La vie en rose de Marin Ledun

édition Gallimard – 310 pages

Présentation de l’éditeur :

Ses parents partis parcourir la Polynésie, Rose – qui s’est installée avec le lieutenant Personne – se retrouve seule pour s’occuper de ses frères et sœurs.
Coup sur coup, elle est confrontée au cambriolage de Popul’Hair – le salon de coiffure où elle fait la lecture –, à la découverte inopinée de sa grossesse et au meurtre de l’ex-petit ami de sa sœur. Bientôt, c’est le meilleur ami de Camille que Rose découvre poignardé.

Mon avis (avec beaucoup de moi en prime) :

J’ai commencé la lecture de ce livre à la bibliothèque Parment, le 27 août, j’en ai lu cent cinquante pages et j’ai beaucoup aimé, au point, bien sûr, de l’emprunter. Et le lendemain, coup de mou, dû à un pépin de santé, un pépin matériel, et l’annonce de mon emploi du temps de l’an prochain, suivi par la jolie liste de mes futurs élèves. Un coup à ralentir nettement la lecture. J’ai choisi donc de programmer cet article pour le 30, alors que je serai en pleine pré-rentrée.

Ce livre est un tourbillon de folie, avec une héroïne… Ah, comment la qualifier ? Non, ce n’est pas qu’elle ne pourrait vivre une vie ordinaire, c’est qu’elle, les membres de sa famille, ont choisi une vie singulière. Certes, elle vit avec un lieutenant de police, ce que sa mère, dont la dernière garde à vue date de 2017. Ce n’est pas être différent qui est difficile, c’est être soi, pleinement, sans tricherie, sans jamais chercher à être ce que les autres veulent que vous soyez qui est compliqué – pour les autres qui sont un tantinet plus conformiste. L’avocat de la famille est blasé – ou présumé tel. Il est pourtant franchement réjouissant de voir Antoine organiser des parties de poker dans l’EHPAD où il travaille – enfin, de strip poker, pour être précise, avec des vertus pour la réappropriation du corps, la connaissance du matériel de soin et le resserrage des liens entre les différents pensionnaires. Ils sont bien sûr tous pleinement consentants, finalement, les seuls qui ne sont pas d’accord, ce sont le personnel soignant traditionnel et le directeur, qui appelle généreusement madame Mabille-Pons – il appelait Adélaïde, la mère, il rencontre Rose, la fille, avec un résultat tout aussi positif, pour le soutien inconditionnel à Antoine.

Mais un meurtre est commis, puis un second – deux jeunes gens, deux proches de Camille, la soeur cadette de Rose. Deux adolescents très différents, l’un très ordinaire, l’autre qui voyait enfin le bout du tunnel après des années d’errance. Un troisième est gravement blessé, et son statut de fils unique du plus gros patron de la région met tout de suite le feu aux poudres.

Richard, le lieutenant et compagnon bien aimé de Rose, enquête. Rose continue sa vie, et surtout débute une grossesse inattendue, en se demandant quelle conjonction de ratage pilule/capote a pu produire ce foetus. Elle doit aussi mener de front son travail de lectrice à Popul’hair, et son rôle de chef de famille par interim du fait de la croisière de ses parents. Elle découvre ainsi les délices des réunions parents-professeurs, un vrai bonheur. Alors oui, Rose s’offusque du discours de certains enseignants, et elle a raison ! L’important (et là, c’est la prof qui parle) de trouver sa voie, même si elle est hors-norme. Quant au professeur de mathématiques, monsieur Blache, qui s’acharne à voir réussir ses élèves, et bien j’ai envie de lui dire, en tant que prof, qu’à un moment il faut lâcher prise, et des mauvaises notes, en quelques matières que ce soit, n’empêche pas de réussir sa vie.

Ce que j’ai aimé, c’est à quel point ce livre contient une culture littéraire parfaitement intégrée au récit, nous présentant une galerie de fans de romans noirs issus de milieux différents, mais affirmant tous leur goût, sans souci. Et c’est vraiment tant mieux. Oui, il est agréable de rencontrer des lecteurs, des vrais, des personnes qui intègrent véritablement l’oeuvre qu’ils ont lu. Il en est de même pour la musique : Rose aime ce qu’elle écoute, et elle ne ressent pas le besoin de justifier ses préférences détonantes. Elle est aussi la preuve qu’en dépit des aléas, la grossesse ne transforme pas radicalement une femme. Ouf.

 

2 réflexions sur “La vie en rose de Marin Ledun

  1. Pingback: Bilan n° 2 du challenge polar et thriller 2019-2002 | deslivresetsharon

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