Archive | 22 septembre 2017

Le dernier violon de Menuhin de Xavier-Marie Bonnot



Présentation de l’éditeur :

Rodolphe Meyer a été un célèbre violoniste. Le public l’adulait, les critiques l’encensaient. Il a été, il n’est plus. L’alcool a vaincu l’artiste. Reclus, il vit en compagnie du prestigieux Lord Wilton, qui fut jadis le violon de Yehudi Menuhin, modèle absolu de Rodolphe.
Un héritage va précipiter le destin de Meyer. Émilie, sa grand-mère, lui lègue une ferme isolée, dans l’Aveyron.

Mon avis :

C’est un curieux objet littéraire que nous avons dans les mains. Il est question de Yehudi Menuhin, oui, mais pas seulement. Il est présent, en filigrane, dans l’oeuvre, sans jamais être un prétexte pour évoquer le sujet principal du livre.
Et quel est-il, d’ailleurs ? La musique, l’amour de la musique ? La difficulté à jouer, jour après jour, à rester au sommet, à interpréter des oeuvres que des génies ont sublimé avant vous ? Rodolphe est un violoniste qui a lâché prise. Dernier membre vivant de sa famille, il revient dans l’Aveyron pour enterrer sa grand-mère Emilie, qui lui a légué une vaste bâtisse, et quelques secrets aussi. Il se rend compte qu’il l’a négligé, qu’il ne sais presque rien, finalement, de la manière dont sa propre mère, disparue elle aussi, a grandi dans cet endroit. A la recherche des souvenirs, de son passé ? Ou aussi, et de cet amour maternelle qu’il devait partager avec son frère aîné, mort de ses addictions, de cette part d’ombre, de sauvagerie, qui l’a dévoré.
Les relations mère/fils sont au coeur de ce roman, ainsi que les relations père/fils. Le père apparaît tout puissant, ambitieux, accomplissant ses rêves à travers son fils. Sa mère, ayant abandonné ses études contre l’avis de ses parents, est une simple femme au foyer qui ne s’oppose pas à son mari. Et Rodolphe de découvrir que sa mère était plus proche de sa propre mère (Emilie donc) qu’il ne le pensait, et que cette dernière pensait très souvent à son unique petit fils survivant, bien que celui-ci ait bien d’autres choses à faire que de venir au fin fond de l’Aveyron.
Puis vient l’irruption du fantastique – réussi, je dois le dire, s’appuie sur la légende de Victor, l’enfant sauvage. Victor, ce prénom se répercute dans le roman, passant d’un enfant mort-né en 1797 au frère d’Emilie, porté disparu pendant la première guerre mondiale, sans oublier cet enfant sauvage dessiné par Jean-Etienne, frère aîné de Rodolphe. Victor, encore, qui vient hanter Rodolphe dans l’Aveyron et s’avère presque son double, sa part de sauvagerie. Ce basculement dans une autre dimension, oscillant entre réel et étrange, assure une montée en puissance dans l’écriture du roman, après la dimension plus intimiste du début du roman.
Le dernier violon de Yehudi Menuhin

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Dernier appel pour les vivants de Peter Farris

Présentation de l’éditeur :

Pour Charlie, ce ne devait être rien d’autre qu’une banale journée de travail à la banque. Pour Hicklin, ce ne devait être qu’un casse de plus. Histoire de se refaire un peu à sa sortie de prison. Pour sa petite amie accro au crack, peu importe, puisque de toute façon rien ne se passe jamais comme prévu. Surtout si, dès le départ, on tente de doubler ses partenaires de la Fraternité aryenne. Et puis pourquoi prendre le jeune guichetier en otage ? Maintenant, combien de temps faudra-t-il aux flics et aux membres du gang pour les retrouver ?

Mon avis :

Avant de chroniquer Le diable en personne, il me semblait logique/judicieux de chroniquer Dernier appel pour les vivants, le premier roman de Peter Farris. Un roman fort, violent, cruel, qui nous montre une des facettes de cette Amérique que l’on ne montre jamais, celle de la classe très moyenne, à la limite des laissez-pour-compte.
Charlie, le guichetier, passionné par les fusées, est un garçon très ordinaire qui ne s’en sort pas trop mal, sa mère travaille également, et même s’il y a du Tanguy en lui, il n’est pas vraiment à plaindre. Du moins, jusqu’à ce samedi matin où il a pris son travail, comme d’habitude, où la banque est braquée et où il est pris en otage – et non tué, comme sa collègue.
Il se retrouve alors plongé dans l’univers d’Hicklin, un dur, un vrai. Il sort de prison, il a une petite amie accro au crac, il est de mèche avec des membres de la fraternité aryenne qu’il tente de doubler. Ce n’était pas vraiment une bonne idée, le déchaînement de violence qui suit le prouve.
J’ai lu ce roman à un rythme assez lent, faisant des pauses assez longues entre chaque session. Est-ce pour cette raison que j’ai vraiment été sensibles à l’évolution de Charlie et, ans une moindre mesure, à celle d’Hicklin – ou le dernier baroud d’honneur d’un truand. Il faut dire aussi que Charlie se voit projeter dans le passé, et découvrir que tout n’est pas si lisse dans le passé de sa mère.
Un livre à lire pour les amateurs de romans noirs.