme Tintin ou Mickey, d’ailleurs. Andy a des parents, et ils disparaissent du récit avec une facilité déconcertante.

De même, nous avons d’un côté les gentils, de l’autre les méchants, ou pour être plus littéraire, deux organisations rivales, l’une la Société œuvrant pour le bien, l’autre le Collectif œuvrant pour le mal, ce qui est à nouveau un classique des romans d’aventures. Pas de nuance, pas vraiment de nuances, le méchant étant très méchant, très laid, très doué aussi – enfin presque – et il ne saura pas utiliser à bon escient ce qu’il pourrait découvrir. Il est quand même un personnage qui navigue entre les deux camps : Abigail, fille d’Albert, un des alliés les plus sûrs de Ned Lostmore, a rejoint les rangs du Collectif, pour des raisons assez classiques, je dois dire. Elle aide donc activement le professeur Phink, sans trop se poser de question sur ce qu’il lui demande de faire. La « méchante » est donc un personnage féminin, mais je vous rassure tout de suite, il est aussi des femmes parmi les « gentils », dont une vieille guérisseuse. J’ai envie de dire « heureusement ».

De l’originalité, oui, mais pas forcément assez exploité. Certains points le sont, je pense notamment à l’invention-serviteur-sous-marin de Ned, à savoir Boltonhouse. D’autres le sont moins, comme ses perroquets multicolores, qui apparaissent, ont droit à une scène, et disparaissent tout aussi vite. Même le professeur Phink aurait pu être davantage exploité. Certes, c’est un tome 1, mais il ne me donne pas vraiment envie de découvrir le tome 2.

Si vous cherchez un roman d’aventures bien meilleurs, je vous conseille Dossier Evan Cartier – Tome 2 – Cité secrète par Déborah J. Marrazzu publié chez le même éditeur.

 

 

Médecine 2e année, Amour, coloc et stéthoscope par Fanny Gayral

Présentation de l’éditeur :

Après une année de révisions intenses, Célia vient de réussir le concours de 1re année de médecine. Elle s’installe en coloc avec deux amies et commence un stage à l’hôpital dans un service de chirurgie. Là, elle découvre le travail des aides-soignantes, des infirmières et elle descend au bloc pour la première fois. Quand le chirurgien lui propose un poste d’aide-opératoire, Romain Rodiac, fils d’un professeur réputé de l’hôpital, intervient. Lui aussi est intéressé…

Merci aux éditions Rageot et à Netgalley pour leur confiance.

Mon avis :

Je serai honnête : c’est un livre que je n’aurai pas lu s’il n’avait pas été proposé par Netgalley. Pourquoi ? Parce que j’ai toujours eu, étant enfant, une certitude, jamais je ne ferai médecine, littéraire j’étais, littéraire je suis.

Célia a vu sa vocation se déclencher au tout début de l’adolescence, quand son grand-père est tombé malade puis a succombé à un cancer. Elle et son cousin plus âgé qu’elle ont tous deux choisi de faire médecine à cause de cette confrontation à la maladie – et non pour faire plaisir à leurs parents. Célia est en deuxième année de médecine, et la pression est moindre pour elle, pas de couperet éliminatoire. Il lui faut désormais entrer de plein pied dans l’apprentissage de la médecine, se frotter aux différents protocoles, les soins infirmiers, notamment, mais aussi la communication avec les patients. Le milieu médical est un milieu dont on peut voir l’évolution – ou pas, d’ailleurs, certains restant campés sur leur position, le patient est un « cas », un « numéro », avant d’être un être humain (reproche que j’entends très souvent). Plus que le cours que suit Charlotte pour apprendre à s’adresser à un patient, j’ai vraiment trouvé intéressant, y compris dans mon quotidien, l’introduction de la CNV – communication non violente. Alors, cette pratique peut faire sourire, elle n’est pas facile à mettre en place, pourtant, en lisant, je me suis rendue compte à quel point, malheureusement, son contraire était fréquent, à quel point j’ai été confrontée à des personnes qui n’écoutaient pas (spécial dédicace pour l’infirmière scolaire de mon collège, quand j’étais ado).

Célia a d’immenses qualités : elle veut apprendre, et elle veut être dans la véritable bienveillance. Ses erreurs, qui ne sont pas des erreurs médicales, nous ne sommes pas dans un roman qui donnerait à des étudiants de deuxième année un rôle qui n’est pas le leur, sont avant tout des erreurs de communication, des erreurs humaines, qu’elle a à coeur de corriger, pour devenir une meilleure soignante. Alors, oui, elle a la vie d’une jeune adulte de son âge, avec des ami(e)s, un amoureux (ou pas, d’ailleurs), une famille, et une grand-mère qui, parce qu’elle pratique la CNV, dit véritablement ce qu’elle ressent et ce qu’elle pense, un exercice plus difficile qu’on ne croit.

En effet, on ne devient pas médecin ex-nihilo. On peut vouloir le devenir parce que l’on a vu sa mère, généraliste, se dévouer à ses patients et être heureuse de le faire. On peut aussi le devenir parce qu’on est le fils d’un grand patron qui ne vous laisse que le choix de l’excellence. On peut le devenir parce que vos parents vous poussent à le faire, pour eux avant tout, parce que c’est ce qu’ils attendent de leur enfant, et celui-ci doit faire ce qu’ils exigent. Oui, pour certains parents, il est flatteur d’avoir un enfant médecin, ce qui vous permet d’asseoir votre position sociale, et votre excellence, en tant que parents. Et l’enfant dans tout cela ? Il doit obéir. J’ai presque envie d’ajouter « comme au temps jadis », sauf qu’il est encore des parents de nos (et des magazines, des articles pour parents) qui professent que l’enfant, même s’il est adulte, n’a pas à décider, ce sont ses parents qui doivent tout choisir pour lui. Les résultats, dans le livre, je vous laisse les découvrir. Dans la vie (et je vous parle de mon expérience professionnelle), ils furent catastrophiques pour les enfants. Fort heureusement, il est des enfants qui savent dire leur choix, soit parce qu’ils sont soutenus par leurs parents, soit parce qu’ils savent se libérer de leur tutelle affective. Etre étudiant (en médecin ou dans une autre discipline) n’est déjà pas facile, alors s’il faut avancer seul, il faut vraiment une bonne dose de courage et de connaissance de soi-même.

Médecine 2e année, Amour, coloc et stéthoscope est une tranche de vie, de celles des étudiants et de celles des patients qu’ils rencontrent au cours de ces quelques mois. Un livre qui intéressera sûrement les adolescents qui souhaitent exercer une profession médicale. Et de se rappeler qu’être vivant, c’est faire le métier que l’on veut vraiment.