Archive | 22 août 2019

Requiem, tome 2 : Dieu pardonne lui pas !

Présentation de l’éditeur :

Ce deuxième épisode des aventures de Requiem est basée sur un fait réel : l’histoire de Jules Durand, qui défraya la ville du Havre en 1910. Cette sorte d’affaire Dreyfus dans le monde ouvrier est encore dans les mémoires de nombreux havrais.

Mon avis :

Je serai claire : j’aime beaucoup le titre, parce que je me verrai très bien dire cette phrase, en changeant simplement le pronom personnel. Maintenant que c’est dire, passons au roman proprement dit, qui se passe en Normandie (ma région, donc) au Havre, pour être plus précise, ville que j’ai visitée en juillet 2019 (j’adore être précise). Requiem découvre cette ville parce qu’il est passionné d’histoire, un certain Jules Durand, docker, est accusé de meurtre, comme un autre Jules Durand l’avait été en 1910. Le dénouement n’a pas été très heureux pour lui, et Requiem voudrait bien qu’il en soit autrement pour son homonyme contemporain.
Oui, il enquête, mais en mode infiltré : il faut dire aussi qu’il a gardé le look qu’il avait à la fin du tome 1 et que Falvo, son correspondant préféré, est plutôt en train de s’arracher les cheveux dès qu’il s’agit d’Esteban Lehydeux, de ses notes de frais, ou de la création d’une couverture crédible. Là, il sera gâté, notre Requiem, surtout quand il verra dans quoi il a mis les pieds.
Non, je ne parle pas du milieu des dockers, profession difficile et respectable. Je parle de tout autre chose, d’un mouvement visant à la suprématie d’une certaine catégorie de la population, et adorant les vieux souvenirs datant de la période sise entre 1939 et 1945 – à ne pas confondre avec la formule  » se souvenir pour que cela n’arrive plus jamais ». Oui, certains pages ne sont pas faciles à lire, et pour ceux qui se diraient que nous n’en sommes plus là, posons-nous la question : combien d’actes de violence dirigés contre des personnes hors-normes sont encore perpétrés en France ? Beaucoup trop est une réponse suffisante.
Oui, l’enquête n’est pas drôle, les résultats non plus, mais le ton caractéristique de ce narrateur charismatique est toujours là, et heureusement pour nous, lecteurs et lectrices. Un narrateur (un auteur ?) qui dit ce qu’il a à dire, et tant pis si cela dérange certains.
Requiem, un prêtre comme il devrait en exister (et tant pis pour son penchant pour les femmes, elles sont toutes majeures et consentantes).
Un extrait : « mais quand je te cause d’être missionnaire, ce n’est pas le genre de con qui veut convertir celui qu’il considère comme un sauvage à ses rites religieux, non, moi je te cause du curé qui va faire de l’humanitaire, le genre de type pour qui la religion, être un bon chrétien ce n’est pas prier à longueur de journée, […]. Non pour lui c’est aider l’autre, celui qui souffre de la faim, de la guerre, de maladie sans ce soucier s’il a espoir dans le même mec s’il brûle des chandelles dans les mêmes lieux. »

L’école des mini-garous de Julien Hervieux et Juliette Lagrange

Présentation de l’éditeur :

La pleine lune réserve bien des surprises !
Au cœur de la forêt, cachée dans le plus grand des chênes, se trouve l’école des mini-garous : on y apprend aux enfants mordus un soir de pleine lune à devenir de vraies terreurs. Mais pour Béa, Franz et Pavel, c’est un peu difficile… En effet, ils se transforment tous les trois en animaux mignons ! Heureusement, pour convaincre leur classe qu’ils ont leur place à l’école, ils ont un plan !

Mon avis :

Oh là, là, je ne vous raconte pas.
Ou plutôt si, je suis en train de le faire.
Vous croyez tout savoir sur les garous, et bien non !
Vous découvrirez comment les humains ordinaires sont transformés en garous. Et pas seulement en loup garous, non, c’est beaucoup trop banal, commun : tout animal qui vous mord lors de la pleine lune peut faire de vous un garou. Et j’ai bien dit « tout animal ». Par conséquent, il y a des petits soucis, des petits contretemps. Etre un lynx garou, un ours garou, cela en impose. Être un chat angora garou mignon, pas vraiment – et je ne vous parle pas de Pavel, poulpe garou de son état (un clin d’oeil à l’éditeur ?) pas vraiment.
Vous découvrirez aussi ce qu’il advient de ses pauvres enfants métamorphosés. Non, parce que franchement, il ne faut pas attiger, les parents ne vont tout de même pas les garder, cela fait beaucoup trop de complications à gérer, bien plus qu’avec un enfant ordinaire. Ces chers petits rejoignent donc la fameuse école des mini-garous qui donne son nom à ce charmant livre pour jeunes lecteurs.
J’ai adoré ce mini-poulpe, j’ai adoré les aventures de ses trois garous pas comme les autres qui vont relever le défi : espionner leur maître pour savoir à quoi il ressemble quand il n’est pas un garou. Oui, il leur faut du courage, pour parvenir à leur fin et avoir un poulpe avec soi est toujours un atout. Mais s’il est une phrase à retenir, c’est bien celle-ci :
La méchanceté, c’est comme les garous : ça s’attrape avec une blessure !