Archive | 26 juin 2021

Moana, tome 1 : La saveur des figues de Silène Edgar

Présentation de l’éditeur :

Moana refuse de mener la vie que voudrait lui imposer son peuple.Dans un futur post-apocalyptique, le monde est en proie à un grand refroidissement et l’humanité est menacée de disparaître. La Polynésie où vit Moana n’échappe pas à cette règle : elle est recouverte de neige. Selon les règles édictées par son peuple, la jeune fille doit se marier et avoir des enfants au plus vite. Mais il est hors de question pour Moana de suivre ces règles qui ne lui conviennent pas. Une seule solution : fuir, pour vivre sa vie selon ses propres choix.

Mon avis :

Savez-vous quel est le problème quand un livre est depuis trop longtemps dans voter PAL ? Vous ne savez plus trop pourquoi vous l’avez acquis, et vous ne savez plus du tout de quoi il parle. Au hasard : de figues et de Polynésie. Me voilà bien avancée ! Et bien, ce n’était pas tout à fait cela.

Oui, Moana, qui donne son prénom à cette trilogie, vit bien en Polynésie, dans une Polynésie post-apocalyptique. Ne comptez pas sur la chaleur, ici c’est le froid et la neige qui règnent en maître. La population est rationnée en nourriture, et c’est un gouvernement central qui dirige les communautés survivantes, qui ne sont pas si nombreuses que cela. Les règles sont simples : ne pas évoquer le passé, c’est inutile, il faut se tourner vers l’avenir. Les jeunes filles doivent se marier dès qu’elles ont leurs premières règles, et avoir le plus d’enfants possibles (quatre minimum). Certes, il arrive parfois que des adolescentes soient sélectionnées pour partir à Pondichéry, la capitale, et suivre des études, faisant ainsi la gloire de leur communauté. Il est rare cependant qu’une adolescente soit sélectionnée. Il est encore plus rare que le conseil donne son accord : une jeune fille en moins, c’est un mariage en moins, des naissances en moins, et surtout, de la nourriture en moins. Si le mot « régression » vient à votre esprit, c’est tout à fait normal, je vous rassure. J’ai gardé le pire pour la fin : après soixante ans, les personnages âgées sont envoyées … ailleurs, pour que leurs souvenirs soient recueillies. Magnifique, non ? Je n’ai pas cru à cette fable, forcément, même si Moana y croit. Aussi, sa famille a fait un choix courageux : cela fait vingt ans qu’ils cachent Mémine, l’arrière-grand-mère de Moana. Celle-ci leur raconte des histoires du monde d’avant, de ce monde dont on n’a plus le droit de parler.

Si tout allait si bien, si tout devait se poursuivre si bien, il n’y aurait pas de romans. Le jour fatidique arrive : Moana doit être mariée. Et il n’en est pas question. Commencent alors pour elle et pour Mémine, qui n’a jamais baissé les bras, une odyssée qui les mènera là où on les attendait, puis là où on ne les attendait pas. Sur leurs routes, elles découvriront des faits qu’elles ne soupçonnaient pas, elles se feront des amis, elles découvriront que la résistance à l’ordre établi existe bel et bien – la résistance se conjugue au présent, et dans toutes les communautés.

A bientôt pour les deux tomes suivants de la trilogie.