Archive | 14 juin 2015

Mémé goes to Hollywood de Nadine Monfils

url111Merci au forum Partage-Lecture et aux éditions Pocket pour ce partenariat

4e de couverture:
JCVD. Quatre consonnes, zéro voyelle. Et pour Mémé Cornemuse: le fantasme absolu. Ah! Epouser Jean-Claude Van Damme… Entre le dieu du coup de pied retourné et la spécialiste du délire à main armée, c’est sûr, c’est l’évidence. Et voilà notre délinquante sénile en route vers l’âme soeur, à Hollywood! A cheval, en voiture, à baraque à frites ou cargo transatlantique, peu importe, pourvu qu’il y ait des homicides collatéraux et des chansons d’Annie Cordy..

Mon avis :

C’est une chose bien étrange que d’entreprendre d’écrire un avis sur Mémé goes to Hollywood. Dès le début, je sens qu’il est nécessaire d’utiliser un ton non conventionnel pour parler de cette héroïne qui n’a que faire des conventions.

« J’irai au bout de mes rêves » est la bande-son à laquelle j’avais pensé de prime abord. Pas assez belge (le roman est bourré de références au plat pays), pas assez déjanté. Puis, Mémé ne va pas au bout de ses rêves, elle vit dedans ! Pour elle, s’unir à JCVD, son idole, est une évidence ! Une toute autre auteur aurait joué sur les fameuses conventions littéraire, et n’aurait jamais fait se rencontrer Mémé et Jean-Claude, s’amusant à faire courir son héroïne après une proie intouchable, démontrant ainsi… sa folie douce. Nadine Monfils va jusqu’au bout de son postulat – mais quel chemin pour en arriver là !

Que de rencontres aussi ! Conseil : si jamais votre route devait croiser celle de Mémé, écoutez-là bien attentivement, approuvez, quoi qu’elle ait fait mais sans monopoliser la parole, et prouvez que vous êtes fan d’Annie Cordy ou de JCVD – voire des deux à la fois. Il est tout sauf reposant de la côtoyer, et ceux qui n’ont pas définitivement perdu l’usage de la parole ou de leur raison après cette rencontre peuvent en témoigner. Ce roman ne mesure que 250 pages, mais il accumule les situations les plus improbables avec maestria, sur un ton très cru. Mémé n’appelle pas un chat un chat, elle est capable de trouver des termes encore plus évocateurs.

Mine de rien, elle nous interroge, cette Mémé, sur l’actualité. Pas seulement sur le festival de Cannes qui vient de se refermer – les références ne sont pas qu’une questions de mode, mais sur des problèmes de société, disant leur quatre vérités aux opposants du mariage pour tous, et démontrant par l’absurde qu’avoir un papa et une maman n’était pas un gage d’équilibre.

Mouvementé, pas reposante du tout…. Mémé réservera-t-elle à ses fans de nouvelles aventures ?

Journal d’un louveteau garou XVII

Cher journal

Deux mois sans te parler ! Il s’en est passé des choses, mais j’aurai tout le temps, pendant les grandes vacances qui approchent à grandes pattes, de te raconter tout ceci (y compris notre catastrophique sortie à l’opéra). Mais là…. mais là…. c’est une autre catastrophe qui a surgi !

– Gentiane !

– Valère, tais-toi !

– Gentiaaaaaaaaaaaaaane !

– Valère tais-toi ou dis quelque chose d’intelligent !

– « La gentiane appartient à la famille des gentianacées et comporte une trentaine d’espèces. Parmi elles…. »

Laissons là mon frère, mais tu as saisi le problème : Gentiane Du Coussinet Tordu est annoncée au pensionnat ! Un nom pareil, ça ne s’invente pas. Il est dû à une maladie qui leur abîme les coussinets et les rend impropres au combat. Il paraît même que les griffes leur en tombent ! Bref, quand Jacques-François Du Coussinet Tordu a appris, un peu tardivement, que notre principal intérimaire était aussi un lycanthropologue, et non un sinistre andouille crétinique comme son prédécesseur, il a ré-inscrit ses petites filles dans notre établissement. Nous supporterons donc à partir de lundi Soliflore, Réséda, Gentiane et Hermeline Du Coussinet Tordu, qui seront là, et bien là.

Je précise que Valère est plus collant avec Gentiane qu’un mélange miel/caramel/sève de pin sur une fourrure lupine fraîchement lavée, et que Gentiane déteste autant mon petit frère que les carottes cuites à la vapeur ! Les dernières semaines seront dures.

Je te laisse, cher journal. Mon petit frère a repris ses vocalises.

Anatole Sganou, 4e Bleu.