Le dernier violon de Menuhin de Xavier-Marie Bonnot



Présentation de l’éditeur :

Rodolphe Meyer a été un célèbre violoniste. Le public l’adulait, les critiques l’encensaient. Il a été, il n’est plus. L’alcool a vaincu l’artiste. Reclus, il vit en compagnie du prestigieux Lord Wilton, qui fut jadis le violon de Yehudi Menuhin, modèle absolu de Rodolphe.
Un héritage va précipiter le destin de Meyer. Émilie, sa grand-mère, lui lègue une ferme isolée, dans l’Aveyron.

Mon avis :

C’est un curieux objet littéraire que nous avons dans les mains. Il est question de Yehudi Menuhin, oui, mais pas seulement. Il est présent, en filigrane, dans l’oeuvre, sans jamais être un prétexte pour évoquer le sujet principal du livre.
Et quel est-il, d’ailleurs ? La musique, l’amour de la musique ? La difficulté à jouer, jour après jour, à rester au sommet, à interpréter des oeuvres que des génies ont sublimé avant vous ? Rodolphe est un violoniste qui a lâché prise. Dernier membre vivant de sa famille, il revient dans l’Aveyron pour enterrer sa grand-mère Emilie, qui lui a légué une vaste bâtisse, et quelques secrets aussi. Il se rend compte qu’il l’a négligé, qu’il ne sais presque rien, finalement, de la manière dont sa propre mère, disparue elle aussi, a grandi dans cet endroit. A la recherche des souvenirs, de son passé ? Ou aussi, et de cet amour maternelle qu’il devait partager avec son frère aîné, mort de ses addictions, de cette part d’ombre, de sauvagerie, qui l’a dévoré.
Les relations mère/fils sont au coeur de ce roman, ainsi que les relations père/fils. Le père apparaît tout puissant, ambitieux, accomplissant ses rêves à travers son fils. Sa mère, ayant abandonné ses études contre l’avis de ses parents, est une simple femme au foyer qui ne s’oppose pas à son mari. Et Rodolphe de découvrir que sa mère était plus proche de sa propre mère (Emilie donc) qu’il ne le pensait, et que cette dernière pensait très souvent à son unique petit fils survivant, bien que celui-ci ait bien d’autres choses à faire que de venir au fin fond de l’Aveyron.
Puis vient l’irruption du fantastique – réussi, je dois le dire, s’appuie sur la légende de Victor, l’enfant sauvage. Victor, ce prénom se répercute dans le roman, passant d’un enfant mort-né en 1797 au frère d’Emilie, porté disparu pendant la première guerre mondiale, sans oublier cet enfant sauvage dessiné par Jean-Etienne, frère aîné de Rodolphe. Victor, encore, qui vient hanter Rodolphe dans l’Aveyron et s’avère presque son double, sa part de sauvagerie. Ce basculement dans une autre dimension, oscillant entre réel et étrange, assure une montée en puissance dans l’écriture du roman, après la dimension plus intimiste du début du roman.
Le dernier violon de Yehudi Menuhin

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