Archive | 13 août 2019

L’atelier des sorciers, tome 3 de Kamome Shimahara

Présentation de l’éditeur :

Pour sauver un jeune garçon, Coco a utilisé un sort pour transformer un rocher en sable. Mais catastrophe ! Son sort a eu bien plus de portée qu’elle ne le pensait, et tout le lit de la rivière s’est effondré en conséquence. Coco est accusée par la milice magique d’avoir eu recours à un sort interdit et condamnée à voir sa mémoire effacée. Elle est sur le point d’être bannie à jamais du monde des sorciers…

Mon avis :

Le tome 3 commence avec un suspense intense : comment sauver Coco ? La milice magique lui est tombée dessus, et elle a la fâcheuse tendance de respecter les règles à la lettre. Autant dire que maître Kieffrey doit user de tous les arguments à sa portée pour faire libérer Coco sans que sa mémoire en soit altérée. Oui, je spoile un peu parce que je vous parle là du tout début de ce manga, très prenant. J’ai vraiment été sous le charme de ses dessins, particulièrement soignés. Oui, ils sont toujours soignés, dans les moindres détails, et c’est en cela que ce manga est vraiment intéressant à lire. Bien sûr, parfois, les jeunes apprenties ont des expressions qui m’ont davantage rappelé des shojo plus « enfantins », cependant leur expressivité, le soin des détails sont rarement pris en défaut.

Détail du dessin, détail de l’intrigue, parce que les personnages ne sont pas forcément ce qu’ils paraissent être. Maître Kieffrey, par exemple, poursuit ses recherches pour trouver les magiciens dissidents, pour contrer leur sortilège, et ne s’en ouvre pas du tout à la milice magique, quitte à en payer personnellement les pots cassés, ou les conséquences physiques de ses tentatives pour les contrer. Pour l’instant, cette saga ne comporte que quatre tomes (le tome 5 n’est pas encore paru au Japon) et je me dis qu’il est vraiment très riche : on voit peu les ennemis, leurs apparitions n’en sont que plus parlantes.

D’ailleurs, qui sont vraiment les ennemis dans cette société très cloisonnée pour ne pas dire très sectaire ? Il ne fait pas bon n’avoir aucun pouvoir magique et vivre non loin des sorciers, il fait encore moins bon faire partie d’une famille de sorciers et avoir un handicap. Le jeune Tarta est ainsi atteint d’argentisme, ce qui fait qu’il ne peut distinguer les couleurs – le daltonisme adapté au monde magique. Il devra donc effectuer des tâches subalternes – pas question de préparer des potions puisque les poudres sont repérables à leurs couleurs, hors de question de les étiqueter, une personne malveillante pourrait ainsi les utiliser. Oui, pour citer le manga « Les sorciers sont intransigeants envers ceux qui sont différents. C’est l’un des nos mauvais côtés. » Les bons ne me semblent pas si nombreux, peut-être parce que le commun des mortels est tenu à l’écart de la magie, ne sait pas qu’elle n’est pas si facile que cela à créer, entretenir, et que les magiciens ont des préoccupations autres, parfois, que d’aider autrui. Ainsi, maître Kieffer aimerait être auprès de Coco, souffrante, plutôt que de continuer à aider les habitants de la ville alors que l’incendie est quasiment circonscrit.

Oui, la vie de sorcier est dure, et nous en apprenons un peu plus sur eux, en suivant le parcours de leur formation. Certains s’arrêtent en cours de route, parce que leur objectif est atteint, d’autres vont jusqu’au bout parce qu’ils souhaitent former une nouvelle génération de sorciers, comme maître Kieffrey. Quelle voie suivront ces quatre apprentie ? Et surtout, le pourront-elles ?

 

 

L’atelier des sorciers, tome 2 de Kamome Shirahama

Présentation de l’éditeur :

On naît sorcier, on ne le devient pas. C’est la règle. Pourtant, Kieffrey a pris Coco sous son aile et a fait d’elle sa disciple : d’humaine normale, la voilà devenue apprentie sorcière ! Kieffrey, Coco et ses trois camarades se sont rendus à Carn, petite ville de sorciers, pour acheter des fournitures magiques. Mais soudain, les quatre fillettes tombent dans un piège tendu par un mystérieux sorcier encapuchonné : elles sont coincées dans une dimension parallèle et doivent échapper à un dragon !

Mon avis :

Ce second tome aurait dû être relativement simple. Il s’agissait seulement, dans la plus pure tradition des histoires de sorcellerie, de se rendre à Carn et de faire le plein de fournitures magiques, comme toute apprentie qui se respecte avant une rentrée scolaire. Coco doit toujours essayer de parvenir à se faire accepter par ses nouvelles camarades de classe, et ce n’est pas gagné. Zas ! Elles ont un problème autrement plus grand que cela à résoudre : elles ont été envoyées dans une dimension parallèle et un dragon les pourchasse. Voilà pour la première partie de ce second tome, bien construite, et surtout, qui ne laisse pas traîner exagérément les intrigues.

Kieffrey, bien sûr, se pose encore et toujours des questions, parce que ce n’est pas arrivé comme cela ! Quel peut donc être ce mystérieux sorcier qui semble connaître et suivre Coco depuis son enfance ? Il n’en oublie pas cependant de leur donner des cours – il est un peu là pour cela, le beau gosse de la magie. Et là, boum, badaboum ! Un problème grave survient – encore un – qui leur permettra d’appliquer ce qu’elles ont appris, et surtout d’unir leur force, en faisant fi de leur opposition, pour le bien commun. Et comme une catastrophe, une vraie, ne survient jamais seule, le dénouement de ce second tome ne laisse rien présager de bon pour Coco.