Archive | 18 août 2015

Le môme en conserve ce Christine Nöstlinger

couv62283034Présentation de l’éditeur :

Mme Bartolotti a-t-elle commandé cet enfant sur mesure qu’une usine lui envoie dans une boîte de conserve ? Elle ne se rappelle plus…

bannière vle2Mon avis :

Emprunté aujourd’hui, jour de réouverture de la bibliothèque, lu dans la foulée, et chroniqué sur le champ, ce livre de littérature jeunesse est une vraie réussite et il devrait aussi être lu par les adultes.

Mme Berthe Bartolotti a un petit travers : elle ne peut résister au fait de passer une commande de demander des échantillons gratuits. Bien avant l’heure, elle est une acheteuse compulsive. Attention, elle veille à ne pas dépasser plus qu’elle ne possède. Cependant, il faut bien avoir que, parfois, ce qu’elle reçoit, est totalement absurde.

Tenez, là, par exemple, elle a reçu une gigantesque boite de conserve. Que peut-elle contenir ? Sa commande de laine ? Trop lourd. De la viande ? Cela ferait beaucoup. Aussi, quand elle l’ouvre trouve-t-elle à l’intérieur… un petit garçon de sept ans, qu’elle a « réhydraté ». Certes, elle commande des choses parfois farfelues, mais elle est certaine de ne pas avoir commandé d’enfants ! Son ex-mari, peut-être ? Un cadeau, une surprise ? Comme c’est gentil de sa part !

Et c’est là que les choses se corsent : Berthe Bortolotti ne sait absolument pas comment élever un enfant. Heureusement pour elle, le petit garçon, qui a été parfaitement conditionné, sait à peu près ce qu’il faut faire. Il a ingéré une liste d’interdit à faire pâlir d’envie tous les spécialistes en sciences de l’éducation, et les respecte. Et Berthe n’est pas tout à fait d’accord avec l’ensemble de ses interdits. Pourquoi un petit garçon de sept ans ne pourrait pas jouer à la poupée ? Et pourquoi la petite voisine n’a-t-elle pas droit d’accepter ce cadeau, parce que sa mère dit que cela ne se fait pas ? Sophie, car telle est son prénom, est particulièrement vive pour son âge, et se joue des conventions que lui impose sa mère : de règles de bienséance à carcan inutile et indifférence envers les autres, il n’y a qu’un pas : l’auteur nous invite à réfléchir à cette question.

Mme Bartoletti, aidée par Mr Alexandre, son ami pharmacien, s’interroge aussi non seulement sur l’éducation et sur les enfants que l’on éduque. Frédéric, enfant et élève parfait aux yeux des adultes, est détesté, persécuté même, par ses camarades. Il ne réagit à aucune insulte, aucun coup, et, fait novateur, c’est Sophie (vous savez, ce fameux personnage féminin toujours sauvé par les garçons) qui prend sa défense, y compris pendant son propre goûter d’anniversaire. Comment s’adapter au monde quand on a été formaté, comme le fut Frédérick, et comme l’inventeur du procédé souhaite que tous les enfants le soient désormais ? C’est tout le défi que Berthe, Alexandre, et Sophie aussi, relève dans ce roman réjouissant. Et s’il est une leçon à retenir de ce livre, c’est celle-ci : Si tu t’occupes de ce que pensent les gens et si tu ne fais que ce qu’ils font, alors tu finiras par leur ressembler et tu ne pourras plus te supporter!

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