L’ange du Bronx de Ed Dee

Présentation de l’éditeur :

Une tempête de neige fait rage lorsque Anthony Ryan, chef du bureau des inspecteurs du NYPD), découvre avec son collègue Joe Gregory le cadavre d’un flic assassiné. Celui-ci, Marc Ross de son nom a été égorgé et gît la tête sur le volant d’une BMW, le pantalon baissé sur les genoux… Que faisait-il donc à 4 heures du matin dans un des coins les plus dangereux du Bronx ? Car, on le sait, il n’était pas de service. Aurait-il embarqué une prostituée qui aurait décidé (mais pourquoi ?) de lui faire la peau au lieu de la gâterie que peut-être il lui avait demandée ? D’après certains, une dame en gants blancs et robe rouge aurait été vue en train de rôder près du véhicule. Sauf que rien n’a été dérobé à Marc Ross et que celui-ci n’était apparemment pas un « ripoux»…

Mon avis :

Vous souvenez-vous des séries télévisées américaines des années 90 ? Je ne parle pas de celle qui ont commencé en 1999, non, je parle de celles qui ont vu le jour au début des années 90. Pourtant, certaines sont toujours sur nos écrans, comme New York Police judiciaire – en France, c’est Julie Lescaut qui a vu le jour ces années-là. Non, je ne me livrerai pas à une comparaison franco-américaine, je dirai simplement que les séries américaines de ces années-là furent balayées en l’an 2000 par la création des Experts.

De même, qui se souvient des auteurs de romans policiers des années 90 ? Il faut dire qu’à l’époque, entre fin du lycée et étude de lettres modernes, j’avais peu le temps de lire autre chose que mes (nombreux) livres de cours. J’ai déniché ce roman dans une vente à la bibliothèque, et avec lui, me voici plongé dans le New York des années 90, le Manhattan d’avant le 11 septembre. Un Manhattan dont les policiers sont jugés différemment par leurs collègues des quatre autres districts, leur travail serait en effet moins difficile. Un Manhattan où l’antisémitisme se cache à peine – un de ses co-équipiers admet avoir « oublié » que Mark Ross (ex Rosenberg) était juif. Un Manhattan où l’on tolère les garçons « sensibles » qui se travestissent.

Nous avons bien sûr un duo de policiers, Anthony Ryan et Joseph « Joe » Gregory, duo qui se reconstitue des années après leur séparation, un peu comme des musiciens qui se décident à remonter sur scène ensemble, si ce n’est que la femme de Ryan ne voit pas ce duo d’un bon oeil. Pour elle, les années que son mari a passé à patrouiller avec Gregory, ce sont les années pendant lesquelles il était alcoolique, prenant un verre, puis encore un verre en retour de mission, parce qu’il voulait rester avec des personnes qui pouvaient comprendre ce qu’il ressentait, parce qu’il ne se voyait pas rentrer chez lui avec tout ce qu’il a vu au cours de sa journée de travail. Il est question aussi du diabète de sa femme – une maladie dont on parle peu, dont les célébrités qui en sont atteintes font rarement mention, comme si cette maladie qui touche tant de personnes était honteuse – maladie qu’elle est parvenue à stabiliser grâce au sport.

Nous avons aussi, et surtout un tueur de flic, qui s’en prend à un policier, puis à deux. Tueur ou tueuse ? Difficile à dire. Anthony Ryan, en tout cas, n’a pas de préjuger, pour lui, il n’existe pas d’armes « de femme » ou « d’homme », rappelant qu’il faut une certaine force, mais aussi une certaine dose de courage pour poignarder quelqu’un. Lui et Gregory n’en finissent pas d’arpenter la ville, d’interroger les prostituées, de chercher les dealers, plus ou moins gros poissons, de rencontrer des SDF parfois bien connus de leurs services. Le monde de la nuit et le monde de la rue se télescopent souvent. Je pourrai utiliser l’expression usée « ils forment une grande famille » mais effectivement, la famille est au coeur de ce polar. Ryan doit aller au mariage de sa fille Margareth – le troisième à trente ans – et cette enquête est un prétexte en or pour penser à autre chose qu’à se rendre dans le Delaware. Angel, le troublant travesti, vit chez sa mère et garde parfois les enfants de sa voisine Tina. Elle-même n’a plus aucune relation avec son père, un notable bien connu de la ville.

Polar à l’ancienne ? Oui et non. Il nous parle surtout d’un temps qui est aujourd’hui révolu.

 

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