Vivre d’Anise Postel-Vinay

vivre

Présentation de l’éditeur :

« Je pensais qu’en vieillissant, l’ombre de ce que j’ai vécu pendant la guerre s’estomperait, que j’oublierais un peu. J’ai l’impression que c’est le contraire : soixante-dix ans après mon retour, ce passé est de plus en plus présent en moi.
J’ai perdu mon sommeil d’enfant pendant la guerre et je ne l’ai jamais retrouvé. Je fais souvent le même cauchemar : la Gestapo me pourchasse. Mais je cours tellement vite que je me réveille. »
Anise Postel-Vinay
Écrit avec la complicité de Laure Adler et Léa Veinstein, Vivre relate avec simplicité le quotidien de celle qui n’aime pas qu’on l’appelle « résistante ». Arrêtée le 15 août 1942, déportée à Ravensbrück aux côtés de Germaine Tillion et Geneviève Anthonioz de Gaulle, Anise Postel-Vinay nous offre le récit d’une humanité plus forte que la barbarie.

Mon ressenti :

« C’est à ce moment-là que je me suis promis que, si je rentrais, je raconterais tout ce que j’avais vu jusqu’à mon dernier souffle« .

« J’aimais beaucoup la poésie, la musique allemandes, que voulez-vous ? Je ne pensais pas que l’allemand me serait si utile, plus tard, à Ravesnbrück…. »

Anise Postel-Vinay témoigne, à 92 ans, de ce qu’elle a vécu pendant la seconde guerre mondiale. A une époque où l’on « témoigne » à tout va, pour des faits insignifiants (regardez la moindre émission de témoignages sur la TNT ou même France Télévision), il est important de redonner à ce mot tout son sens. Il est important aussi de se dire que bientôt, il n’y aura plus de témoins de cette époque, que ces mots sont précieux, qu’il faut les transmettre parce que l’on oublie vite. Je pense, en lisant ce livre, à ce vers de Nuit et brouillard : « Le sang sèche vite en entrant dans l’Histoire ». Je retiens aussi ces phrases, d’une juste sécheresse : « Des crimes comme ceux-là, il y en a eu tellement, que j’en découvre encore aujourd’hui. Les gens vous disent : « Oh, vous exagérez, ce n’était pas à ce point. Non. C’était pire ».

Ce qu’Anise nous raconte est insoutenable. Et vrai. C’est ce qui fait que cette lecture est particulièrement dure. Oui, je l’appelle par son prénom, parce que c’est une toute jeune fille qui nous parle et qui nous raconte ce qu’elle a vécu, ses peurs, ses nuits et ses aubes de peur, qui ne nous cache pas qu’elle a eu honte de ne pas avoir tenté de s’évader, qui nous parle de Geneviève de Gaulle de Germaine Tillon, de celles qui sont survécu et de celles qui sont mortes. Elle nous parle aussi de l’après. La libération des camps. Le retour au pays, dans les familles. La vie d’après. Et l’immense travail accompli pour que l’on n’oublie pas.

Il y a un sentiment d’urgence qui apparait à cette lecture. Non, nous ne sommes pas en guerre, mais il est tant de choses, d’idéologie contre lesquelles nous devons résister. Sommes-nous prêts ?

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6 réflexions sur “Vivre d’Anise Postel-Vinay

  1. Je suis bien incapable de lire ça mais je crois que c’est la pire barbarie humaine de l’histoire récente, je n’arrive pas à trouver plus horrible même si l’horreur est partout encore aujourd’hui…

    • Je mentirai en disant que c’est facile à lire. Et ce livre n’aurait peut-être pas vu le jour sans l’attentat de Charlie Hebdo. J’ai eu l’impression qu’Anise Postel-Vinay a fait le choix, avec son mari, de l’espoir et de la lutte. Elle conjugue « résister » au présent, pas au passé.

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