Archive | 9 septembre 2019

La prime de Janet Evanovich

Edition Pocket – 320 pages

Présentation de l’éditeur :

Depuis qu’elle n’a plus de boulot, Stéphanie Plum est ouverte à toutes les propositions pour faire passer son compte en banque du rouge cramoisi au rose bonbon. Et ça tombe bien : son cousin Vinnie lui propose un job, et pas n’importe lequel… chasseuse de primes ! Sa première mission : retrouver un certain Joe Morelli, un ex-flic dont le nom lui dit vaguement quelque chose…

Mon avis :

Je commencerai tout de suite par le point que certains vont qualifier de négatif : ce livre est un mélange entre littérature policière pure et dure, et chick-litt. Voilà, ça y est, c’est dit, donc si vous aimez seulement les romans policiers, vous pouvez passer votre chemin sans problème. Sachez seulement que je n’ai pas lu ce roman pour son aspect policier, mais pour son aspect léger, divertissant, drôle. Un livre facile à lire, n’étaient les aventures rocambolesques de l’héroïne.

Stéphanie, effectivement, est dans la mouise jusqu’au cou, voire plus. Sa situation est tellement désespérée qu’elle demande un travail, quel qu’il puisse être, à son cousin Vinnie – la fin du monde est proche. Ce n’est pas exactement le travail auquel elle songeait au début, mais elle saute sur l’occasion : elle sera chasseuse de prime ! Il faut dire que son premier « contrat » est alléchant, retrouver Joe Morelli, policier rechercher pour meurtre. Un bel homme, ce qui ne gâte rien, certaines filles lui auraient bien mordu les fesses, et tant pis pour l’accusation de cannibalisme ! Stéphanie a quant à elle des souvenirs bien particuliers avec Joe, mélange de pain au lait, et du jour fatal où elle lui a foncé dessus en voiture.

Ah, les voitures, toute une histoire, surtout dans le New Jersey. Oui, le livre tout entier semble un hymne au New Jersey, ou plutôt, un rappel du fait que cet état américain a vraiment ses particularités. Entre le poisson qui lui dans la nuit, la tête de  Delco que l’on apprend à retirer très tôt pour être sûr de retrouver sa voiture le lendemain, et le fait qu’on n’aime pas trop que l’on tire sur un homme désarmé dans cet état, on est servi ! J’ajoute que Stéphanie est très entourée par sa famille. Très soutenue aussi : sa grand-mère a une façon très particulière d’accommoder le poulet. Il n’y a pas de lien de cause à effet, mais Stéphanie adore la cuisine de sa maman, et ne demande qu’une chose, au milieu de tous les événements sanglants qu’elle affronte : en profiter !

Alors oui, cette chasseuse de prime, on l’aime surtout pour les situations cocasses dans lesquelles elle est capable de se mettre, mais pas forcément de se sortir toute seule. Puis, il n’est pas que des situations cocasses, malheureusement pour Stéphanie, et pour les autres femmes. Le roman date de 1994, et oui, cela a son importance. On était bien loin de parler des violences faites aux femmes comme on en parle aujourd’hui – et même aujourd’hui, il est encore énormément de progrès à faire. Alors oui, déjà à l’époque, le policier le répète, il faut porter plainte, ne surtout pas hésiter, parce que c’est la seule manière d’empêcher les hommes violents de nuire, ces hommes à qui on a appris qu’ils avaient tous les droits sur les femmes. Ne nous leurrons pas : s’en sortir seule est très difficile. Disons que Stéphanie a pu être aidée et bien entraînée.

Un roman pas révolutionnaire, mais qui sous des dehors comiques, nous interrogent sur la place des femmes, de toutes les femmes, dans notre société.

Chatapouf, espion du Maharadjah de Pascal Brissy

Présentation de l’éditeur :

Je m’appelle CHATAPOUF et je suis un chat précieux : on m’a offert au MAHARADJAH ! Moi qui pensais enfin mener une vie de pacha, je découvre que mon collier cache un micro. Me voilà ESPION du roi malgré moi ! Si je veux sauver ma peau et ma réputation, c’est à moi seul de coincer les malfrats !

Mon avis :

Oui, je sais, je commence par le plus simple : la couverture est magnifique et illustre parfaitement l’intrigue. Je ne m’arrêterai pas là, vous vous en doutez bien, et vous parlerai de ce superbe animal, j’ai nommé Chatapouf, qui a été offert en cadeau au maharadjah. Je ne suis pas certaine qu’il l’apprécie à sa juste valeur, valeur qui est d’ailleurs démesurée, tant Chatapouf est, disons le mot, imbu de lui-même. Pardon, je voulais dire « sûr de lui et rempli de confiance en soi », ce qui est extrêmement important dans un pays où les chats ne sont pas vraiment dans le top ten des animaux favoris. Pourtant, en Inde, les animaux sont sacrés ! Oui, mais les chats, un peu moins que les autres.
Chatapouf a pourtant bien de la chance, il mange des croquettes à volonté (et même sans aucune volonté), il a des serviteurs, en la personne des deux enfants de l’ambassadeur de France, Maxence et Amandine. Malencontreusement, le maharadjah a aussi quatre dobermans, par forcément très futés, et Chatapouf sait parfaitement jouer avec eux – à croire que ces quatre spécimens oublient jour après jour les tours que le chat leur a joués.
Tout allait pourtant relativement bien, jusqu’à ce que Chatapouf soit enlevé. Non, on n’a pas demandé de rançon. Non, on ne s’est pas livré à des actes de torture sur lui. Non, on ne l’a même pas conduit chez le vétérinaire pour subir diverses piqûres. Certes, il a un peu été endormi, mais « simplement » pour lui mettre un collier avec un micro dedans, preuve, s’il en est, que ceux qui ont agi ainsi ne sont pas des familiers de cette charmante bestiole. Note : Amy était capable de défaire un collier en moins de dix minutes…
Je vous le demande un peu, qui peut vouloir espionner le maharadjah ? Non, parce que l’on se doute bien que ce n’est pas pour entendre les confidences des enfants de l’ambassadeur qu’on a pris de tels risques ! Commencent alors pour Chatapouf, qui nous raconte son histoire, une succession d’aventures à donner envie à tout félin normalement constitué de rester accrocher à son coussin favori et à ne surtout, surtout tenter aucune sortie dans ce monde extérieur à la fois chargé de dangers et remplis de nouveaux amis. Il est vrai que certains animaux croisés par Chatapouf ne sont pas vraiment volontaires pour lui prêter patte forte, ce qui est quand même un comble. Si l’on ne peut pas se soutenir entre espèces, où va-t-on ? Et bien droit dans les jardins du palais !
Vif, drôle, mouvement, ce roman nous rappelle qu’il ne faut surtout pas se fier aux apparences – ni couper ses griffes aux chats !