Archive | 4 juin 2021

11 h 14 de Glendon Swarthout

Présentation de l’éditeur :

Jimmy ne sait rien refuser à son ex-femme Tyler. Même quand elle lui demande de se rendre au Nouveau-Mexique enquêter sur la mort suspecte de son amant, il finit par céder. Il est vrai que l’histoire est intrigante : Tyler est persuadée qu’il s’agit d’un meurtre, dernier rebondissement de la tragédie sanglante qui a opposé ses deux grands-pères au début du siècle. Jimmy débarque donc à Harding, la petite ville natale de Tyler, avec son look new-yorkais et sa Rolls de collection. Et la trouille au ventre. A juste titre d’ailleurs, car très rapidement, on essaie de le tuer, lui aussi…
Mon avis :
Jimmy est un homme charmant. Il est ce que l’on appellerait de nos jours un adulescent (le roman a été écrit en 1979), un ado qui ne veut surtout pas grandir et qui le dit haut et fort à son ex-femme Tyler. Celle-ci a eu en effet une drôle d’idée : demander à Jimmy de l’accompagner à l’aéroport pour chercher le cercueil contenant le corps de son nouveau compagnon, Max Sansom. Jimmy refuse – un temps. Là où l’affaire se corse, c’est quand Tyler demande à Jimmy d’enquêter au Nouveau-Mexique sur la mort de Max, romancier scandaleusement à succès qui s’est fait connaître en tirant sur l’une de ses ex-femmes. Jimmy, ses costumes Cacharel et sa rolls, se rendent donc dans la petite ville d’où est originaire Tyler, ville célèbre pour deux procès qui opposèrent ses deux grands-pères dans les années 1910. Jimmy entendra maintes et maintes fois la légende locale, et découvrira que, finalement, beaucoup de faites restent cachés !
C’est peu dire qu’il détonne, notre écrivain de livres pour enfants fier de ce qu’il écrit et de son succès – et pourquoi ne le serait-il pas ? Il n’a qu’une hâte : rentrer chez lui après avoir assuré Tyler que Sansom était mort accidentellement. Si ce n’est que des faits assez étranges surviennent : la vie de Jimmy, auteur de livres pour enfants, rappelons-le, est menacé. Bon sang de bonsoir, que s’est-il passé à Harding en 1910 et en 1916 pour justifier ce qui se passe en 1977 ?
Jimmy découvre que Tyler lui a caché bien des faits. Il découvrira des faits qu’il aimerait lui cacher – parce que les apprendre la bouleverserait trop. Ce n’est pas que B. James Butters se retrouve dans une affaire qui le dépasse, non, c’est qu’il est embarqué dans une affaire qui dépasse depuis longtemps les survivants des deux retentissants procès, empoisonnant jusqu’à leurs descendants.
Ce que j’aime dans ce livre, c’est l’humour et la distance avec laquelle l’histoire nous est raconté par Jimmy. Il semble quasiment dire : « je ne suis pas concerné par cette histoire, je suis là totalement par hasard, surtout, surtout, faites comme si je n’étais pas là ! » Et pourtant, il est là, il est mordant, caustique avec certains, les pousse dans leurs retranchements, sait appuyer là où cela fait mal et creuse là où s’est nécessaire. Par contre, il sait parfaitement être… non, pas bienveillant, ce n’est pas un mot de cette époque. Charmant ? Oui, charmant avec ceux qui le méritent vraiment. Charmant et charmeur d’ailleurs, ne se départant jamais ni de son humour ni de sa franchise. Se retrouver en plein western à la toute fin des années 70 : qui aurait pu le lui prédire ?
PS : la signification du titre ? Ah non, pour la découvrir, il faut vraiment que vous lisiez ce livre !

Joseph poulpe en chef d’Angélique Thyssen

Présentation de l’éditeur :

La rencontre explosive d’un poulpe prétentieux et d’une squale sympathique !
Joseph est le roi de l’aquarium : beau, musclé, intelligent… et respecté de tous ! Pourtant, quand Sibel, une femelle requin, est placée dans son bassin, il tombe de haut : ses sujets et ses spectateurs se détournent de lui pour s’intéresser à cette squale encombrante. C’en est trop pour Joseph : il ne se laissera pas voler la vedette !

Mon avis :

Voici le nouveau venu dans la collection « les sales bêtes » de Poulpe fiction : il s’agit, et cela manquait, d’un poulpe ! Joseph éminemment sympathique, il a tout pour plaire, enfin, du mois, c’est ce qu’il pense de lui-même. Il est l’attraction du parc, les peluches à son effigie se vendent par cartons entiers ou presque, le spectacle qu’il effectue quotidiennement est le point d’orge de la journée. Las ! Toutes les bonnes choses ont une fin, et Joseph se retrouve à devoir partager son aquarium avec… avec …. une femelle requin !

Non, je vous rassure, elle ne le dévorera pas. Elle est même plutôt gentille, aimable, bienveillante, bref, elle est le contraire de Joseph, elle est même tellement son opposée qu’il trouve cela suspect et la met au défi afin de savoir lequel d’entre eux sera le roi de l’aquarium.

Le roman est non seulement drôle, il nous permet aussi de voyager dans cet espace clos, aménagé par l’homme pour… et bien pour l’homme, parce que c’est lui avant tout qui profite des spectacles mis en place ! C’est lui qui choisit les décors mais, fort heureusement, Joseph, Sibel et les autres se le sont appropriés. Mention spécial pour les bébés hippocampes, mignons (pour le lecteur) et casse-pieds (pour Joseph).

Même si le roman nous montre des poissons, des crustacés et des squales qui s’amusent, et au risque de déplaire, je ne peux pas m’empêcher de penser que la place de ses animaux n’est pas dans un aquarium, mais dans la mer.