Archive | 30 juin 2015

Journal d’un louveteau garou XX

Cher journal

Dire que je pensais que l’arrivée des soeurs Du Coussinet Tordu était une catastrophe ! J’ai appris bien pire ce week-end ! Nous allons avoir un petit frère ou une petite soeur !

« C’est une excellente nouvelle ! »

Gentiane Du Coussinet Tordu a étreint joyeusement mon petit frère, elle affirme qu’un membre de plus dans la famille apporte un supplément de bonheur, et qu’elle se souvient de sa joie à la naissance de ses petits frères jumeaux, Nicolas et Antoine.

Et tu ne sais pas le plus beau, cher journal : Valère a suggéré à mes parents d’avoir un sixième louveteau « afin qu’il ne se sente pas seul ». En effet, a-t-il argumenté, lui et le futur bébé auront trop d’écart d’âge pour jouer pleinement ensemble. Il faut absolument un petit frère !!!! Mes parents se sont demandés comment ils n’ont pas eu l’idée plus tôt.

Je comprends pourquoi Jorisson a prolongé son engagement dans la meute du Nord.

Je te laisse, cher journal, j’ai vraiment besoin de me remettre.

Anatole Sganou, 4e Bleu.

Northanger abbey de Jane Austen

couv52413723Résumé de l’intrigue :

Une jeune provinciale de bonne famille est envoyée à Bath, prendre les eaux, pour faire son apprentissage du monde et des intermittences du coeur.

Mon avis :

Ce roman n’est pas celui de Jane Austen dont on parle le plus, même si Val McDermid en a fait une adaptation moderne et totalement ratée. En effet, si elle a respecté point par point le déroulé de l’intrigue, ce qui faisait l’intérêt de ce roman en 1817 est totalement passé à la trappe deux siècle plus tard.

Mais revenons à Catherine Morland : elle est une jeune fille des années 1800, un peu moins gâtée que les autres. Elle n’a aucun talent particulier, plutôt même de grosses difficultés. Sa mère, qui enchaîne les grossesses, n’a pas le temps de s’occuper de ses aînés. Catherine n’est guère sortie de son village – elle ne s’y ennuie pas, attention ! – aussi quand Mr et Mrs Allen l’invitent à les accompagner à Bath, les parents de la jeune fille donnent leur accord. Et voici la jeune fille, ignorante des usages du monde, et son chaperon, pas très futée, au prise avec des jeunes gens très habitués au badinage.

En effet, Catherine n’imagine pas que l’on puisse parler pour ne rien dire. Elle n’imagine pas non plus qu’on puisse mentir, enjoliver la réalité, ou faire passer des considérations matérielles avant les sentiments ou le devoir. Et si son frère se fiance avec Isabelle, avec laquelle Catherine, partageant son goût pour les romans gothique, est devenue amie, elle ne comprend pas que le langage à double sens de la fiancée, se plaignant de manière à peine déguisée du peu que Mr Morland peut donner aux fiancés, ou du fait qu’elle se distrait bien plus maintenant qu’elle est fiancée qu’avant. Tout ceci occupe la première partie du roman et ce n’est qu’après que le lecteur parvient à Northanger Abbey, rêve absolue pour une jeune femme admiratrice de romans gothiques comme Catherine. Et la catastrophe est proche : tout le monde n’est pas aussi rêveur, aussi imaginatif qu’elle.

Northanger abbey n’est pas le roman que je conseillerai pour découvrir Jane Austen. En revanche, il est à découvrir absolument pour tous ceux qui veulent lire une défense en bonne et due forme du roman et de ses qualités, ainsi que pour les amateurs de littérature gothique.

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