Archive | 25 juin 2021

La famille Indri Indri de Muriel Mingau et Claire Chavenaud

Présentation de l’éditeur :

Que se passe-t-il dans la bruissante forêt de Madagascar ?
Au plus haut des arbres, la famille Indri-Indri mène une vie tranquille, sauf le petit dernier, qui a le vertige… pas facile pour un lémurien !
Le jour où, soudain, le danger subit, menaçant petite famille, forêt, habitants et même le lynx-fossa, que vont-ils devenir ?
Qui sait, les arbres sont si robustes.
La terre et la nature, si généreuses.

Merci aux éditions Les Monédières et à Babelio pour ce partenariat.

Mon avis :

Je lis moins d’album depuis que je fréquente… moins les bibliothèques, pour cause de fermeture aléatoire et de fréquentations difficiles vue les conditions actuelles. La dernière Masse critique a été pour moi l’occasion de renouer avec le genre. Tout d’abord, je tiens à dire que l’objet-album est en lui-même très beau. La couverture représente, au milieu de la luxuriante forêt malgache, le petit dernier de la famille Indri-Indri, une famille de lémurien. Oui, les lémuriens vivent tous sur l’île de Madagascar – et l’album de commencer comme un conte étiologique, racontant comme l’île de Madagascar s’était formée, entraînant avec elle tous les lémuriens.

Mais le conte ne dure pas longtemps, parce que les luxuriantes forêts se retrouvent dévastées par les flammes, et le territoire des lémuriens se retrouve amputée d’autant, sans que les arbres ne parviennent à reconquérir le territoire dévasté. Il faut dire qu’il ne s’agit pas que d’un incendie, mais que les incendies sont fréquents et ne dévastent un peu plus le territoire. Pourtant, la famille Indri Indri se veut optimiste, et accueille un troisième rejeton, celui-là même qui est en couverture. Il a une particularité : il a le vertige ! Voltiger est pour lui impossible. Il est la cible des quolibets des autres lémuriens. Oh, nous ne les verrons pas, non, nous entendrons leurs voix, rumeurs collectives qui accompagnent, soulignent le problème du petit Indri-Indri. Jusqu’au jour où…. il est amené à se dépasser.

Malgré des passages sombres, la visée de l’album est optimiste. Il est possible d’aller au-delà de ses peurs. Il est possible de changer les choses – avant qu’il ne soit trop tard. Preuve que le message de l’album va avec le message de cette maison d’édition : il est publié sur du papier issu de forêts  gérées durablement.

Avec tout ceci, je n’ai même pas parlé des très belles illustrations de Claire Chavenaud, qui donnent parfois l’impression de voir des collages, des tissages, un ensemble délicat en surimpression.

Un album à partager.

 

 

 

L’attaque du train 921

édition Oxymoron – 95 pages
Présentation de l’éditeur :
La duchesse Charlotte-Adélaïde de Maubois, qui va se marier aux Indes, a pris place dans le rapide de Marseille. Elle emporte de merveilleux bijoux sur le sort desquels veille le policier Mirabel. Ce dernier, après avoir causé au moment du départ avec un riche américain, Harry Gedworth, remarque dans le wagon un individu qu’il croit reconnaître ; mais il ne peut préciser ses souvenirs. L’inconnu suspect s’est retiré de très bonne heure dans son compartiment. Le policier attend vainement son retour : lorsqu’il rentre enfin dans le sleeping, l’homme a disparu.

Mon avis :

C’est quasiment une formule consacrée : je n’attendais pas grand chose de cette lecture. Le bilan est donc simple : je n’ai pas eu grand chose. Et même si ce tome se termine par un « à suivre », je ne suivrai pas la suite des aventures de ce policier-détective (les deux sont dits, ce n’est donc pas très clair) dont les aventures me font penser à un ancien slogan publicitaire : « même mouillé, il est sec ! ». Ce n’est pas le seul souci dans la construction de l’intrigue.

Roman policier ? Roman d’aventures ? Roman sentimental ? Je penche plutôt pour les deux dernières catégories. La très belle Charlotte-Adélaïde de Maubois est veuve, son mari ayant eu la bonne idée de mourir d’un accident de chasse. Elle s’est mariée pour échapper à un milieu familial qui l’étouffait – la vie entourée par deux tantes célibataires n’était pas folichonne, et la jeune fille avait soif de divertissements, de voyage. Ce n’est pas auprès de son mari qu’elle a pu étancher cette soif. Aussi, elle ne se prive pas maintenant qu’elle est veuve, et c’est ainsi qu’elle rencontre un beau prince indien, qu’ils tombent amoureux l’un de l’autre, qu’il la demande en mariage, la couvrant de bijoux, et qu’elle accepte sa proposition. Pardon ? Oui, c’est bien un roman policier, mais là, nous sommes plutôt dans la romance. Son chaperon, préférant resté à une table de jeu plutôt que de s’occuper de Charlotte-Adélaïde (pas de diminutif, c’est dommage), il lui suggère d’embaucher le célèbre détective/policier (on ne sait toujours pas très bien) Mirabel (qui n’appelle pas Églantine).

Commence alors un roman d’aventures qui contient des éléments intéressants et des invraisemblances. Je ne passerai pas sous silence le cadavre nu dont on fouille les poches, ou le détective qui, pris d’une impulsion, saute à l’eau puis sort de l’eau sans être mouillé. Je n’oublie pas la « femme fatale » qui apparaît à la fin de la partie que j’ai lue, et la pincée de termes teintés de racisme. Oui, ce sont les termes employés à une époque, et que l’on se garderait bien d’utiliser maintenant. Je note cependant que les bandits du rail ne sont pas tout blancs – et cela me dérange fortement de verser ainsi dans le manichéisme, même dans la littérature populaire.