Archive | 16 février 2014

Le dernier Nabab de Francis Scott Fitzgerald

le-dernier-nababédition Folio – 246 pages.

Présentation de l’éditeur :

Juillet 1935, tremblement de terre en Californie, les studios d’Hollywood sont inondés. Le jeune producteur prodige Monroe Stahr assiste au sauvetage de deux promeneuses égarées. L’une d’elles ressemble étrangement à son épouse disparue, la star Minna Davis. Puis le travail reprend avec les scénaristes, les acteurs, les réalisateurs, dans un climat de passion, d’extrêmes tensions. Amoureux fou de son métier et du milieu sur lequel il règne en despote, Monroe Stahr l’est aussi de cette femme aperçue le jour de l’inondation, l’insaisissable Kathleen. Il cherche à la revoir, puis à la séduire, dans l’espoir de vivre avec elle le bonheur qui lui a échappé avec Minna.

f-scott-fitzgerald-an-american-icon-1Mon avis :

Après avoir refermé ce livre, je n’ai qu’un regret : que l’auteur n’ait pu le finir. Même s’il nous reste ses plans, ses ébauches, preuve s’il en est que Fitzgerald savait pertinemment où il voulait en venir, il manquera toujours the director’s cut, pour employer le champ lexical du cinéma. Aurait-il modifié le début de son roman, permettant ainsi au lecteur de connaître dans quelles circonstances Cecilia raconte son histoire ? Aurait-il bouleversé le dénouement prévu ?
Fitzgerald connaissait bien le milieu du cinéma, il n’a pas eu besoin de se documenter laborieusement. Il le connaissait même intimement, puisqu’il a travaillé dans ce milieu. Monroe Stahr engage d’ailleurs des écrivains reconnus comme scénaristes – même s’ils ne semblent pas vraiment de bons scénaristes.
Je n’ai pas pu m’empêcher de voir un lien entre Monroe et Gatsby : tous deux sont à la recherche de leur amour perdu. Mina semblait être la seule à pouvoir canaliser Monroe, à lui demander d’être raisonnable – à quoi bon être raisonnable quand on se sait condamné ? Monroe, veut, ayant atteint le sommet, met tout en oeuvre pour y rester et pour y défendre son idée du cinéma.
Nous croisons des vedettes, ici et là – Gary Cooper, Claudette Colbert. Nous croisons surtout ceux qui font le film, comme ce chef opérateur dont Monroe sauvera la réputation. Nous voyons aussi les tragédies individuelles – et le premier chapitre est de mauvais augures pour la suite du roman. Cécilia, la narratrice, a perdu sa soeur, Monroe a perdu sa femme. Quant à Kathleen, l’amour impossible de Stahr, elle paraît incapable de prendre son destin en main, incapable de dire ce qu’elle désire réellement, elle qui a toujours été sauvés par un homme – ou pour un homme. Cecilia, la narratrice, apparaît complètement désabusée, en dépit de son jeune âge – être la fille du rival sans scrupules de Stahr, Brady, n’est pas sans conséquence.
Le dernier Nabab est un roman à lire pour tous ceux qui aiment Fitzgerald et le cinéma.

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