Le môme en conserve ce Christine Nöstlinger

couv62283034Présentation de l’éditeur :

Mme Bartolotti a-t-elle commandé cet enfant sur mesure qu’une usine lui envoie dans une boîte de conserve ? Elle ne se rappelle plus…

bannière vle2Mon avis :

Emprunté aujourd’hui, jour de réouverture de la bibliothèque, lu dans la foulée, et chroniqué sur le champ, ce livre de littérature jeunesse est une vraie réussite et il devrait aussi être lu par les adultes.

Mme Berthe Bartolotti a un petit travers : elle ne peut résister au fait de passer une commande de demander des échantillons gratuits. Bien avant l’heure, elle est une acheteuse compulsive. Attention, elle veille à ne pas dépasser plus qu’elle ne possède. Cependant, il faut bien avoir que, parfois, ce qu’elle reçoit, est totalement absurde.

Tenez, là, par exemple, elle a reçu une gigantesque boite de conserve. Que peut-elle contenir ? Sa commande de laine ? Trop lourd. De la viande ? Cela ferait beaucoup. Aussi, quand elle l’ouvre trouve-t-elle à l’intérieur… un petit garçon de sept ans, qu’elle a « réhydraté ». Certes, elle commande des choses parfois farfelues, mais elle est certaine de ne pas avoir commandé d’enfants ! Son ex-mari, peut-être ? Un cadeau, une surprise ? Comme c’est gentil de sa part !

Et c’est là que les choses se corsent : Berthe Bortolotti ne sait absolument pas comment élever un enfant. Heureusement pour elle, le petit garçon, qui a été parfaitement conditionné, sait à peu près ce qu’il faut faire. Il a ingéré une liste d’interdit à faire pâlir d’envie tous les spécialistes en sciences de l’éducation, et les respecte. Et Berthe n’est pas tout à fait d’accord avec l’ensemble de ses interdits. Pourquoi un petit garçon de sept ans ne pourrait pas jouer à la poupée ? Et pourquoi la petite voisine n’a-t-elle pas droit d’accepter ce cadeau, parce que sa mère dit que cela ne se fait pas ? Sophie, car telle est son prénom, est particulièrement vive pour son âge, et se joue des conventions que lui impose sa mère : de règles de bienséance à carcan inutile et indifférence envers les autres, il n’y a qu’un pas : l’auteur nous invite à réfléchir à cette question.

Mme Bartoletti, aidée par Mr Alexandre, son ami pharmacien, s’interroge aussi non seulement sur l’éducation et sur les enfants que l’on éduque. Frédéric, enfant et élève parfait aux yeux des adultes, est détesté, persécuté même, par ses camarades. Il ne réagit à aucune insulte, aucun coup, et, fait novateur, c’est Sophie (vous savez, ce fameux personnage féminin toujours sauvé par les garçons) qui prend sa défense, y compris pendant son propre goûter d’anniversaire. Comment s’adapter au monde quand on a été formaté, comme le fut Frédérick, et comme l’inventeur du procédé souhaite que tous les enfants le soient désormais ? C’est tout le défi que Berthe, Alexandre, et Sophie aussi, relève dans ce roman réjouissant. Et s’il est une leçon à retenir de ce livre, c’est celle-ci : Si tu t’occupes de ce que pensent les gens et si tu ne fais que ce qu’ils font, alors tu finiras par leur ressembler et tu ne pourras plus te supporter!

10039643210694885_10204618827169323_918588559_n

Publicités

16 réflexions sur “Le môme en conserve ce Christine Nöstlinger

  1. Je l’ai lu il y a très longtemps et je ne me souviens plus du tout de l’histoire.
    Par contre, je me souviens l’avoir délaissé en me disant qu’il n’était pas fait pour des enfants car le vocabulaire (gros mots) aurait pu être mieux choisi!

    • J’ai lu des livres de littérature jeunesse plébiscités par tous (libraires, presse…) qui m’ont choqué non à cause du vocabulaire, mais à cause des situations. Il est plus facile d’expliquer l’usage des gros mots, qui ne m’ont pas tant choqué que cela, que des livres où la violence est omniprésente et érigée en norme.

      • c’est lumineux ! avant, jamais, comme du kaki, mais une amie (qui a toujours de bons conseils) m’avait dit que ces couleurs m’allaient bien, depuis… même ma banque est orange !!

      • J’ai travaillé quatre ans dans un collège déprimant, où toutes mes collègues ne juraient que par le beige et le gris – et j’avais droit à des remarques acerbes en salle des professeurs à cause de la couleur de mes tenues. Dix ans que j’ai changé de collège, et je ne regrette absolument pas ! Porter du rose, de l’orange, du bleu ne fait pas de moi une mauvaise prof.

      • En fait, tu ne le savais pas, mais tu bossais dans un collège qui forme les futurs entrepreneurs des pompes funèbres et toi, tu ne pompefunébrait pas assez (merci à Dard Frédéric pour le néologisme).

        Ouf, un collège qui aime les couleurs ! Sont pas racistes avec le rose et l’orange, eux !

  2. Pingback: Challenge Jeunesse et young adult #5 | deslivresetsharon

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s