Archive | 8 juin 2021

Kaimyo, tome 1 : Les papillons de Kobé de Bertrand Puard

Présentation de l’éditeur :

Un enquêteur japonais hanté par son histoire + une jeune fille qui entend les morts = un duo improbable sur les traces d’un passé qui se dérobe
Selon une croyance japonaise, les âmes des défunts sans kaimyō errent parmi les vivants. Ce nom honorifique, Reiko n’a jamais pu l’offrir à ses parents, parce que les circonstances de leur disparition, il y a cinquante ans, n’ont jamais été élucidées. À défaut d’avoir pu leur donner un kaimyō, il a consacré sa vie à en donner aux personnes dont la mort est nimbée de mystère. Lorsqu’il débarque à Paris pour exercer son curieux métier, il rencontre Nouria, une adolescente qui prétend communiquer avec les esprits. Alors qu’il enquête sur le décès d’une vieille Japonaise, la jeune fille devine que cette affaire est liée à ce qui est arrivé aux parents de Rieko. Les chemins de celui qui fait parler les morts avec celle qui prétend les entendre se sont-ils vraiment croisés par hasard ?

Mon avis :

Tout d’abord, je tiens à remercier les éditions Gulf stream pour m’avoir sélectionnée pour ce partenariat du tout nouveau roman de Bertrand Puard. Comme souvent, je chronique le livre, paru le 6 mai, légèrement en retard.
Le premier mot qui me vient à l’esprit pour chroniquer ce livre est le mot « apaisement ». C’est ce que cherche Reiko, le personnage principal de ce roman. Cet homme a réussi sa vie, il est à la tête d’une entreprise florissante. Et pourtant… Il n’a jamais pu offrir un kaimyō à ses parents, lui qui a permis à tant de personnes de trouver cet apaisement grâce à son travail. Aujourd’hui, il a décidé d’ouvrir une succursale en France. Pourquoi ce pays ? Il ne saurait trop le dire lui-même.
J’ai suivi ses pas, peu à peu, de sa première mission à l’obtention d’un certain statut – lui qui l’a déjà acquis au Japon. Ce n’est pas toujours facile à lire – tant de douleurs, celles qu’il cherche à apaiser, et la sienne propre. Parce que, peu à peu, c’est son passé qu’il retrouvera, découvrant les pans de sa vie qu’il avait occultés, en partie grâce à Nouria.
C’est une toute jeune adolescente, qui porte déjà le poids du monde sur ses épaules, avec grâce et légèreté. Que surtout rien en montre ses propres tourments, son passé, celui de ses parents, ou sa grand-mère qui se sait en sursis, concierge de l’immeuble où Reiko a trouvé son logement, rattrapée elle aussi par le temps qui passe et par la maladie. Nouria affirme parler aux morts, et c’est très douloureux, bien plus que de chercher à les apaiser comme le fait Reiko. L’un et l’autre étaient faits pour se trouver, eux qui prendront la route ensemble pour découvrir les vérités qui étaient cachées.
Et si la vérité n’était pas si loin que cela, mais à portée de main ? Le dénouement, comme suspendu dans le temps, m’a donné fortement envie de lire le second tome mais… en attendant, c’est le temps qui se suspendait à chaque fin de chapitre. Lire ses histoires était douloureux, les histoires de ces personnes qui n’avaient pu achever ce qu’elles avaient à achever, pu dire ce qu’elles avaient à dire. Il est tant de secrets parfois, tant de temps écoulé qu’il devient impossible de dire, simplement.
Une belle oeuvre à découvrir.