Archive | 20 septembre 2017

Une blonde à Manhattan d’Adrien Gombeaud

Présentation de l’éditeur :

New York, 1955. Marilyn Monroe quitte Hollywood pour échapper à l’emprise des studios et à son image de blonde écervelée. Elle se réinvente en fréquentant l’élite intellectuelle et les cours de l’Actors Studio. Pour témoigner de cette nouvelle Marilyn, un magazine populaire engage le photographe Ed Feingersh. Ensemble, Ed et Marilyn inventent un style de reportage qui emporte le lecteur dans l’intimité de la star. Créatif et téméraire, il la suit pas à pas dans les rues, le métro ou les bars de Manhattan. De son objectif jaillissent les images sensibles d’une femme sans fard, une passante presque ordinaire, heureuse, mélancolique, impériale et solitaire. Cinquante ans plus tard, ces clichés cachent encore une énigme : alors que l’actrice entrait dans la légende, le photographe disparaissait sans laisser de trace. Le temps d’une semaine, il avait su voir Marilyn comme personne avant lui.

Mon avis : 

Ce livre est à réserver aux fans de Marilyn Monroe, à ceux qui veulent en savoir plus sur elle, sur son cheminement artistique, et sur le photographe, Ed Feingersh qui fit le reportage sur son arrivée à Manhattan, alors qu’elle était décidée à donner un nouveau cap à sa vie. Ces photos ont été retrouvées par hasard, et celui qui les a retrouvées a tout de suite vu leur valeur – monétaire plus qu’artistique à ses yeux, certainement. Des photos inédites de Marilyn ! Des photos publiées en 1955 et que personne n’avait revu depuis – l’une d’entre elles illustre l’édition française de Blonde de Joyce Carol Oates.
Ne cherchez pas dans ce livre des révélations sordides. Adrien Gombaud n’occulte pas les moments difficiles des années 1955-1962 (l’internement de Marilyn, ses fausses couches), il s’interroge sur ce que suscite encore Marilyn aujourd’hui, l’hyper sexualisation de son image au point que les écrits qu’elle a inspirés sont bien plus osés que ses films ou ses photos. Plus qu’aux photos d’Ed Feingersh qui illustre ce livre, je pense aux dernières photos de Marilyn, sur lesquelles sa cicatrice post-opératoire est bien visible.
Il s’interroge aussi sur la notion de « Marilyn, la vraie » ou les explications comme quoi il y aurait eu Marilyn d’un côté, Norma Jeane de l’autre. Il démontre à quel point ceci est un peu trop simple : qui savait, finalement, à par elle-même, qui était vraiment Marilyn.
Curieuse rencontre, cinq jours à peine dans leur vie, que celle de ces deux êtres, Marilyn et Edwin, tous deux morts d’une surdose de barbituriques. Si l’une cherchait la lumière, l’autre tendait vers l’effacement, l’oubli – ne rien laisser derrière lui. Une blonde à Manhattan, un livre pour découvrir les années pendant lesquelles Marilyn Monroe a voulu s’affirmer en tant qu’actrice et productrice, loin de l’image que les studios renvoyaient d’elle.

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