La fin du monde a du retard de JM Erre

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Un grand merci à Babelio et aux éditions Buchet-Chastel pour ce partenariat.

Présentation de l’éditeur :

Construit sous la forme d’une course poursuite, La fin du monde a du retard met en scène Alice et Julius, deux amnésiques qui s’évadent de la clinique psychiatrique où ils sont traités. En effet, Julius s’est donné pour mission de déjouer un terrible complot qui menace l’humanité. Poursuivis par la police, par des journalistes et par de mystérieux personnages de l’ombre, ils iront de péripéties en rebondissements jusqu’à l’incroyable révélation finale.
Comme dans chacun de ses romans, J. M. Erre joue avec les codes d’un univers de la culture populaire (le cinéma bis dans Série Z ou le roman policier dans Le Mystère Sherlock). Dans La fin du monde a du retard, ce sont les thrillers ésotériques à la Da Vinci Code qui servent de terrain de jeu.

Mon avis :

J’ai entendu un jour, lors d’un salon du livre, que certains romans devraient être remboursés par la sécurité sociale. La fin du monde a du retard entre parfaitement dans cette catégorie. L’auteur est constamment drôle, ce qui est un véritable exploit, tant dans l’écriture que dans la construction de son roman. Et je ne vous parle même pas des personnages – ou plutôt si, je vous les présente tout de suite.
Julius est un pro de la théorie du complot, tout est complot, surtout celui qui est dirigé contre lui, et qui l’a amené à perdre la mémoire – malheureusement, personne ne l’a retrouvé, et ce n’est pas faute de chercher. Il écrit, il écrit, il tient même un blog dans lequel il dénonce tous les complots en général, et un en particulier : celui qui est dirigé par Tiresias. Ce dernier lui en veut vraiment, à lui personnellement en personne. Oui, je détourne Camilleri par ce jeu de mots. Rassurez-vous : JM Erre détourne maintes oeuvres, des plus récentes (toutes celles qui mettent en scène un vaste complot, à commencer par Da Vinci Code) aux plus antiques. Il démonte aussi tous les codes des quêtes et autres schémas narratifs, avec ces dix phrases à placer absolument, ces adjuvants, ces péripéties et surtout, ces coups de théâtre magistraux.
Ce qui nous ramène au second personnage principal : Alice. Elle partage avec Julius une absence totale et complète de mémoire, vous avouerez que cette absence de souvenir est un hasard qui a bien fait les choses. Elle est de plus totalement insensible – et ne ressentir aucune émotion, surtout quand on est en danger, c’est tout de même vachement pratique. Si elle ne découvre pas le pays des merveilles, elle est presque dotée de super-pouvoirs, puisqu’elle survit à toutes les catastrophes, y compris sa rencontre avec Julius.
A travers elle, c’est la médiatisation à outrance que parodie l’auteur. Fort heureusement pour elle, Alice se moque encore plus que de sa première chemise d’être l’objet d’un culte, ou de se retrouver en une d’un charmant magazine people. Fort heureusement pour moi, lectrice, j’ai beaucoup ri en lisant ce déchaînement de passion, pas si éloigné de ce que provoquent les véritables starlettes auto-proclamées.
La fin du monde a du retard est le livre le plus jubilatoire que j’ai lu depuis le début de l’année. Je pense qu’il me faudra un certain temps avant d’en lire un autre aussi réussi.

8 réflexions sur “La fin du monde a du retard de JM Erre

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