Archive | 6 juin 2015

5 octobre, 23 h 23 de Donal Harsdat

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Mon résumé :

Une journée ordinaire dans l’Iowa. Le shérif Carl Housement est appelé en renfort, une jeune femme est affolée. Elle prétend qu’un vampire a voulu rentrer chez elle. Plus tard, c’est la propre nièce du shérif Lamar qui est retrouvée vidée de son sang, dans la baignoire du domaine où, avec quatre autres jeunes gens, elle logeait. Les vampires existeraient-ils vraiment ?

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Mon avis :

Iowa, état du Midwest, où il ne se passe jamais rien ! Les romans de Donal Harstad nous prouvent le contraire.

En dépit de mon résumé, il s’agit bien ici d’un roman policier pur et dur. Il y a une grande différence entre les croyances et les peurs des uns, et la réalité de l’autre. Les enquêteurs gardent les pieds bien sur terre et savent que c’est un coupable mortel, en chair et en os qu’ils doivent rechercher. De là à dire qu’il est en parfaite santé mentale, il y a un pas que personne ne songe à franchir. Et se munir de gousses d’ail, en plus de la tenue réglementaire, ne peut pas faire de mal….

Mais revenons à notre affaire et aux quotidiens des enquêteurs, qui doivent batailler avec des articles de lois pas toujours adaptés à leurs enquêtes (qui pouvait penser que quelqu’un se prendrait pour un vampire ?), des avocats toujours prêts à défendre leurs clients, et des clients qui avant de l’être, étaient des témoins avant toute chose. Rares sont ceux qui collaborent aisément avec la police locale, pas forcément parce qu’ils ont quelque chose à cacher, juste parce qu’ils usent de tous les artifices possibles (quitte à méconnaître la loi, finalement) pour ne pas révéler des choses insignifiantes – ou pas. Nous sommes bien loin des séries « explosives » américaines, tracasseries et paperasserie sont le lot quotidien des enquêteurs.

Le quotidien, c’est aussi les contacts avec la famille des victimes, et le portrait de la famille américaine dressé par Donal Harsdat n’est pas forcément reluisant. Si sa vie personnelle est réduite à la portion congrue (sa femme tente de dormir quand il s’en va très tôt, et essaie de s’endormir quand il s’en va fort tard), ce n’est rien comparé aux destins de tous les jeunes cabossés, rabaissés, détruits par leur propre famille, et Edie, nièce de Lamar, ne fait pas exception à la règle. L’immense solitude de ses jeunes adultes, leur fragilité en font des proies faciles – et pas seulement pour ceux qui se prennent pour des vampires.

5 octobre, 23 h 33, est un polar solide et minutieux, à lire pour tous ceux qui veulent en savoir un peu plus sur les coins perdus américains.

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– 30 de Donal Harstadt

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Mon résumé :

Carl Houseman est appelé en renfort, un automobiliste a refusé de s’arrêter lors d’un contrôle et il roule, ma foi, un peu trop vite sur une route très enneigée. Carl parvient à l’arrêter, et le reconnaît : Fred, qu’il a déjà arrêté pour de menus délits. Le jeune homme lui confie son dernier délit en date – et ses angoisses : il devait venir chercher ses cousins qui cambriolaient une maison. Ils ne sont jamais ressortis, bien que Fred soit venu les attendre à plusieurs reprises. Carl Houseman se rend sur les lieux : Fred n’aura pas à craindre les reproches de ses cousins, les deux jeunes hommes ont été assassinés. Commence alors une enquête difficile.

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Mon avis :

Bienvenue sur les routes enneigées des États-Unis, des lieux difficiles pour les shérifs des différents états. Et si l’expérience de Walt Longmire ne vous a pas suffi, venez partagez celle de Carl Houseman.

Il est un shérif de proximité, c’est à dire qu’il connaît les petits délinquants qui exercent (pas très bien) leurs talents dans le petit comté de Nation. Il connaît aussi les habitants, et les problèmes qui se posent dans cet Etat qui devrait n’en avoir aucun. Dans les enquêtes d’Houseman, il y a un avant et un après Code 10 : les séquelles sont là, physiques (Lamar est resté handicapé, Bud y a laissé la vie pour une simple assignation en justice) et morales. Et les conséquences sont toujours les mêmes : une méfiance, une défiance non seulement envers les forces de l’ordre, mais envers l’Etat américain tout entier : les théories du complot ne portent pas que sur le 11 septembre, l’antisémitisme, le racisme ont de beaux jours devant eux. Et réfuter des théories fumeuses est quasiment impossibles, même pour les meilleurs agents qui soient.

Franchement, si deux cadavres étaient découverts dans un apprenti près de votre maison, et si vous appreniez que le crime a eu lieu DANS votre maison, en votre absence, comment réagiriez-vous ? Pour ma part, je fuirai mon domicile, irai vivre chez des proches, laisserai le champ libre aux enquêteurs pour faire toute la lumière sur ces meurtres et tenterai de les aider de mon mieux. lui, multiplie les obstructions, comme si, au fond, il savait qui a commis ces crimes.

Cette enquête n’est facile ni pour Carl Houseman, qui ne compte plus ses heures supplémentaires y compris le week-end, ni pour les autres enquêteurs – même ceux venus de l’extérieur. Si Carl met en péril son mariage, sa santé et son sommeil (voir son « marathon de moutons » lors de son insomnie), il met toute son énergie à  aller au-delà des apparences, là où d’autres se contentent de la facilité (je pense à Art, le pro de la criminel et des jugements à l’emporte-pièce). Et si l’enquête progresse grâce à des investigations minutieuses et à des témoins courageux, il ne faut pas oublier qu’aux Etats-Unis, tout peut déraper très rapidement.

-30 ° est un voyage dans l’Amérique profonde, là où le pire ne devrait pas avoir lieu d’être, mais se manifeste quand même.

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