Le crime de la chambre noire de Maurice Boué

édition Oxymoron – 76 pages.

Présentation de l’éditeur :

La famille Mauvin vit dans le château de Sauré acheté il y a quinze ans par le père, riche industriel. La fille du propriétaire, Judith Mauvin, récemment rentrée de pension , se voit obligée de dormir dans « la chambre noire », car la bâtisse est en rénovation. Ainsi baptisée, cette chambre serait le lieu où le seigneur de Sauré, surnommé « le chasseur rouge », aurait, jadis, tué trois de ses femmes et où, trois ans auparavant, la soeur de Judith a été assassinée de trois coups de couteau sans qu’on ait jamais mis la main sur le meurtrier. Les jours précédents ce drame, les gardes forestiers avaient assuré avoir vu le « chasseur rouge » et perçu des hululements lugubres retentir dans l’obscurité du parc. Un matin, Judith est retrouvée baignant dans son sang, mais encore vivante. Dans la nuit, elle affirme avoir entendu les fameux hululements, des bruits de pas dans le couloir, et avoir aperçu quelqu’un par sa fenêtre. Devant ce drame en huis clos, la police n’a pas de réponse. Raymond Dauriac, l’amoureux de Judith Mauvin, décide alors d’enquêter pour trouver qui a voulu tuer sa fiancée et, surtout, empêcher toute nouvelle autre tentative…

Présentation de l’auteur :

Maurice Boué est un écrivain belge né à Namur le 29 janvier 1878 et mort en 1940. Il a écrit sous plusieurs pseudonymes et inventé le détective-cartésien Gaston Lautrec. J’ajoute que je conseillerai la lecture de son oeuvre aux scénaristes de séries télévisées qui ne s’en sortent pas trop avec leurs intrigues invraisemblables.

Mon avis :

Je chronique cette nouvelle aussitôt après l’avoir lu, parce que j’ai vraiment passé un bon moment en sa compagnie, et en celle de Lisette et d’Annunziata.

La famille Mauvin est véritablement bizarre. Ils sont riches, oui, ils vivent dans un somptueux château dont le dernier héritier est mort cent ans plus tôt, entouré d’une légende sulfureuse. D’ailleurs, il hanterait toujours ses terres. Le château, excusez du peu, est déglingué, quasiment inrestorable puisqu’ils le restaurent tout le temps. Du coup, pour le retour de pension de Judith, leur fille cadette, ils ne trouvent rien de mieux que de la faire dormir dans la seule chambre à peu près potable du château, la chambre où sa soeur a été assassinée trois ans plus tôt. Aucun coupable n’a été arrêté puisqu’aucune piste n’a été trouvé : le meurtre en chambre close idéal. Oui, pour moi, faire dormir sa fille là où sa fille aînée est morte est pour moi totalement tordu, en dépit des allégations des parents qui promettent d’être attentifs et de répondre à son appel. Ajoutez à cela une ambiance angoissante, digne des meilleurs romans fantastiques : des bruits inexplicables dans le château, des bruits inexplicables en dehors du château, des pas entendus dans le couloir, des silhouettes furtives dans le parc – et un plan du château qui laisse à penser que ses constructeurs ont fait un peu n’importe quoi !

Las ! Judith, à son tour, est poignardée comme sa soeur. Le meurtrier a pourtant raté son coup, Judith est vivante, épuisée et choquée, mais vivante. Son fiancé Raymond Dauriac arrive illico.

Il m’a été tout de suite sympathique, peut-être aussi parce qu’il trainait dans ses bagages son ami, le jeune détective Gaston Lautrec. Contrairement à d’autres enquêteurs que j’ai croisés, Lautrec n’a pas envie d’enquêter mais il a encore moins envie qu’une personne soit tuée. Il est rationnel : les légendes, très peu pour lui. Chercher des causes matérielles à des faits réels, oui. Lui et Dauriac ne sont pas au bout de leurs surprises. Il faut dire qu’ils ne ménagent leur peine ni l’un ni l’autre. Ce n’est pas qu’ils n’ont peur de rien, ce serait un cliché, c’est qu’ils prennent le plus de précautions possibles pour se prémunir du danger, et pour protéger Judith. Même ainsi, ils ne sont pas à l’abri – parce que leurs adversaires sont déterminés et disposent d’atouts que les deux jeunes hommes ne soupçonnent pas.

Mais Dauriac et Lautrec osent. Un adversaire, cela s’affronte, cela se découvre, et je dois dire que Lautrec manifestera même une certaine forme respect pour l’un d’entre eux – comme lui sera capable de lui en manifester, à sa manière. Il saura aussi s’aventurer là où personne n’est véritablement allé. Ecouter les légendes, c’est bien. Traquer la vérité qui se cache derrière, c’est mieux.

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