Archive | 17 février 2014

L’inconnue de la tranchée d’Hélène Amalric

Présentation de l’éditeur :
Décembre 1914. Le corps d’une jeune femme est retrouvé au fond d’une tranchée, sur le front près de Compiègne. Dans sa main, une Bible et une lettre en anglais, mais rien qui permette de l’identifier. Qui était-elle, que faisait-elle là et, surtout, comment est-elle morte ? Cette inconnue, qui pourrait bien être anglaise, embarrasse l’armée. Depuis la déclaration de guerre, le 3 août 1914, les pouvoirs de police ont été transférés aux autorités militaires, mais la gendarmerie a déjà fort à faire avec le maintien de l’ordre au sein de l’armée. L’état-major charge alors l’adjudant Augustin Lebeau d’enquêter en toute discrétion. Après tout, il maîtrise la langue de Shakespeare, suivait des études de droit…

Mon avis :

La première guerre mondiale vient tout juste de commencer – mais les différents protagonistes ne le savent pas encore. A l’arrière, on s’organise, on garde le moral, et les journaux s’y emploient, quitte à écrire des mensonges patriotiques (qui a dit qu’un mensonge français n’était plus un mensonge ?). Au front, les blessés et les morts s’entassent, s’empilent, les conditions de vie sont désastreuses. Les animaux ne sont pas épargnés, les chevaux meurent d’épuisement, les chiens sont employés pour dératiser, trouver des blessés, porter des messages.
Parmi eux, Bouli, un bouledogue. Son maître a été tué, il a été recueilli par un chirurgien Battendier qui n’a pas fini de lancer ses imprécations sur l’incurie des chefs et des hommes politiques. Qu’on ne vienne pas le chercher avec son chien ! « Si les hommes choisissent de s’entre-tuer et de se faire crever de faim, qu’ils le fassent à leur guise, moi, j’ai le droit de nourrir mon chien ! Bouli ici présent a rendu suffisamment de services » dit-il à Augustin Lebeau.
Le jeune enquêteur manque à mes yeux singulièrement de relief, face à ce médecin-major. Pour lui, la guerre est finie, par la grâce d’une blessure à la jambe qui l’a laissé boiteux. Le jeune homme, issu d’une famille très comme il faut (son père, sa mère et sa soeur sont irréprochables, pas un cheveu ne dépasse de leurs chignons pour les deux dernières) enquête sur la mort d’une jeune fille, dans une tranchée. Comme si, avec tous ses morts, on devait en plus se préoccuper d’une inconnue ! Et bien, si.
Vous l’aurez compris, ce n’est pas tant l’enquête policière qui m’a intéressée, que la peinture de cette société du début du siècle, en pleine mutation. En 2014, alors que nous commémorons le centenaire de la déclaration de guerre, il est bon de se souvenir de ce qu’était la France à cette époque.

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