Archive | 19 septembre 2019

Piquette à la roquette de Danielle Thiéry

Présentation de l’éditeur :

Un ancien taulard qui prétend rechercher sa petite-fille disparue, la réapparition d’une ancienne maîtresse, morte depuis trois ans, amènent Burma dans le bouillonnant 11ème arrondissement de Paris.
De la Roquette à la Bastille, le quartier des Apaches et des bistrots pris pour cible par les fous de Dieu.
Celui aussi des tatoueurs, piqueurs en tout genre qui font des corps un terrain de jeux dangereux.
Parce qu’on ne le provoque pas impunément, le détective de choc va plonger dans les tréfonds nauséabonds, au fond des caves où se planque le diable !

Mon avis :

J’ai bien sûr commencé cette lecture avec un préjugé : j’aime Nestor Burma, j’aime les romans de Danielle Thiéry qui ne m’ont jamais déçue. Je pensais donc passer un bon moment de lecture, et je ne me suis pas trompée. J’ai à la fois retrouvé Burma et le style de l’autrice. Mais, pour tous ceux qui ne connaîtraient ni l’un ni l’autre, plongeons nous dans cette intrigue.
Elle est sombre, très sombre, et commence pourtant comme presque toutes les enquêtes : un client se présente parce qu’il souhaite que Nestor Burma retrouve sa petite-fille disparue. Le souci est que le client ne dit pas tout, pour ne pas dire qu’il ne confie presque rien, avant d’être retrouvé assassiné. Y a-t-il un lien entre sa mort et la disparition de celle de sa petite-fille, ou prétendue telle ? Je ne dirai pas « à vous de voir », je vous dirai que les coïncidences ne peuvent pas passer inaperçu aux yeux de Burma, qui a eu aussi fort à faire avec Mansour, son acolyte spécialisé dans la traque sur internet. Note : Burma ne se privera pas pour rendre au jeune homme la monnaie de sa pièce, en tout bien, tout honneur, sans douleur, sauf pour son ego. Il aura aussi fort à faire pour Kardiatou, sa très efficace secrétaire, qui ne manque pas d’esprit d’initiative. Ne jamais douter de ses collaborateurs, une évidence pour Burma.
Malgré son humour, Nestor se retrouve confronté à une enquête des plus sombres, désespérantes, montrant tout ce que l’homme est capable de faire à autrui, et pas en bien. L’imagination semble ne pas avoir de limites, les ressources pour faire du mal non plus. Il faut toute la persévérance de Burma, le fait qu’il ne recule devant rien lui non plus pour venir à bout de cette enquête.
Autre élément important : le passé de Burma, celui dont il n’a pas envie de parler, parce que le passé est mort, enterré, et pourtant, Burma ne divague pas, il « voit » son ancien amour, morte depuis trois ans. Pourquoi ? Burma ne devient pas fou, l’intrigue ne s’égare pas non plus dans des méandres irréalistes, il s’agit de se dire que rien ne peut rester inachevé.