Archive | 2 juin 2017

Une brève histoire du tracteur en Ukraine de Marina Lewycka

Présentation de l’éditeur : 

Quand leur père Nikolaï, veuf depuis peu, leur annonce qu’il compte se remarier avec Valentina, Vera et Nadezhda comprennent qu’il va leur falloir oublier leurs vieilles rivalités pour voler à son secours. Car Valentina a cinquante ans de moins que lui, des ogives nucléaires en guise de poitrine, et un certain penchant pour les plats surgelés! Mais surtout, elle est prête à tout pour assouvir sa quête du luxe à l’occidentale. Tandis que Nikolaï poursuit tant bien que mal son chef-d’oeuvre – une grande histoire du tracteur et de son rôle dans le progrès de l’humanité – les deux soeurs passent à l’action. Commence alors une bataille épique pour déloger l’intruse aux dessous de satin vert, sur fond de secrets de famille.

Mon avis :

Un homme, d’origine ukrainienne, veuf, octogénaire, se remarie avec une très belle immigrée ukrainienne qui va faire de sa vie un enfer. Ses deux filles vont essayer de le dépatouiller de ce mariage qu’il a choisi pour de mauvaises raisons. Dit ainsi, cela ressemble à un vaudeville, si ce n’est que l’entente n’est pas au beau fixe entre les deux soeurs depuis la mort de leur mère et le partage de son héritage. L’une des soeurs (la plus jeune) a une fille, l’aînée en a deux, et ceci explique cela – même si les cousines s’entendent très bien !

Nikolaï a beau être maltraité par Valentina, et pas qu’un peu, le ton n’est pourtant pas tragique puisqu’il accepte de cette femme, de son fils, des choses qu’il n’aurait pas accepté, et n’a pas accepté du tout d’ailleurs, de sa première femme et de leurs filles.

Puis, le roman se fait poignant quand nous découvrons la jeunesse de cette homme, ce que lui, sa première femme et sa fille aînée ont vécu en Ukraine, ce que la cadette, née après, n’a pas connu. Il se dessine alors une autre histoire, entre l’Ukraine du passé, et l’Ukraine contemporaine, qui n’est pas vraiment une terre joyeuse et tranquille. Et l’on peut se demander aussi quelle vision nous donnons de l’Europe, puisque Valentina ne voit le bonheur que dans la (sur)consommation et la facilité. J’ai vraiment du mal à ressentir ne serait-ce qu’un peu de compassion pour elle : elle n’a pas réellement été dupée, elle profite de tous les avantages de sa situation, n’est pas à un mensonge ou un mépris près. Oui, elle a vécu des événements durs, elle souhaite le meilleur pour son fils mais elle ne sait pas profiter de ce qu’elle possède – puisque posséder est la seule chose qui l’intéresse.

Quant à Vera et Nadezhda, elles feront la paix, d’une certaine façon. Et Nadezhda comprendra la signification de son prénom, et la chance que cette « enfant de la paix » a eu.

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