Archive | 21 août 2019

Veggie tendance vegan de Charlotte Bousquet

Présentation de l’éditeur :

Chris est en terminale. Un adolescent normal, un peu rond depuis qu’il ne peut plus faire de sport, fan de fantasy, auteur de campagne de jeux de rôle et meilleur ami de Nadia. Il mange mal, ne s’entend pas très bien avec son petit frère, Jules, et ne pose aucun soucis à ses parents. Un adolescent lambda, sans problèmes (hormis son poids) et sans réelles convictions.
Jusqu’à l’arrivée de Mallory, la nouvelle. Une adolescente très engagée dans la cause animale. Elle slame en ce sens sur sa chaîne YouTube et agit parfois avec des amis pour libérer des animaux. Une princesse guerrière pour Chris.
Afin d’attirer son attention et de lui plaire, il décide de devenir végétarien. Il peut compter sur l’aide de Nadia pour tenir ses engagements. Des engagements qui deviennent de plus en plus profonds.

Merci aux éditions Rageot et à Netgalley pour leur confiance.

Mon avis/mon ressenti, comme vous voulez :

Je sens que je vais vous parler beaucoup de moi avant de vous parler de ce roman, ou plutôt vous parler de l’actualité, avec ses petites phrases des hommes politiques. La corrida est un « spectacle », une « tradition » – les exécutions publiques en étaient aussi. D’ailleurs, il est toujours possible, dans certains états américains, d’assister aux exécutions. Ah oui, pardon, on me dira que ce sont des animaux, pas des êtres humains, et que cela fait partie de l’économie locale. La corrida a été « importée » en France en 1853, l’économie locale a bien dû exister avant, elle pourra, logiquement, exister après. Puis, élever un animal dans le seul but de le torturer à mort est assez absurde. Autre argument de force des partisans de la corrida ou de la chasse : on ne force personne à y aller, à participer. Merci de ne pas forcer le taureau. Merci de ne pas forcer les personnes qui se promènent en forêt le dimanche à prendre une balle perdue. J’ai entendu aussi comme argument : « les toréadors sont des personnes particulièrement cultivées ». Si la culture pouvait être un rempart à la cruauté, cela se saurait !

Après ce paragraphe, je me plonge donc dans le vif du roman, et note au passage que ce sont les jeunes générations qui s’activent sérieusement pour l’écologie et l’antispécisme – j’espère qu’en prenant de l’âge, ils continueront à s’investir autant, et ne baisseront pas les bras face à des discours à visée moralisatrice et normative. Les réseaux sociaux, de ce point de vue, permettent d’asseoir ses convictions, de les partager, de s’informer. Ainsi Mallory, par le slam, par les vidéos qu’elle tourne, partage ses convictions, son combat. Sur le terrain, elle partage aussi les videos qu’elle trouve, celles que l’on voit de plus en plus grâce à des associations qui prennent des risques pour montrer une réalité que l’on n’a pas envie de voir, et elle entraîne avec elle ses camarades du lycée qu’elle a gagné à sa cause. Oui, là aussi, ses procédés peuvent sembler violents et moi-même je déteste me faire aborder dans la rue avec parfois énormément de maladresse (exemple disponible sur simple demande) mais nous sommes dans un roman, et ils participent à la construction des personnages, de leur révolte. Et Mallory est capable d’aller beaucoup plus loin que cela pour la cause qu’elle défend et d’assumer ce qu’elle a fait.

Il n’est pas que Mallory dans l’intrigue, il est d’autres personnages, et si j’ai commencé par elle, c’est parce que c’est elle qui ouvre le récit et entraîne les autres à réagir. Oui, le thème ne peut s’épanouir que parce que le cadre classique du roman d’adolescent est respecté. Chris, comme Mallory, est en terminal, l’année du bac, année charnière comme se plaisent à le répéter les adultes. Il est un geek, qui écrit des récits de fantasy, des jeux de rôles, il est très investi dans son écriture, sans négliger ses études pour autant. Il a un petit frère, Jules, avec lequel il ne s’entend pas très bien. Ses parents s’entendent plutôt bien, sont soudés, à l’écoute de leurs enfants, comme le montrera l’épreuve qu’ils devront surmonter au cours de l’année scolaire. Ils sont aussi ouvert à la discussion, ce qui n’est pas forcément toujours le cas. Il en est de même des parents de Nadia, la meilleure amie de Chris, qui conjuguent leur foi et le fait de vivre avec leur siècle. Nadia et Chris sont inséparables, toujours là l’un pour l’autre, et ils sont très sympathiques. D’autres amis font partie de leur cercle, montrant toute la diversité de la jeunesse d’aujourd’hui, jusque dans son dénouement.

Veggan tendance veggie – un livre engagé.

L’étrange village de l’Arbre-Poulpe : Drôles de drones par Séverine Vidal et Anne-Gaëlle Balpe

Présentation de l’éditeur :

Quatre amis, Pablo, le garçon qui vole, Arizona l’intrépide, Bat-Man et son inséparable chauve-souris et Naïma l’invisible, vivent dans le village de l’Arbre-Poulpe, un arbre magique qui a donné des pouvoirs à chacune de leur famille. Ils adorent se retrouver pour rigoler et pour déjouer les manigances des affreux Rageux, une bande d’abrutis qui essayent de voler des branches de l’Arbre-Poulpe.

Mon avis :

Je commencerai par une bonne nouvelle : une nouvelle aventure mettant en scène les quatre personnages mis en scène dans Drôle de drônes est prévu. Tant mieux : j’ai vraiment beaucoup apprécié celle-ci et je serai ravie de les retrouver de nouveau.

L’arbre poulpe est un monde à lui tout seul – déjà, quelle bonne idée de mélanger le végétal et l’animal, des tentacules-racines qui ne sont pas source d’angoisse, mais au contraire de créativité, de renouveau. Certes, il faut prendre soin des racines, j’ai envie de dire « c’est bien la moindre des choses », et la racine peut dépérir naturellement, entraînant le départ de la famille qu’elle a engendrée, mais la bonne entente règne dans ce monde, et chacun se montre curieux des pouvoirs des autres. Ceux-ci ne sont jamais employés pour faire du mal, ils sont au contraire source de créativité – Pablo peut voler et Naïma n’est visible que dix minutes par jour. Cependant, elle et les siens ne cherchent pas à piéger les autres, ils portent chacun un parfum pour être facilement identifié (vive la noix de coco).

Seul souci dans cette vie paisible mais inventive : les Rageux. Ceux-ci veulent voler des branches de l’arbre-poulpe. Tous les moyens sont bons pour parvenir à leur fin, leur défaut principal étant de n’être pas très doué pour ce faire, leur qualité principale étant de toujours s’améliorer, et les habitants de l’arbre-poulpe de toujours trouver de nouveaux moyens, au gré de leur capacité, pour les contrer. Mention spéciale pour une charmante mygale qui protège l’arbre contre les drones. Oui, les drones, en un mélange d’univers merveilleux et de modernité.J’ajoute que les illustrations sont très réussies, montrant les quatre amis en action,  sans oublier l’invisibilité (ou pas) de Naïma. C’est une histoire tendre et drôle que nous avons là, donnant ici et là des préceptes qu’il est bon, à mes yeux d’appliquer : « On nous apprend à nous supporter, à accepter les autres, malgré leurs particularités, parfois envahissantes ». Et si l’originalité du livre était essentiellement là, être soi, entièrement soi, avec une personnalité riche, et accepter totalement l’autre dans toute sa diversité. Un vrai pari pour notre présent, et pour l’avenir.