Archive | 11 septembre 2019

Sherlock, Lupin et moi – tome 7 : l’énigme du cobra royal par Irène Adler

édition Albin Michel jeunesse – 252 pages.

Présentation de l’éditeur :

Irène rentre à Londres avec son père, où elle retrouve avec joie Sherlock et Arsène. Mais un évènement vient aussitôt perturber les retrouvailles : Horatio, le majordome de la famille Adler, a disparu ! Plus étrange encore, il a laissé une note avec quelques mots griffonnés. Convaincue que quelque chose se trame et que la note peut être un indice, Irène en appelle à l’aide de ses amis pour enquêter. Au fil de leurs recherches, ils parviennent aux Docks de Londres, où un mystérieux crime a été commis. Les trois acolytes se trouvent alors confrontés à une véritable énigme, qui les plongera dans l’histoire des colonies britanniques en Inde.

Mon avis : 

C’est un projet : rédiger cet avis, sans note, sans feuilleter le livre, alors que je l’ai acheté hier, et lu juste après avoir terminé Chatapouf, espion du Maharadjah – n’en déplaise à certains, je ne peux séparer mes lectures les unes des autres, ignorer ce que je viens de lire ou faire des longues pauses entre deux écritures. J’ai failli aussi revenir en arrière, effacer ce que je venais d’écrire, mais zut ! je poursuis.

J’ai terminé ce livre avec une impression d’amertume, la dernière page, les dernières lignes pour être plus précises, n’annoncent pas des lendemains qui chantent pour nos trois héros. C’est fatal, ai-je envie de préciser, l’on sait très bien que Sherlock, Arsène et Irène ne peuvent rester amis, il reste juste à savoir comment cette amitié qui semble pourtant solide finira par se briser.

Ce septième volume montre la famille Adler s’établir définitivement à Londres. Après la mort de Geneviève Adler (oui, je spoile la fin du tome 6), Léopold Adler n’a plus le courage de vivre en France, lui, sa fille, Horatio leur fidèle domestique, et une gouvernante emménage dans le logement qu’ils ont précédemment loué. Hélas ! Horatio leur fait rapidement faux bond, et Irène de se lancer à leur recherche : Horatio l’a toujours sorti de tous les mauvais pas possibles et imaginables, s’il les quitte aujourd’hui, c’est qu’une raison plus impérieuse en a décidé ainsi. Oui, elle le retrouve très vite, elle retrouve aussi très vite Sherlock et Arsène.

Je ne sais pas encore si ce livre est un tournant dans l’oeuvre. Je dirai simplement que l’on voit Arsène perfectionner son art, et Sherlock a beau, parfois, s’humaniser, surtout en présence de sa petite soeur, il n’en reste pas moins le (futur) brillant détective, que ne se laisse pas dicter sa conduite par ses émotions, préférant raisonner que de se fier à ce qu’on appelle instinct ou intuition.

Et il en faut, pour cette enquête qui reste une enquête tirée d’un roman de littérature jeunesse. Je ne dis pas qu’elle n’est pas bien construite, je ne dis pas que les enjeux ne sont pas importants, je ne dis pas non plus que les problèmes de ce monde qui n’est plus ne sont pas évoqués : il ne s’agit pas moins de prouver l’innocence d’un homme de mérite, le capitaine Hirst, d’empêcher un attentat, de parler de la situation de l’Inde, alors membre de l’empire britannique. Je dis simplement qu’Irène, et avec elle Sherlock et Arsène restent les personnages principaux, et que les personnages secondaires, ceux-là même qui ont conçu, noué, et exécuté cette intrigue tragique auraient mérité d’avoir une plus grande place dans le roman. Si leur mobile est clair, en revanche certaines circonstances auraient mérité d’être davantage développées. Je suis la première à dire qu’il ne faut pas rédiger une critique en pensant à ce que l’auteur aurait pu écrire. Je ne puis cependant m’empêcher de penser que l’approche « jeunesse », le fait que le livre s’inscrive dans une série, a empêché le déploiement de certains points du récit. Je me trompe peut-être, cependant je me suis davantage attachée à deux des personnages secondaires, pour ne pas dire un personnage tertiaire, qu’à Irène, ce qui est tout de même un comble. Elle hésite, elle hésite, elle ne sait pas quelle orientation donner à sa vie, et c’est presque normal, puisqu’elle n’a que treize ans. Il est cependant question qu’elle reprenne les cours de chant… Il est aussi question de l’Inde, qui occupe une place importante dans l’une des toutes premières enquêtes de Sherlock Holmes, Le signe des quatre. Et ce n’est pas que cette intrigue montre que Sherlock peut se tromper, mais qu’il est nécessaire de ne pas se laisser influencer par l’actualité et être bien attentif à tous les indices. d’ailleurs, est-ce vraiment se tromper que de changer de direction, et de repartir sur la bonne voie ? Non.

L’énigme du cobra royal fut une lecture aussi plaisante que les précédentes, j’attends maintenant de lire ce que donneront les prochains tomes.