Northanger abbey de Val McDermid

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Présentation de l’éditeur :

Catherine Morland est une jeune femme un peu naïve qui ne connaît pas grand-chose du monde. Elle vit dans un pittoresque village où il ne se passe rien et, pour égayer sa vie, se perd dans les livres. Surtout des histoires gothiques qui lui procurent de délicieux frissons. Quelle joie lorsque des amis l’invitent à Edimbourg. Elle y rencontre Henry Tilney, le jeune homme propriétaire d?un domaine au nom prometteur : Northanger Abbey.

Circonstance d’écriture :

Premier livre lu après le 7 janvier. J’aurai aimé que ce soit une bonne lecture, un bon souvenir. Pas vraiment.

Mon avis :

Le mot qui me vient à l’esprit est « étriqué ».
Que Val McDermid veuille écrire une version « 2014 » du roman de Jane Austen, pourquoi pas ? Que le résultat soit aussi niais me laisse pantoise. Peut-être ce roman est-il destiné aux adolescent(e)s, ce qui expliquerait autant de faiblesses dans le récit.
Prenons l’héroïne, Cat : elle est d’une telle naïveté ! Certains justifieront peut-être ce fait parce qu’elle n’a jamais été scolarisée, et a étudié chez elle, avec sa mère comme pédagogue, parce qu’elle a quasiment été coupée du monde, si ce n’est qu’elle a un compte Facebook et twitter, qu’elle lit des romans young adults et va au cinéma régulièrement. En bref, Cat n’est pas « une enfant sauvage » qui découvre le monde.  Pourtant, elle manque cruellement – sauf peut-être dans le dernier chapitre – de sens critique, de répondant. En l’absence de ses parents, en l’absence aussi de chaperon digne de ce nom – il est d’ailleurs étonnant que ses parents lui aient laissé autant de liberté, elle qui n’est quasiment pas sortie de son village – elle prend pour argent comptant tout ce qu’on lui dit, même si on lui a déjà caché la vérité (périphrase pour « mentir » dans le monde de Cat). Il semble d’ailleurs que tous soient un peu bâti sur le même moule, puisque presque tous les personnages prennent pour argent comptant tout ce qu’on peut bien leur dire, quel que soit leur âge. Il y a bien, de temps en temps, une pincée d’ironie, une prise de distance, mais elles sont extrêmement rares : le premier degré a aussi envahi la narration.
De quel siècle sont ces personnages d’ailleurs, si étriqués, si étroits d’esprit ? Il peut être charmant de voir des couples se fiancer officiellement avant d’être présentés à leurs familles respectives, c’est cependant très éloignée de notre réalité, tout comme le fait de danser (ou pas) avec un autre que son fiancé (si tant est que l’on danse encore en couple ou que l’on s’invite à danser). Bienvenue dans les années 60, pardon, dans les années 2010.
Par contre, j’ai eu du mal de bout en bout avec la conception du mariage telle qu’elle est exposée dans ce roman. Avant de s’unir, les jeunes gens, les jeunes femmes pensent à l’argent, à l’endroit où ils vivront (dans un endroit à la mode, hein, pas un trou paumé ! Londres ou rien), au fait que leur famille devra se passer de leur soutien financier, à la chance de trouver une belle-famille qui accepte une belle-fille sans le sou… De telles mariages, basés sur de tels questionnements, existent encore ? Et l’union libre, y avez-vous pensé ? Non, il semble que chacun soit content de sa petite vie, de son petit métier, dans son petit appartement.
J’oubliai l’imagination délirante de Cat ! Enfin, délirante…. Elle n’y met pas autant de conviction que son modèle historique. Il faut attendre le chapitre 20 pour qu’elle se rende enfin à Northanger abbey, et qu’elle se essaie de savoir si oui ou non Henry est un vampire. Entre temps, elle aura découvert Edimbourgh, assisté à des spectacles, rencontré des amis, et se sera amusé, entre deux thés et deux gâteaux.
Le seul avantage de cette réécriture, est de donner envie de relire la version originale de Jane Austen.

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17 réflexions sur “Northanger abbey de Val McDermid

  1. Je n’ai pas encore lu ce roman de Jane Austen mais ta chronique ne me donne guère envie de lire cette adaptation par contre, j’ai envie de lire l’original 😉
    Bon début de semaine !

  2. Je me disais bien aussi, vu le titre…j’ai cru que tu délirais sur le nom de l’auteur.
    Je crois que Jane Austen génère un vrai business littéraire, ce genre de livres sont légions et souvent on est déçu. Pourtant, l’idée de départ peut être séduisante.

    • Non, pas du tout, c’est bien ValMcDermid, pour cette version « ado ».
      Connaissant l’auteur, et appréciant ses livres, je pensais qu’elle en aurait fait un ouvrage vraiment intéressant, ce ne fut pas le cas.

    • Et tu auras bien raison !
      Si j’avais trouvé amusant les tribulations d’une fan de Jane Austen, qui, comme son nom l’indique, montre une fan projeté à l’époque de Jane (et non dans un de ses romans), je trouve que cette adaptation est surtout destinée à des ados.

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