Archive | 28 août 2015

La petite capuche rouge d’Oriane Charpentier.

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Présentation de l’éditeur :

Sûre de son pouvoir de séduction, Methilde se montre hautaine et semble avoir banni le mot «amitié» de son lexique. Pourtant, un jour où elle porte un nouveau pull à capuche rouge, elle se surprend à proposer à deux filles de son collège de réviser ensemble.

Mon avis :

Récrire les contes de fée est intéressant, surtout si le but est de revisiter les fonctions des personnages dans les contes, et de nous interroger sur leur signification.

Qui est le chaperon ? Qui est le loup ? Il ne suffit pas de porter une petite capuche rouge, ni une galette à porter à une vieille dame dans la forêt pour être un chaperon. Méthilde est, vue de l’extérieur, une peste, vous savez, ces personnages que l’on trouve très fréquemment dans les romans de littérature jeunesse et qui n’ont pour fonction que de s’opposer à la pure et douce héroïne, sans que jamais personne ne se pose des questions sur ses motivations, sans que jamais personne ne la présente autrement que comme une opposante.

Ici, le sujet du roman est de montrer comme Méthilde en est venue à devenir cette fille qui s’est forgée une carapace, qui attaque plutôt que de prendre le risque d’être blessée elle-même, comment elle grandit face à des parents qui sont bien trop occupés par leurs propres problèmes pour se rendre compte qu’ils ont une fille qui a peut-être besoin d’eux. Méthilde a grandi trop vite, elle a dû comprendre très tôt ce que certains comprendront qu’à l’âge adulte. Elle a pris des risques aussi, plutôt contre elle-même que pour véritablement aider les autres. Et il lui faut un loup bien sympathique, une mère-grand hors-norme pour enfin remettre en cause ce qu’elle prenait pour établi.

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Le vase de sable de Seicho Matsumoto

Le-Vase-de-sable-de-MATSUMOTO-SeichoPrésentation de l’éditeur :

Faites connaissance avec l’inspecteur Imanishi. Voyageur infatigable, il enquête de train en train, aux quatre coins du Japon, dans les eaux troubles de la musique et du théâtre d’avant-garde. Il recherche un meurtrier avec un drôle d’accent, découvre les subtilités de la musique concrète et reconstitue patiemment les états civils.

Mon avis :

Nous sommes dans le Japon d’après-guerre. Un Japon qui se veut plus moderne, ouvert, notamment à l’art contemporain, théâtre et musique (inaudible et insupportable pour cette dernière, mais ce n’est que mon point de vue, et sans doute celui de quelques personnages du roman). D’ailleurs, ces jeunes artistes sont très bien introduits auprès du pouvoir en place. L’un d’entre eux ne va-t-il pas épouser la fille d’un ministre ? Qui a dit qu’art et pouvoir ne faisaient pas bon ménage ? Ces artistes, après tout, contribuent au rayonnement du Japon !

Cependant, un premier mort survient, puis un second. En fait, dès que l’inspecteur Imanishi souhaite interroger quelqu’un, ou approfondir certains points avec les témoins, le sus-dit témoin meurt de mort presque naturelle. Pratique, non ?

C’est peu dire qu’il faut que l’inspecteur s’acharne pour découvrir l’entière vérité. Il doit pour cela à la fois se plonger dans le passé du Japon, mais aussi dans son présent, pour ne pas dire son avenir. Dans ce récit, des survivances quasi-médiévales côtoient la pointe de la technologie, et les usages que des gens mal intentionnés pouvaient en faire.

Certains pourront dire que le rythme est lent, ou qu’il est difficile de se repérer avec ses noms japonais. Et pourquoi ne pas prendre son temps ? Une enquête ne peut pas toujours se résoudre dans les quarante-cinq minutes d’une série télévisée !

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