Archive | 19 juin 2015

Journal d’un louveteau garou, XIX

Cher journal
Nous venons de vivre des moments terribles, à savoir : nous avons passé l’épreuve d’histoire des arts lupins. Je ne souhaite cela à personne, sauf à mon petit frère.
J’ai eu la truffe creuse : je n’ai pas pris d’option, je suis resté dans l’histoire des arts lupins purs et durs, avec une liste au cordeau :
– Métamorphose d’Ovide.
– La Belle et la bête (le conte).
– La Belle et la bête (les films).
– Harry Potter (le rôle du professeur Lupin dans la lutte contre Voldemort).
– Le protectorat de l’ombrelle (évolution de l’alpha dans les cinq tomes).

Je ne vous raconte pas comment ont galéré ceux qui ont pris option Troll ou option Vampire ! Non, parce que, dans ce cas, il faut un Troll ou un Vampire dans le jury – et notre professeur vampire n’a pas le don de bilocation, il ne peut faire partie de plusieurs jurys ! Notre principal a donc choisi un de ses patients, enrhumé (principe de précaution). Pas de bol : d’après ceux qui sont passés dans son jury, il avait oublié de se laver depuis au moins trois semaines ! Déjà qu’un vampire sent rarement la rose, mais alors là…

J’étais jury 13, et j’ai attendu patiemment qu’on vienne me chercher – bah oui, je suis arrivé en avance, c’était ça ou rester dans ma chambre à entendre Valère, mon petit frère, en train de lire des recettes de cuisine pour accommoder plaisamment les restes !
Première élève qui sort, elle renifle et ravale ses larmes : « elle m’a déstabilisée avec ses questions. Elle m’a demandé pourquoi je décrivais les robes de Belle en couleurs. Je n’ai pas su répondre : le film était en noir et blanc. »
Deuxième élève qui sort, en pleurs : « j’ai encore raté. Je n’ai même pas réussi à lire mon brouillon ».
Troisième élève : « ça va, j’ai répondu à toutes les questions ! A chaque fois, LA bonne réponse : je ne sais pas, aucune idée, vous êtes sures qu’il y a une réponse à la question.
Quatrième élève : « Même sous la torture, je n’ai rien avoué ! »

Finalement, cela s’est très bien passé…. pour moi. Enfin, je suppose, parce qu’en sortant elles m’ont dit « merci à toi ! ». Je te laisse, cher journal, je viens de croiser Dylan qui parle « d’acharnement thérapeutique » à son égard.

@bientôt !

Anatole Sganou, 4e Bleu.

Le garçon qui détestait le chocolat de Yaël Hassan

chocolatPrésentation de l’éditeur :

Le jeune Joseph trouve dans le grenier familial une malle contenant des affaires appartenant à son grand-père et qui cache un terrible secret. L’auteur de ce roman, Yaël Hassan, nous livre un troublant témoignage sur l’extermination des juifs, librement inspiré de la tragique histoire d’Alex Kurzem, ce petit garçon juif qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, fut la mascotte d’un bataillon de SS sur le front russe.

Mon avis :

Ce livre est un roman de littérature jeunesse, basé sur une histoire vraie : l’auteur donne d’ailleurs les références de l’ouvrage qui l’a inspiré, La Mascotte de Marc Kurzem.

La narration alterne les chapitres du passé et ceux du présent. Le présent nous présente une famille unie, les grands-parents, leurs trois enfants, qui s’entendent bien, des petits-enfants qui rendent visite régulièrement à leurs grands-parents, surtout Joseph, le petit dernier. Il est des rivalités, des chamailleries entre les six petits enfants, rien que de très banal et de très salutaire, finalement, ces petites frictions enfantines leur permettent de tisser des liens, mine de rien. Et c’est un défi, ouvrir une valise mystérieuse qui appartient à leur grand-père qui les unit plus sûrement encore.

Cette valise a un lien avec les chapitres qui nous renvoient au passé. Nous y découvrons un enfant, seul, après le massacre des siens, un enfant qui est amené à se débrouiller comme il peut afin de survivre. Le roman nous raconte alors comment il devient la mascotte d’un régiment nazi, là-bas, en Lettonie.

Ce roman pose-t-il un jugement moral ? Oui, certainement, non e ce qui concerne cet enfant, que les Allemands ont transformé en un mélange d’animal de compagnie et d’enfant de troupe, qui à le renvoyer, le reprendre, et l’utiliser comme un instrument de propagande. Certains lui reprocheront peut-être d’avoir survécu – et qu’aurait-il pu faire d’autres, si ce n’est se laisser tuer ?

Le langage est accessible, les chapitres sont courts, et pourtant l’auteur ne passe pas sous silence les atrocités commises, dans des scènes courtes, intenses, avec un vocabulaire sobre et précis. Cette lecture doit être accompagné (je ne me vois pas laisser un enfant seul face à cette lecture) mais elle ne peut être qu’enrichissante et passionnante.

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