Archive | 23 juin 2017

Les aventures des petites chipies de Romoreau

Mon avis:

J’avais cinq ans quand je lisais ces livres – et croyez-moi, en 1983, trouver des livres qui sortent de l’ordinaire quand on vit à Pétaouchnok tenait du prodige (et en a tenu encore longtemps).
Qui sont-elles, ces petites chipies, terme à prendre au sens affectueux bien entendu ? Elles sont cinq, que nous découvrons dès la première planche : Brigitte, Zézette, Laurence, Véronique et Corinne. Ces deux dernières sont les moins fréquemment représentées, les deux vedettes, à mes yeux, sont véritablement Brigitte et Zézette, Laurence, celle qui a les cheveux attachés et porte des pantalons, représente finalement la médiane entre deux binômes.
Nous sommes dans un univers très différent de celui d’aujourd’hui, et j’aimerai le faire découvrir à nos jeunes ados. Les filles portent des robes, cousent avec plus ou moins de bonheur, cuisinent, gardent leur petit frère, leur petit cousin, s’entraînent à la gym – Nadia Comaneci est l’idole de toute une génération. Elles vont parfois à la bibliothèque – mais préfèrent les BD. Elles vivent en ville, certes, mais la campagne n’est pas très loin.
Les couleurs sont tendres, le graphisme est doux. Aucune bêtise n’est véritablement grave, il ne s’agit jamais de mal faire – simplement, de montrer que l’entente entre camarade de classe n’est pas toujours facile. Et si l’on choisit ses amies, on ne choisit pas ses cousins fans de promenade à la campagne, on n’a pas toujours envie de partager, ce qui ne fait pas d’elles des monstres d’égoïsme, mais des enfants ordinaires.
A relire, à découvrir et à partager.

L’or des fous de Rob Schultheis

Présentation de l’éditeur :

En 1973, Rob Schultheis retire ses maigres économies de la banque et prend la route de l’Ouest au volant de son minibus Volkswagen. Il débarque à Telluride, dans le Colorado. À l’époque, Telluride n’est qu’une petite ville minière coupée du monde, où vivent quelques familles isolées et où rôdent encore loups et grizzlys ; le genre d’endroit où l’on vous passe à tabac si vos cheveux sont trop longs. Trente ans plus tard, elle est devenue une destination de villégiature pour les riches skieurs du monde entier. Le rêve américain s’exprime ici dans toute sa folie, du médecin local qui chasse les ovnis à bord de son Cessna à la magie sinistre des fantômes qui peuplent le désert indien. Avec un style tout aussi indomptable que son sujet, L’Or des fous entraîne le lecteur à travers un voyage inoubliable et lui fait entrevoir le visage changeant et méconnu de l’Ouest américain.

Mon avis :

Presque six mois que je n’avais pas chroniqué un roman des éditions Gallmeister ! Je n’avais pourtant pas arrêté d’en lire, il me fallait simplement passer le cap de l’écrit.
Folie est vraiment le terme qui convient pour décrire ce livre et les chapitres qui les composent. Et s’il faut parler de réaliste et d’autobiographie, et bien cette écriture pourrait vraiment être le témoignage des deux, sans oublier la lucidité face à ce qu’est devenu ce petit coin du Colorado.
Inclassable ? Aussi. Parce que ce livre nous parle autant du passé que du présent. Il m’a fait penser aussi aux oeuvres d’Edward Abbey – ceux qui aiment l’un doivent nécessairement connaître les textes de l’autre.
Je terminerai par une spéciale dédicace pour les castors – qui ne se reconnaîtront pas.