Archive | 16 août 2019

Un jour plus que parfait de Krystal Sutherland

Présentation de l’éditeur :

La famille d’Esther Solar est maudite. Tous souffrent d’une phobie atroce qui les mènera tout droit dans la tombe.

• Le père d’Esther, agoraphobe, vit reclus dans la cave
depuis six ans.
• Son frère a peur du noir.
• Sa mère est terriblement superstitieuse.

Esther, elle, ne souffre (pour le moment) d’aucune terreur particulière. Mais tient à jour la liste non-exhaustive de ses pires cauchemars, au cas où. Lorsqu’elle croise à l’arrêt de bus le mystérieux Jonah Smallwood, sa vie bien rangée bascule… Esther va être confrontée à la plus imprévisible et la plus redoutable de toutes les peurs… l’amour.

Mon avis :

Merci aux éditions Pocket Jeunesse grâce à qui j’ai reçu ce livre.

Ce livre pourrait être drôle. Vous savez, s’il parlait de toutes ses petites peurs qui nous gâchent un petit peu la vie, qui font sourire les autres, et entraînent tout un tas de situations cocasses. Autant vous le dire tout de suite, il n’en est rien, et ce livre est très sérieux, et peut même vous prendre littéralement aux tripes.

L’amour suffit-il ? Et que recouvre ce mot « aimer » ? Esther aime ses parents, son frère jumeau, son grand-père. Elle est elle-même entourée, littéralement, par toute une strate de peurs, d’interdits qu’elle s’est fixée, et qui lui permette de garder un semblant de contrôle sur sa vie. Ce qu’elle vit paraît invraisemblable , et pourtant possible – si l’on regarde bien, autour de soi, on peut en voir des situations qui paraissent encore moins vivable que celles vécues par Esther. Six ans que c’est ainsi, six ans d’une vie compliquée, où il faut donner l’illusion non que tout va pour le moins mal possible, mais à détourner l’attention.

En contrepoint, au début de ses aventures, nous avons Jonah, il a une jeune soeur, un père destructeur. Lui aussi ne veut surtout pas attirer l’attention. Le troisième membre du trio est Hepzibah, la seule amie d’Esther, parce qu’elle est différente elle aussi. Alors oui, Jonah se donne pour mission d’éliminer une à une les peurs d’Esther, mais son ambition est de trouver la véritable peur d’Esther, pour l’en libérer.

En contrepoint, nous avons l’histoire de la malédiction qui aurait frappé la famille – rassemblant ainsi, un peu, à ces secrets de famille que l’on se transmet de génération en génération, pourrissant le climat familial, favorisant l’entre-soi. Ce secret apporte une touche fantastique dans le récit, touche qui va s’étendre de plus en plus. Attention ! Cela ne veut pas dire que nous ne nous prenons pas de plein fouet la réalité de ce récit, la violence d’un métier (policier) qui a miné le grand-père, avec une affaire en particulier, tristement crédible, la dépression qui a envahi Reginald, le grand-père, puis le père et le petit-fils, chacun a sa manière. Il est question d’amour, oui, de la manière dont on voudrait être aimé, de la manière dont on est aimé – et il est déjà bien d’être aimé.

Et s’il est une leçon à retenir du livre, c’est celle-ci, que nous martèle l’auteur : il n’y a aucune honte à demander de l’aide.

 

Le Carnaval de Printemps, tome 1 : Bienvenue à Bluebells de Caroline Ledoux

Présentation de l’éditeur :

En ce début de printemps, une joyeuse effervescence règne dans le village de Bluebells, à la veille de l’ouverture du traditionnel Carnaval de printemps. Sous la houlette de Mme Poppy, une dame renarde malicieuse, les préparatifs vont bon train. Cette année, un invité de marque est attendu. Il s’agit du grand chef Sir Harald Sheep, qui doit venir installer son restaurant éphémère à Bluebells pour quelques jours. Quel événement ! Mais à quelques heures de l’arrivée du chef, c’est la catastrophe : Jasper la Tortue, l’un des bricoleurs les plus aguerris du village, est victime d’un accident ! Les travaux ne seront jamais terminés à temps ! À moins que… Un soupçon de solidarité, une pincée d’ingéniosité, une bonne dose d’amitié… Voilà une recette qui pourrait fonctionner…

Mon avis :

Tout d’abord, je tiens à remercier l’éditeur et l’autrice pour m’avoir permis de découvrir cet album, que je chronique très en retard.

Cet album est un premier tome, c’est à dire qu’il permet de présenter le lieu, le contexte et les personnages. En effet, nous avons un petit village, peuplé d’animaux qui se comportent comme des êtres humains. Nous sommes à une période importante de l’année, puisque nous découvrons les préparatifs du carnaval de printemps, et le stress que peuvent subir certains participants. Prenons Jasper la tortue, il est vraiment très calme, ou plutôt, il ne l’est pas du tout, surtout après son accident de bricolage, qui le force à deux jours de repos, sous la contrainte ! Nous connaissons tous des personnes qui ne peuvent pas lever le pied, même en cas de soucis de santé important – parce qu’il est aussi peu de personnes qui peuvent les remplacer. Heureusement, il trouvera… mais chut ! je n’en dirai pas plus.

L’album prend le temps de présenter les personnages, les illustrations, aux couleurs tendres, sont d’ailleurs très réussies, parfait contrastes avec l’effervescence qui règne dans les pages de l’album. Pourtant, je regrette un peu que l’action progresse peu, sans doute parce que nous sommes dans un premier tome.

Que cela ne gâche pas le plaisir de lire et de partager ce tome. Parmi les personnages, ma préférence va à Miss Harp, la bibliothécaire parfaitement dévouée à sa tache.