Archive | 17 juin 2017

Les deux coups de minuit de Samuel Sutra

Présentation de l’éditeur :

Les coups de Tonton ? Un sans-faute, toujours ! Enfin, presque toujours… On n’ira pas jusqu’à dire que cette fois-ci, il y a eu une exception, mais il faut avouer qu’au lendemain de ce coup fumant dans un palace parisien, il y a comme du jeu dans la mécanique du baron de la truande. En effet, alors que le boss se réveille d’une soirée bien arrosée, il découvre sa maison totalement retournée. Plus rien n’est à sa place hormis le papier peint sur les murs. Mais que s’est-il passé ? Son équipe fait une drôle de mine, deux membres sont absents, et pire que tout : le fric récupéré la veille a disparu ! Il suffirait pourtant de poser les bonnes questions à cet inconnu vautré sur le divan, qui doit tout savoir de ce qui s’est passé durant la nuit. Mais Tonton a beau insister, l’invité surprise refuse obstinément de répondre. Il faut dire que les cadavres sont rarement bavards…

Mon avis : 

Il m’est toujours difficile d’écrire un avis sur un roman de Samuel Sutra – pas facile de faire aussi bien, de donner envie de le le lire sans trop en dévoiler.

Disons que cette fois-ci, tout s’est bien terminé, ce qui ne change guère des habitudes de Tonton et des siens, n’est-ce pas ? Sauf que là, après que le coup est accompli et que l’on peut fêter sa réussite tranquillement, joyeusement, festivement, vient la gueule de bois, et non des moindres : non seulement le butin a disparu, mais un cadavre est apparu. Tonton prend très mal les choses :

– Caner dans mon salon ! Sans se présenter ! s’emporta Tonton. Non, mais ce mec mériterait que je le ranime pour l’achever, tiens !

La colère de Tonton ne sera pas terrible, non, elle ne sera pas dévastatrice, non, elle sera à la mesure des désagréments qu’il a subis. Je ne vous en dresserai pas la liste, puisqu’il faut d’abord que Tonton et son équipe reconstituent ce qui s’est passé entre le casse, réussi, et le moment où ils se sont réveillés, après, semble-t-il, le passage d’Attila lui-même vu l’état de désordre régnant dans la maison. Et c’est pile au moment où l’on aurait besoin de Donatienne, femme de ménage officielle que sa disparition est constatée. Ce n’est pas la peine de dire que le petit personnel, ce n’est plus ce que c’était, nous sommes déjà au courant, mais comme c’est elle qui a mis Tonton sur le coup…

Tout sera examiné, réexaminer, passer au crible pour tout dire, pire qu’une enquête de police pour déterminer le ou les responsables. Filatures, interrogatoires, visionnage de video, oui nos as du cambriolage s’acharne, au service secret de la vérité. Et je peux vous dire que celle-ci dépasse l’imagination, même pour des personnes aussi hors-normes que Tonton et sa bande. Un seul commentaire : copier, ce n’est pas joli-joli, surtout quand on ne dispose pas, dans sa bande, de membres aussi brillants, aussi inimitables que Gérard et son neveu Pierre.

Une seule conclusion s’impose : si vous ne connaissez pas les six volumes des aventures de Tonton et sa bande, n’hésitez pas à les découvrir !

Karst de David Humbert

Présentation de l’éditeur :

Trop curieux, trop honnête. Pour le lieutenant Paul Kubler, la sanction est un aller simple Paris-Rouen, avec affectation dans un commissariat de quartier de la cité normande, sa ville natale. Les premiers dossiers n’ont pas de quoi faire vibrer cet ex du quai des Orfèvres: promeneurs agressés dans les bois, ouvriers en colère pour cause de plan social? Mais un matin, les robinets des Rouennais commencent à crachoter de l’eau en Technicolor. Rose pâle, puis vert fluo. Quelqu’un pollue les sources. Du ministère de la Santé à la préfecture, on met la pression: il faut éviter l’affolement des usagers et stopper la crise. À cent à l’heure sur sa vieille Honda ou suspendu en spéléo au coeur des grottes, Kubler doit à tout prix découvrir le secret des profondeurs de la craie, le secret du karst.

Mon avis :

Si vous aimez les romans policiers et la ville de Rouen, ce livre est fait pour vous ! Si vous ne connaissez pas Rouen, il est fait pour vous aussi : la ville est très bien décrite, son journal local aussi. Bref, l’auteur connaît son affaire – j’ai parfois été suffisamment agacée par des descriptions erronées pour le signaler.
Rouen n’est pas une ville que découvre Paul Kubler, l’enquêteur de ce livre. C’est même un retour pour lui, après avoir pourtant « réussi » à Paris. Trop honnête, trop envie de faire éclater des vérités que certains n’avaient pas envie d’entendre. Donc, direction Rouen, et des policiers qui n’ont pas vraiment envie de découvrir ce « nouveau ».
Il faut dire que tout est calme, ou presque, et ses premières missions semblent plutôt de la routine, comme la surveillance d’une manifestation. Cette dernière est malheureusement ancrée dans l’air du temps, entre plan de redressement et fermeture programmée. Même la coloration de l’eau passe presque inaperçue – une erreur, cela arrive. Deux, cela fait beaucoup – trop. Que cherche donc le ou les personnes qui se livrent à ces « plaisanteries » ?
Oui, Paul Kubler est amené à mener une enquête minutieuse, en respectant les procédures. Il est possible d’écrire un roman policier solide et sérieux sans pour autant assommer le lecteur avec des pages et des pages d’explications indigestes. Il est possible aussi de parler des eaux, de la craie, du karst, des domaines qui ne semblent pas vraiment séduisants de prime abord sans être ennuyeux ou dogmatiques : il est toujours utile d’avoir un personnage sympathique, qui n’y connaît pas grand chose mais se montre de bonne volonté pour apprendre, auquel le lecteur peut s’identifier – le lieutenant Paul Kubler, bien entendu.
Il est un personnage réellement attachant, jusque dans sa vie personnelle qui ne déborde pas sur l’enquête. Il en a une, j’ai envie de dire « heureusement » – rien n’oblige les policiers à ne penser à leurs enquêtes constamment. Il a une famille, des amis, des connaissances, bref, une vie sociale – un personnage qui donne envie de le suivre.
En effet, Karst est un premier roman. J’espère que David Humbert en écrira d’autres.